October 11, 2008

Enfin un escalier !

Vous connaissez tous le vieil adage : le meilleur moment, c'est quand on monte l'escalier… Forcément, à ce moment-là, on ne voit que ce qui nous plaît et nous promet le plaisir, et les petits détails qui, dans un instant, nous feront froncer le sourcil sont encore invisibles.

Ce matin, le jeune mec avec lequel j'échange des saluts depuis quelques jours me demande si je ne fais pas ma muscu. Je lui dis que c'est déjà fait depuis un moment, qu'il faut se lever plus tôt s'il veut profiter du spectacle (non, mais quelle prétention !). Il s'approche du muret qui sépare nos deux immeubles et nous engageons la conversation. Il me suggère très vite que nous devrions prendre le café ensemble un de ces jours. Je lui réponds que rien ne pourrait me faire plus plaisir. Il me demande mon numéro d'appartement, puis mon prénom. Lui, il s'appelle Mickaël. Je trouve que ça lui va bien.

Depuis combien de temps n'avais-je pas eu, ici, ce qui ressemble un peu à un flirt ? Des années, me semble-t-il. Bon, je ne me leurre pas. Mickaël m'a dit qu'il habitait avec son ami sans préciser s'il l'écrivait avec un e au bout. Et puis, une fois qu'il sera chez moi, il sera devenu un mec comme les autres, et alors je verrai ce qui ne me plaît pas. Certes, mais en attendant, c'est bien agréable…

Si j'étais malin, je retarderais le plus possible le moment de l'inviter à prendre ce café !

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October 10, 2008

Le syndrome de La Môme

Bien entendu, je n'ai pas vu le fim de De Caunes sur Coluche, et sincèrement, je pense que je n'irai pas le voir. Coluche était un mec formidable, mais de là à me taper une heure et demie sur sa vie… Je ne suis pas certain que le contenu du film soit vraiment à la hauteur du personnage. Coluche était de ces mecs admirables dans l'instant, plus ordinaires dans le temps. De plus, tout ça est encore assez proche et je vois mal ce qu'on pourrait nous faire découvrir de vraiment passionnant à son sujet. Sauf si on nous apprend qu'il était alcoolique et qu'il battait sa femme, ou qu'il ne répugnait pas à traîner près des écoles, ou que, la nuit venue, il allait porter un secours anonyme aux éclopés de la vie. Pour le reste… Peut-être une réflexion sur ce qui s'est passé dans sa tête quand il a failli devenir candidat à la présidentielle… OK, mais qu'en sait-on vraiment ? J'ai lu que la famille, sa femme notamment, n'était pas très enthousiaste à l'idée du film. J'ai remarqué que les hagiographes et les adorateurs ont souvent tendance à tenir pour rien la famille de leurs idoles. Ils semblent même lui en vouloir d'avoir été, par le fait du hasard génétique, aussi proche de leur dieu. Au fond, qui aime ce pauvre Joseph, mari de Marie ? Il est quand même un peu le cocu du Nouveau Testament.

En fait, je crains que le seul intérêt, ou l'intérêt principal de ce film, ne réside dans la ressemblance frappante entre l'acteur choisi pour interpréter Coluche et l'original. Un peu comme Sylvie Testud dans le rôle de Sagan. Je n'ai pas entendu dire que le film avait fait un malheur. Alors que la Môme… Non seulement Cotillard était épatante, mais le film avait un vrai contenu, car la vie de Piaf était un vrai sujet. C'est sans doute ce qui manque à Sagan et à Coluche. Une fois qu'on a vu la première conduire pieds nus et boire du whisky, ou le second se promener avec une plume dans le cul, il ne reste plus grand chose à regarder. Leur vérité, leur sincèrité, leur intérêt étaient ailleurs, et ça, difficile de le montrer.

En tout cas, si un jour on décide de faire un film sur ma vie, j'accepte que le jeune homme ci dessous interprète mon rôle pendant mes jeunes années. Oui, je sais, je ne ressemblais pas du tout à ça, mais d'abord, qui s'en souvient, et ensuite, si c'est pour revenir comme j'étais alors, merci bien !

