Concours Horro-vision

Concours Horro-vision

viril en short noirMême s’il s’agit d’un des plus grands acquis culturels de la communauté gay, j’avoue que je n’ai pas regardé la retransmission du concours Eurovision. Mais j’ai quand même vu sur You Tube le vainqueur, le jeune Suédois, plutôt joli garçon, sans excès, avec une chanson plutôt nulle mais bien formatée pour le show, et la navrante représentante française, une version fade et grossie de Maurane, avec une bouche à satisfaire trois mâles normalement membrés en même temps (ou deux comme moi!), et surtout une chanson écrite en 1923, ou quelque chose comme ça, par deux mecs sous Prozac. Ils espéraient quoi, les organisateurs français ? Faire mieux que l’an dernier ? Eh bien bravo, ils ont gagné deux places !

Autrefois, cette compétition était vraiment amusante et folklorique. Il faut avoir entendu une jeune Maltaise chanter avec conviction dans sa langue natale une chanson que ne comprenaient que ses compatriotes pour mesurer toute la valeur de l’épreuve. Aujourd’hui, l’Europe se veut uniforme, alors elle chante en anglais. On y perd beaucoup. Heureusement, le stylisme, lui, reste à la hauteur de l’événement. 

Sérieusement, les mecs, il serait temps de supprimer ce show. Il va en rester des traces quelque part dans une médiathèque et quand, dans deux ou trois cents ans, on retrouvera les CD, qu’est-ce qu’on va penser de nous !

A la chaîne !

A la chaîne !

calvin boudeurJe viens encore de boucler un bouquin en mois de deux semaines ! Oh, j’en entends quelques-uns qui suggèrent : ne serait-ce pas plutôt “bâcler” que “boucler ? Peut-être ont-ils raison. Mais je suis sûr que cet opus pondu en deux semaines n’est pas plus mauvais que bien d’autres sur lesquels l’auteur a transpiré pendant des mois. Il  s’intitule “Le fil des jours” et raconte l’histoire de trois enfants, deux frères et une soeur, qui se retrouvent le temps d’un week-end pour convaincre leur vieille mère malade d’accepter d’aller en maison de retraite, contre son gré. Alors bien sûr, j’entends déjà d’autres voix qui disent : oh, mais ça me dit quelque chose, ce truc-là ! Et c’est vrai que j’ai déjà raconté cette histoire à l’intérieur d’une autre histoire. Là, il s’agit d’une autre façon d’aborder le thème. Pourquoi pas ? Il y a plein d’auteurs qui ont raconté la même histoire de plusieurs façons différentes. Ne dit-on pas qu’un écrivain écrit toujours le même livre ? Il y a plein de noms qui me viennent aux lèvres, je ne vois pas pourquoi je me gênerais ! C’est vrai, quoi… 

Bon, maintenant, il va falloir que je m’attaque aux corrections de “L’effroyable actualité” que vous attendez pour la fin de l’année. Ah, on peut dire que je me donne du mal, mes ingrats ! Vous buvez mon sang !

“Get”

viril cool“Get” est un mot hébreu qui signifie divorce. Certains Juifs caustiques affirment même que c’est l’origine du mot ghetto, le ghetto manifestant alors la volonté des Juifs de “divorcer” du monde goy. Bien entendu, c’est faux, puisque le mot ghetto vient d’un dialecte vénitien et désigne une fonderie, dans le quartier de laquelle fut installé le premier ghetto. Fin de la parenthèse “les belles histoires de l’oncle Jean-Paul”.

Get est un film israélien de Shami et Ronit Elkabetz qui raconte les interminables séances d’un couple devant un tribunal rabbinique. Viviane veut divorcer d’Elisha, mais dans la loi juive, c’est le mari qui accorde le divorce. Il répudie sa femme, ce qui rend sa liberté à cette dernière. Mais il peut refuser. Le tribunal rabbinique peut lui ordonner de donner le Get, mais non l’y obliger. C’est le cas d’Elisha, qui refuse de divorcer. Il aime encore sa femme, mais surtout il ne tolère pas qu’elle puisse appartenir ensuite à un autre homme. Mois après mois, année après année, Viviane et son avocat se battent devant un trio de rabbins plutôt obtus et intransigeants afin d’obtenir qu’ils contraignent Elisha à donner le Get.

Le film se déroule entre trois pièces à la décoration minimale – le producteur ne s’est pas ruiné en décors. Tout se passe dans les dialogues, parfois aussi dans les attitudes, les regards. C’est intense et insupportable. On a envie de gifler le mari, de secouer les rabbins, ces hommes qui bénéficient et qui renforcent un univers d’homme. Ce n’est pas un film pour vous réconcilier avec le machisme et la religion. Il y a de quoi devenir folle pour cette femme, même si elle n’est pas sans tort. Ronit Elkabetz, sombre et lumineuse, éclaire le film de toute sa personnalité et Simon Abkarian, un bloc d’intransigeance avec des fêlures très intéressantes, s’oppose à elle avec densité et puissance. Un huis-clos haletant et étouffant.

