D’où sort la vérité ?

D’où sort la vérité ?

costaud tatouéMa mère adorait raconter cette anecdote du temps où j’étais enfant. Je serais allé un jour dire à ma grand-mère : “Maman – sa belle-fille NDLR – ne vient pas te dire bonsoir parce que tu l’emmerdes !” Ma grand-mère était montée sur ses grands chevaux, proclamant que “la vérité sort de la bouche des enfants”. En quoi elle avait probablement raison : ma grand-mère était une emmerdeuse et je n’avais fait que répéter ce que tout le monde disait d’elle.

Tout ça pour dire que je suis convaincu que le gamin de 8 ans qu’un directeur d’école accuse d’avoir eu des propos favorables aux terroristes les a effectivement prononcés. Il les a entendu proférer chez lui, sans doute par son père, et les a répétés en classe. Evidemment, convoquer un gamin de cet âge au commissariat avec son père, ça ne fait pas très convivial. Les flics auraient sûrement mieux fait de convoquer le père seul, quitte à faire venir le gamin ensuite. A présent, l’avocat de la famille accuse le directeur de violences (il est à deux doigts de l’accuser d’avoir cogné la tête de l’enfant contre le tableau) et le père joue la vertu outragée. Son fils ignore le sens du mot terrorisme – je veux bien le croire, quatre syllabes c’est beaucoup pour un gamin de huit ans – et lui-même qualifie l’attentat d’acte barbare. Remarquez, je le vois mal approuver les propos de son fils.

En gros, je dirai qu’on a probablement donné à cette affaire des proportions inutiles, mais en l’occurrence, quand enseignants et parents d’élèves s’affrontent, j’ai tendance à faire confiance aux premiers. 

Nostalgie proustienne

Nostalgie proustienne

à peine éveilléCe matin, j’ai mangé une banane. Une belle banane de dimension respectable. Très vite, la comparaison s’est imposée. Avec cet esprit curieux et dénué de tabous qui me caractérise, je me suis demandé si, oralement, cette banane parviendrait à maintenir l’illusion et à me procurer des impressions, sinon oubliées, du moins relativement effacées. Elle y est parvenue et aussitôt une puissante nostalgie s’est emparée de moi. Depuis quand n’ai-je pas… Proust vous en aurait tartiné plus de 3000 pages, je me contente de moins de dix lignes. Bon, maintenant, je ne puis dire si vous y gagnez ou pas…

Salade grecque

Salade grecque

l'ami de julienJe ne suis pas certain que la victoire de Syriza en Grèce soit porteuse d’espoir, elle a en tout cas été portée par le désespoir. Je me demande s’il est encore possible aujourd’hui d’échapper au capitalisme. Un instant, on a pu espérer l’avoir obligé à renoncer à ses aspects physiques les plus inhumains, mais on a bien vu depuis vingt ou trente ans que sa mentalité ne vaut pas mieux, et il ne fait plus aucun effort pour la dissimuler. Il ne reste plus, aux habitants des démocraties, que des révoltes électorales qui n’iront pas bien loin, je le crains, à moins que ne se déclenche enfin une révolution mondiale.

En attendant, il reste de jolis jeunes gens à contempler, comme celui-ci, qui sait être beau et sexy avec modestie et retenue. C’est déjà pas mal.

Passe le temps…

Passe le temps…

à la doucheEvidemment, on s’y attendait, je ne suis même pas sûr qu’on ait espéré ou cru le contraire : la belle union du 11 janvier se délite plus ou moins doucement. L’unanimité n’est pas faite pour durer. Sans surprise, c’est encore le Nain qui a ouvert le feu. L’indécence de ce type ne connait pas de limites. Malheureusement pour lui, je crois que de plus en plus de gens s’en aperçoivent. Il est en train de devenir un sujet de rigolade. Son accession au premier rang des personnalités politiques risque de demeurer parmi les images les plus drôles de l’année 2015.

Je trouve plus insidieux et plus dangereux le discours de quelques religieux qui répètent combien ils sont horrifiés par les meurtres des journalistes de Charlie. On croirait davantage à leur chagrin s’ils pouvaient se retenir d’ajouter qu’au fond, sans les caricatures, il n’y aurait pas eu de meurtres et que c’est peut-être la leçon à retenir. A partir d’aujourd’hui, on devrait sans doute se contrôler question blasphème et devenir plus respectueux. L’autre jour, Nicolas Bedos a su les contrer immédiatement, les empêchant de développer leur discours. Difficile de compter sur De Caunes et ses acolytes pour faire le travail. 