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October 9, 2008

Aussi Noble que Nobel

Je me réjouis de la nobélisation (il détesterait ce mot !) de JMG Le Clézio. Je l'ai écouté hier lors de sa conférence de presse chez Gallimard. Je n'ai pu m'empêcher de penser que je suis allé quelques fois rue Sébastien-Bottin quand j'y ai été publié, en 1999. Je n'y retournerai probablement pas, et certainement pas pour remercier le comité Nobel de m'avoir décerné son prix. Je pense que le choix de Le Clézio pour récompenser un écrivain français est un bon choix. Il n'y a pas plus écrivain français que cet homme. Il est loin de toutes les agitations médiatiques, ce n'est ni un Houellebecq ni un BHL. Et pourtant, quel beau mec ! Il a 68 ans ? Qui pourrait le croire ? Quelle noble allure ! J'ai vu des images de lui à l'époque du Procès-Verbal. Un look de jeune premier. Dont il devait se foutre comme de son premier brouillon. Il avait quelque chose de Galfione. La même pureté de traits, et la même indifférence à cette apparence. Je devrais haïr un tel mec qui me fait mesurer à quel point je suis un nain à côté de lui. Mais bon, ce n'est pas comme si j'avais secrètement ambitionné de jouer un jour les vrais écrivains. Je n'y ai jamais cru, et cela depuis mon premier bouquin publié. C'est, au fond, mon seul mérite et mon seul titre de gloire : ne jamais m'être pris au sérieux, ne jamais m'être considéré comme un créateur, un vrai, de ceux qui font avancer la machine. Mais au moins ai-je été honnête. J'ai écrit les livres que je voulais écrire, et aussi les livres que je pouvais écrire. Ce n'est déjà pas si mal. Ce sera mon Nobel à moi.

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La gratitude n'est pas une qualité adventice !

A chaque parution d'un tome de Dolko, il occupe pendant quelques semaines la première place sur les sites gais de vente on line. Il fait même remonter les ventes des tomes précédents. Je m'en réjouis. Mon éditeur aussi, j'imagine. Et le propriétaire du site également, je présume. Tout le monde est content. Ou devrait l'être. On pourrait même imaginer que cette joie collective se traduise par une marque d'intérêt, un petit coup de pouce. Je ne sais pas, moi, un petit article pour parler du livre (et en dire du bien, of course). Ou une courte interview de l'auteur (même si je préfèrerais le petit article). Bref, une marque de gratitude. Un signe d'encouragement. Une façon de me dire : bon, d'accord, tu ne sais pas écrire autre chose que des livres pornos, mais bon, on ne t'en veut pas… Oui, on pourrait bien imaginer cela. Mais cela ne se produit pas. On préfère parler d'autres livres, mettre en avant d'autres œuvres.

Je sais ce que vous allez me dire : tu as déjà les ventes, et en plus il te faudrait les fleurs ! Oui, je suis insatiable. Jamais totalement satisfait. Heureusement qu'il y a des gens pour me remettre à ma place. Une place discrète, dans l'ombre. Là où j'appartiens.

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October 8, 2008

Est-ce bon signe ?

L'un des jolis voisins avec lesquels j'échange un salut matinal me demande, par signes, pourquoi je ne fais pas ma gym ce matin. Je lui explique que le jeudi, c'est le jour de la femme de ménage et que je ne saurais troubler l'activité ancillaire de celle-ci en exhibant devant elle ma navrante musculature de quinquagénaire épuisé (au passage, vous remarquerez ma maîtrise du langage des signes). Pour conclure, je lui donne rendez-vous demain matin à la même heure (au joli voisin, pas à la femme de ménage). Y sera-t-il ? Ma vie ici est faite de suspenses de cet acabit. Celui qui en conclurait que, parfois, je m'emmerde, ne serait pas loin de la vérité !

J'ai envie de partir en voyage, mais mes récents déboires financiers (qui n'ont rien à voir avec la crise) m'ont doté d'un état d'esprit pusillanime (en voilà un adjectif qu'on n'emploie plus guère…). Dans mon esprit s'additionnent toutes les dépenses inhérentes à un voyage en Afrique du sud (location de voiture, hôtel chaque soir, restaurant deux fois par jour, et ceci, et cela) et le total me donne le vertige. Je suis devenu très sensible sur le plan pognon. J'ai comme qui dirait une allergie à utiliser ma carte bleue.