Entre les musulmans radicaux et les musulmans modérés, il y a les musulmans cons, et ils sont nombreux. Ils défilent en ce moment un peu partout en criant au scandale devant la dernière couverture de Charlie, nouvelle caricature du Prophète selon eux. Bon, ces cons ont une excuse, ils n’ont probablement pas vu la couverture en question, ils en ont juste entendu parler par leurs imams pousse-au-crime, alors ils défilent  dans la rue, manifestent, protestent, et le meilleur moyen qu’ils ont trouvé pour dénoncer le sacrilège, c’est de mettre le feu à des églises. Au milieu des cons, il y a les super-gros cons et j’ai l’impression que l’islam n’est pas chiche de cette engeance.

Moi, je la trouve plutôt attendrissante, la couverture de Charlie. C’est une couverture de réconciliation. Il est mignon, ce Prophète (s’il s’agit bien de lui), avec sa petite larme à l’œil en guise d’excuse et son petit panneau “Je suis Charlie”. On aurait envie de le prendre dans ses bras et de l’emmener à la manif. Il faut vraiment être un gros con de concours pour y voir de la moquerie ou du blasphème. Mais bon, chez les religieux, quelle que soit l’enseigne de leur réseau de distribution, ce n’est pas une denrée rare, la connerie.

Ben mon cochon !

Ben mon cochon !

plaire au bon dieuIl paraît qu’en Angleterre, l’université d’Oxford conseille aux éditeurs de livres pour enfants d’éviter de publier des histoires dans lesquelles un ou plusieurs cochons jouent un rôle, comme “Les trois petits cochons”, par exemple. Pourquoi ? Pour ne pas froisser, par leur représentation, les communautés juive et musulmane. Je signale qu’il y a des Juifs en Angleterre depuis mille ans, mais apparemment les bien-penseurs viennent juste de remarquer à quel point de telles représentations pourraient les choquer. Alors si, en même temps, on peut épargner la communauté musulmane, c’est autant de gagné.

Je suggère que, dans la foulée, des expressions comme “Ben mon cochon !” ou “Cochon qui s’en dédie !” ou “Dans tout homme, il y a un porc qui sommeille” soient bannies de la conversation.

Encore un effort et on finira par vivre dans un univers supportable.

 

Silence, on discute !

Silence, on discute !

jumeaux photoshopésL’un des principaux enseignements à tirer des événements récents concerne à mon avis les jeunes lycéens. J’ai lu que plusieurs profs se sont heurtés à un refus d’une partie de leur classe de respecter une minute de silence en mémoire de l’équipe de Charlie-Hebdo, sous prétexte qu’ils avaient insulté le Prophète (vous remarquerez que je mets un P majuscule, je n’ai pas envie de trembler chaque fois que l’on sonne à ma porte). Je trouve cette histoire de “minute de silence” un peu ridicule pour des ados, même si, pour certains, ça ne leur ferait pas de mal de la fermer pendant une minute. La “minute de silence”, c’est un truc d’adultes, presque de vieux. Plus que d’un respect de convention, les jeunes ont besoin d’explications. Je pense que les profs doivent profiter d’un semblable événement pour dialoguer avec leurs élèves, essayer de comprendre leur hostilité, essayer de la contourner et de la désamorcer. Pour la plupart des jeunes, la laïcité n’a pas grand sens (elle n’en avait déjà pas pour moi quand j’avais leur âge), même ceux qui ne sont pas particulièrement religieux. Il faut leur faire comprendre et leur faire toucher du doigt ce qu’il y a d’essentiel dans la laïcité républicaine. Il ne faut pas oublier qu’aujourd’hui, l’influence des profs est moindre qu’à mon époque, le discours des parents, à la maison, a plus de prise qu’autrefois. J’ai entendu un proviseur (musulman et/ou arabe si j’en crois son nom) qui a expliqué patiemment à des élèves réticents pourquoi il était important de dialoguer sur ce point. L’Education nationale est placée là devant une mission cruciale, Najat ne devrait pas tarder à prendre la parole.

Prenez ces charmants jumeaux, je pense qu’en leur expliquant calmement, ils peuvent comprendre tout ce que vous désirez leur faire.

A qui la faute ?

A qui la faute ?

morceau royalJe suis conscient qu’il faut tourner sa langue sept fois dans sa bouche et tremper sa plume sept fois dans son encrier (qu’est-ce qu’on fait sept fois avant de se servir d’un clavier ?) quand on parle de l’islam, des Musulmans, du terrorisme, des islamistes, etc. Mais au bout du compte, on en arrive toujours au même trois ou quatre constatations incontournables.

Par exemple, on dit : il ne faut pas confondre les terroristes avec les Musulmans. Non, bien sûr. Même si, depuis quelques années, pratiquement tous les terroristes sont musulmans. Même si cela n’implique pas que tous les Musulmans sont terroristes, il y a un lien qu’on ne peut pas secouer d’une chiquenaude en parlant de coïncidence. Je pense qu’on peut au moins dire qu’en ce moment, c’est chez les Musulmans que se recrutent la quasi totalité des terroristes du monde entier. Même si ça ne représente qu’un sur mille, ou sur cent mille, c’est quand même conséquent.

On dit aussi : l’islam est une religion d’amour et de paix. Mais toutes les religions prétendent l’être. Elles sont aussi le contraire. Elles favorisent la haine et la violence. Le mépris de ceux-ci ou de celles-la. Surtout les religions qui ont vocation à convertir. L’islam, comme le catholicisme à sa belle époque, a toujours eu la vocation pour le moins brutale et coercitive.

On nous parle de musulmans et d’islamistes. Mais où se situe la frontière ? Nombre de Musulmans n’acceptent pas qu’on insulte leur Prophète. Tous ne sont peut-être pas partisans de décapiter les insulteurs, mais j’en ai entendu, que l’on disait modérés, qui avaient le jugement sévère et la punition cruelle. Je n’aurais pas aimé me retrouver en tête à tête avec eux après avoir insulté Mahomet. Je peux comprendre qu’il soit désagréable d’entendre quelqu’un se moquer de l’objet de sa foi, mais la France est une république laïque où le crime de blasphème n’existe pas. C’est pénible, mais ça fait partie des exigences de la démocratie. Si certains Musulmans ne le supportent pas , ce qui est leur droit, ils peuvent quitter la France pour aller trouver refuge dans un de ces très nombreux pays où l’islam est quasiment religion d’Etat et où ce sont les autres religions qui ne prennent plein la gueule. Ils pourront, une fois là-bas, mesurer toute la différence entre une démocratie et un état théocratique

En Arabie saoudite, un blogueur qui avait voulu mettre toutes les religions sur un pied d’égalité a été condamné à 1000 coups de fouet (par tranches de 50 chaque vendredi). L’Arabie saoudite est-elle un état islamique ou juste musulman ? Pour le mec dont le dos a à peine le temps de cicatriser d’un vendredi à l’autre, la différence doit apparaître insignifiante.

Je suis sans doute un peu simpliste, voire simplet, mais moi je crois que le problème de l’islam en France en ce moment provient de l’islam lui-même, qui est une religion trop souvent sévère, et des Musulmans eux-mêmes qui, sans pour autant être terroristes, sont d’une étroitesse d’esprit qui peut favoriser en leur sein quelques vocations radicales. Je ne crois pas qu’on puisse exempter les Musulmans d’une réflexion approfondie sur la façon de vivre leur foi dans un pays comme la France, sachant que si quelque chose doit changer dans ce pays, ce sont eux, et non le pays lui-même.

Je ne sais pas quelle est la solution, mais à force de répéter que les Musulmans ne sont pas responsables et que l’islam ne l’est pas non plus, je n’ai pas l’impression qu’on s’en approche.

Pour ceux que ce débat ennuie, je leur suggère de faire jouer leur imagination avec le jeune homme en photo, il y a de quoi faire.

Charlie mensuel, bimensuel, trimestriel, annuel…

Charlie mensuel, bimensuel, trimestriel, annuel…

statue au maillot bleuCombien de temps va durer Charlie ? Je ne parle pas du journal, mais du phénomène. Encore qu’à mon avis le premier ne durera pas beaucoup plus longtemps que le deuxième. Au moins un an à cause de tous ceux qui se sont abonnés. Puis le journal coulera doucement, à moins qu’il ait renouvelé entre-temps ses équipes et ses lecteurs. Car je doute que les nouvelles générations aient le goût de l’anticléricalisme chevillé au corps comme leurs parents. Autres temps, autres moeurs.