Un copain m'a passé un bouquin dont j'avais entendu parler sur Adventice. Il s'intitule "Terminus". Je ne sais pas si vous l'avez lu, mais j'aimerais bien connaître votre avis. Personnellement, je ne l'ai pas terminé tant je l'ai trouvé ennuyeux. Mais un bon point quand même : cette nuit, vers 3 heures, j'ai été réveillé par mon insomnie habituelle et trois ou quatre pages seulement de ce livre m'ont aidé à replonger dans le sommeil. C'est un peu comme le Zolpidem. Je vais essayer de me faire rembourser le livre (que je n'ai pas acheté) par la Sécu.

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October 7, 2008

Le Dandy et le Deschiens

Hier soir, sur Canal, je suis tombé sur Houellebecq et BHL qui venaient présenter leur opus commun, "Ennemis intimes". Je ne sais pas de quoi ça traite, je n'ai pas suivi l'émission dans sa totalité. Je les trouve profondément agaçants l'un et l'autre. Houellebecq était habillé comme un Deschiens et souvent il adopte l'air de chien battu, avec le regard en dessous, de Desproges. La différence, c'est que l'un me faisait rire et l'autre pas. BHL, lui, était semblable à lui-même. Il nous a appris que son père avait connu une enfance d'une pauvreté telle qu'on n'en a même pas idée dans les bidonvilles et les favellas. Même quand c'est pour nous apprendre que sa famille n'a pas toujours été blindée, il faut qu'il se vante. C'est très intello de gauche cette manière de s'approprier les malheurs de ses ascendants pour renforcer son propre mérite.

Je ne sais donc pas de quoi traite le livre, ni ce que ces deux rigolos ont en commun, mais j'imagine qu'ils peuvent parler ensemble de la ringardise des critiques de cinéma, de leur absence de goût, et du manque d'intérêt du public français pour les films d'auteur. On nous annonce que leur livre est l'événement littéraire de la rentrée (sans même tenir compte de Dolko 3, je trouve ça un peu gros !). Je me demande s'il faut s'en réjouir ou s'en désoler. A vous de voir. Lisez le et dites moi ce que vous en pensez.

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Honte !

J'ai honte ! Hier, je suis allé au cinéma de Cambaie. En me garant à côté d'une voiture sur une place assez étroite, je lui ai arraché son rétroviseur. Le mien n'a rien eu. J'ai regardé autour de moi : il n'y avait personne. Alors je me suis éloigné et je suis allé me garer ailleurs, sans laisser mes coordonnées sur le pare-brise de la voiture. C'est un comportement que je méprise hautement, je n'arrive pas à croire que j'ai pu l'adopter. Bon, j'ai des problèmes de fric, c'est un fait, mais ceci n'explique pas cela. C'est honteux et indigne. C'est ma punition d'en parler sur ce blog. Mais pour le mec de la bagnole, ça lui fait une belle jambe ! Sauf s'il lit ce blog : il pourra me contacter pour que je le rembourse et, qui sait, nous deviendrons peut-être une paire d'amis, et plus si affinités !

Allez, quelque chose de plus léger : j'ai reçu ce matin de mon éditeur des exemplaires d'un roman de Zaïn Gadol qui vient de paraître en Allemagne. En français, le titre était : "Corps d'élite". En allemand, ça devient : "Einsdruckvolle Erstbesteigung" ! Que des mecs puissent s'exciter en lisant ça, ça me dépasse !

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October 6, 2008

Un mot pour ne rien dire !

Je n'ai rien de particulier à dire aujourd'hui, mais je ne vois aucune raison de priver ceux qui les aiment d'une de ces photos dont je n'ai ni le secret ni l'exclusivité. Alors voilà un ravissant cow boy, plus dans le style Falcon Studios que dans celui des romans de Cormac MacCarthy. A propos, si vous n'avez jamais lu de romans de cet auteur, et notamment les trois tomes de la Trilogie des Confins, je vous le conseille. Commencez par "De si jolis chevaux" et terminez par "La route", son dernier roman, Prix Pulitzer, ça vous réconciliera avec les prix littéraires.