Après tout, combien de gens lisaient Charlie il y a une semaine ? Une dizaine de milliers, peut-être plus. J’ai cru entendre parler d’un tirage de soixante mille exemplaires. Déjà pas si mal quand on songe à l’état de la presse. Moi, je ne lisais pas Charlie. Je regardais juste sa couverture pour voir si elle allait me faire marrer. Ce qui était souvent le cas. Mais je ne l’achetais pas pour autant. Le plus souvent, je me marrais sans arrière-pensée, mais parfois, je grinçais des dents. Plus rarement, j’étais choqué. Mais c’est bien d’être choqué. Autant pour celui qui choque que pour celui qui est choqué. Il est de bon ton aujourd’hui de dire que Charlie n’était pas islamophobe. Pour moi il l’était. Judéophobe aussi. Christianophobe également. C’était son droit. Comme c’était le nôtre de ne pas être d’accord. Mais là s’arrête la discussion. Pas question de l’interdire. Déjà, le traîner devant les tribunaux… Mais bon, c’est aussi l’honneur des journalistes d’être poursuivis pour ce qu’ils écrivent. Poursuivis, pas condamnés. Sauf s’ils répandent des mensonges. Mais la pire couverture sur Mahomet ou Allah ne peut pas être un mensonge. Une horreur, un objet de dégoût ou de scandale, oui, mais pas un mensonge. Ceci dit, la virulence de ceux qui n’aimaient pas Charlie n’était pas toujours injustifiée, du moins à leurs yeux. Mais c’est le prix à payer pour vivre en démocratie : il faut accepter d’être choqué, voire écœuré par l’opinion des autres. Tant qu’elle n’incite pas à la haine, et surtout à la violence. Mais c’est le problème avec les religieux, quelle que soit la marque qu’ils défendent : ce sont des gens naturellement violents. Surtout les Chrétiens et les Musulmans, qui sont des religions prosélytes. Les Juifs, eux, sont surtout violents envers leurs propres frères, et aussi envers les Palestiniens en Israël. Mais les religions, d’une manière générale, sont des sources de violences. Je rigole quand j’entends dire par des Musulmans qu’ils ne reconnaissent pas leur islam dans celui des terroristes. Pourtant il provient de la même source. Je me suis tapé la lecture du Coran il y a quelques années. Comme je m’étais tapé celle de l’Ancien et du Nouveau Testament. La violence figure à toutes les pages. Partout, ce ne sont que châtiments, vengeances, rétributions.

Je ne sais pas si l’on peut dire que les gens de Charlie ont cherché ce qui leur est arrivé. En tout cas, ils savaient que ça pouvait leur arriver. Ils étaient conscients que les gens qu’ils brocardaient n’avaient ni l’humour ni le goût de la liberté au point de l’accepter sans broncher. Quand on s’en prend à un gros malabar, on risque plus volontiers une réponse en forme de poing dans la gueule que de répartie cinglante. C’est peut-être ça, au fond, qui nous choque le plus : que la réaction ait été aussi horriblement violente qu’on pouvait l’imaginer de temps à autre en y réfléchissant. On n’y croyait pas et pourtant c’est arrivé. Comme ces types désespérés qui viennent un carton dans l’entreprise qui les a licenciés, des débiles en quête d’une raison d’exister sont venus se payer ceux qui insultaient le Prophète. Il s’agit d’une guerre, là-dehors, et elle ne se livre pas à fleurets mouchetés. Les gens de Charlie avaient le courage de la mener. A force de répéter qu’un dessin est plus fort qu’une menace, qu’un crayon peut faire plus de dégâts qu’une arme, on avait oublié que c’était vrai. Sauf qu’au bout du compte, quand l’arme parle, le crayon finit par toujours par se taire. Momentanément, on espère.

Alors combien de temps serons-nous Charlie ? L’avenir nous le dira, comme dit l’autre. Mais je doute que ça dure autant qu’un abonnement.

Shalom al’av

Shalom al’av

yoav hattabUn homme qui meurt victime de la cruauté humaine, c’est déplorable.

Un jeune homme de 21 ans qui meurt victime de la barbarie, c’est navrant.

Un beau garçon de 21 ans qui meurt victime de la laideur et de la puanteur du monde, c’est un drame personnel.

Il avait 21 ans, se prénommait Yoav, il était juif et avait un sourire à croire à l’avenir. Sa mort me touche plus que n’importe quelle autre : je sais, j’ai tort, mais je ne me referai pas – et je n’en ai pas l’intention.

Qu’il repose en paix en terre d’Israël.

Tripadvisor donne du ressort

Tripadvisor donne du ressort

jose batista léonJ’ai découvert un excellent remède contre le cafard quand on n’a plus les moyens de partir en vacances : je vais sur Trip-advisor, je tape une destination de rêve, je choisis l’un des meilleurs hôtels sur place et je lis les commentaires de ceux qui en sont revenus très déçus. Au troisième commentaire, j’ai retrouvé le sourire. On n’imagine pas toutes les merdes qui peuvent arriver à des touristes dans des hôtels à 300 dollars minimum la nuit. Une aubaine !