Voilà, c'était notre conseil du jour. Il est quand même bien mignon, notre petit cow boy. Presque aussi sexy et viril que le mec d'hier à Aurère.

Bon, à part ça, il y a la crise, et c'est là qu'on se réjouit de n'avoir pas d'économies. Le seul ennui, c'est que les riches et les spéculateurs vont encore s'en sortir indemnes. Ah, vivement la révolution !

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October 5, 2008

Adrianeu Karamba !

Essayez d'imaginer Aurère, si vous ne connaissez pas : il s'agit d'un ilet (prononcez : ilette) dans le cirque de Mafate à la Réunion. Un endroit perdu, isolé, loin de tout, qui n'est fréquenté que par des randonneurs. Nous nous y trouvions samedi après-midi avec quelques copains, en train de boire une bière après avoir marché, quand nous avons vu arriver… Adriana Karambeu ! Elle-même ! En personne ! Et pas habillée comme une randonneuse, je vous prie de le croire. Non, prête à se rendre à un cocktail à la préfecture ou à une soirée de collecte pour la Croix-Rouge. Grande, blonde, élégante, avec des talons hauts. Entourée de quelques personnes qui essayaient de prendre l'air naturel et dégagé mais qui n'en pouvaient plus de se dire : "Oh la la, je suis avec Adriana Karambeu et nous allons monter dans un hélicoptère pour faire semblant de sauver quelqu'un, et on va nous filmer ou nous photographier…" Bon, j'imagine que ça ressemble à ça, la vie des people. Enfin, quand je dis "vie"… Et quand je dis "people"…

A part ça, ces deux jours de rando étaient sympas. A Aurère, il y avait un garçon superbe, un chatain foncé aux cheveux très courts, avec d'étonnants yeux bleus, qui savait très bien qu'il était très beau, et qui mettait sans arrêt sa capuche sur la tête, comme pour se dérober aux regards, puis qui l'enlevait trois minutes plus tard parce qu'on risquait de ne plus lui prêter attention… J'imagine que c'est ça, la vie des mecs beaux. Et quand je dis "mecs beaux", je veux vraiment dire "mecs beaux" ! Un peu le genre du type sur la photo.

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October 2, 2008

Sarah Palin

Sarah Palin appartient, non seulement à cette catégorie de femmes, mais aussi à cette catégorie d'individus que je hais plus que tout au monde. Il n'y a rien de pire que les gens qui sont convaincus d'avoir raison, non parce que leurs idées leur semblent forgées au feu de la réflexion, mais parce qu'elles reposent une foi. Sarah Palin, je le sens, fait partie de ceux-là. Elle est de ces femmes dont la rigueur, la rigidité, l'intransigeance, l'intolérance encouragent et nourrissent celles des hommes. Je plains plus les homophobes que je ne les déteste; je sais combien leur haine des homos est d'abord un problème de comportement envers les femmes, et rien dans leur haine ne leur permettra de résoudre ce problème; tout au plus les aide-t-elle à le supporter. Sarah Palin, elle, n'est pas homophobe, à ce que j'ai entendu dire. Elle affirme que l'homosexualité est un choix. Elle n'est pas la première à proférer ce genre d'ânerie (quand as-tu décidé de devenir hétérosexuelles, idiote ?). De toute façon, elle ne peut pas se permettre d'affirmer son rejet de la moindre catégorie d'individus. Mais ses positions sur l'avortement, sur les armes à feu, sur la guerre en Irak, sur la quasi totalité des problèmes présents prouvent à quel point elle est ancrée dans ses certitudes. Elle est, on le sent bien, de ces femmes qui ne supportent pas que les hommes flanchent et qui sont constamment derrière eux (il ne leur viendrait même pas à l'idée de vouloir se placer devant, ou à leurs côtés) pour les inciter à ne pas céder, à combattre, à repousser l'ennemi.

Cela peut donner des héroïnes en temps de guerre, mais en temps de paix, quand les raisons de se battre sont plus floues, là, elles peuvent carrément devenir des … (mettez ici le mot qui vous convient le mieux, celui qui me vient sous les doigts n'est pas publiable!).

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