C’était le conseil du critique des Cahiers de brouillon du cinéma.

“Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire”

“Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire”

poilu rêveurD’ordinaire, je n’aime pas les romans au titre interminable, comme par exemple ceux de Katherine Pancol. Mais bon, on ne va pas non plus s’arrêter à ce genre de détail. En tout cas, celui-là, signé Jonas Jonasson, je l’ai adoré. Une histoire tout à fait inattendue, pleine de rebondissements imprévisibles, n’hésitant pas à plonger profond dans la grande Histoire et à convoquer ses plus célèbres acteurs, tout en racontant l’aventure picaresque d’un centenaire et des gens qu’il rencontre en chemin. Tout se tient bien dans le récit et certaines scènes sont franchement hilarantes. Je vous le recommande chaudement.

Je vous recommanderais bien le garçon en photo, mais vous me connaissez, je suis un peu possessif sur les bords et je n’aime pas partager.

En plein dans le mille !

young tomBien entendu, vous l’avez compris, le post d’hier était un attrape-couillon, un piège à con, et j’en ai ferré un gros. Bon, d’accord, c’est toujours le même, un vieux brochet immangeable, mais c’est toujours une distraction bienvenue.

Je ne pense pas que tous les profs sont incompétents. Quelques-uns sont bons. J’en ai connu deux ou trois au lycée en sept ans, et pourtant à l’époque ils obtenaient de meilleurs résultats qu’aujourd’hui. Par exemple, un truc dingue : en cinquième, tout le monde savait lire. Mais beaucoup le sont, ils ont fait prof comme d’autres sont entrés dans l’armée ou dans la gendarmerie, simplement, eux, ils avaient un peu plus de neurones, avec le même état d’esprit. Cela dit, je crois toujours aux hussards de la République, même s’ils se font rares. Je ne les considère pas comme les seuls responsables, mais quand même, quand on voit le niveau des élèves qu’ils nous fournissent après le bac, on se demande où ils vont chercher le culot qu’ils affichent quand on les interviewe à la télé. Après tout, c’est quand, la dernière fois où les profs ont été satisfaits d’une réforme ? Je me demande si j’étais né.

Ah, si j’étais pas là…

Ah, si j’étais pas là…

jack wellonBon, je vois bien que Najat ne va pas s’en sortir toute seule. Entre les réactionnaires à droite, les profs incompétents au centre et les socialos rêveurs à gauche, elle n’est pas près de trouver la solution à l’enseignement dans les collèges. Heureusement, je suis là. Alors c’est très simple : on commence par diviser le cursus en deux; d’un côté, les classes de la 6ème à la 4ème; de l’autre, les classes de la 3ème à la Terminale. Les trois premières classes donneront un enseignement général, avec un peu de toutes les matières, afin de déceler les capacités des uns et des autres selon les matières; les quatre classes suivantes affineront l’enseignement de chacune des matières dans lesquelles l’élève aura montré des dispositions. Bien entendu, tout au long des sept classes, on enseignera le français, une langue vivante et les maths. Plus les technologies modernes, comme l’informatique. Et voilà, c’était tout simple, il suffisait d’y penser.

Mais quelle idée aussi d’aller demander leur avis à des enseignants ! Si ces gens étaient capables d’enseigner quelque chose, ça se saurait ! Quand on voit le résultat de leur travail, comparé à ce qu’il était il y a quarante ou cinquante ans – c’est-à-dire quand moi, j’étais au lycée – quel piteux bilan ! Des hordes de diplômés quasi analphabètes incapables de compter sans recourir à une calculette et d’écrire correctement “devoir” ou “dictée” sans l’aide d’un  correcteur automatique !

Ah elle va être belle la France si je cesse de m’en préoccuper…

Hors des sentiers battus

Hors des sentiers battus

douche-moiJe suis allé randonner deux jours avec mon amie Isabelle dans Mafate. Il y a deux jours, Roméo et Mimose, qui tiennent la “boutik où j’achète à manger tous les jours, m’ont appris qu’ils allaient à un mariage pendant le week-end de l’Ascension dans le même cirque de Mafate. En les interrogeant, je me suis rendu compte qu’ils n’y avaient jamais mis les pieds. Alors qu’ils sont Réunionnais de souche et ont la quarantaine. Comment peut-on ignorer et passer  à côté d’une telle merveille ? Le premier jour, nous sommes montés dormir à Grand-Place les Hauts en passant par le lit de la rivière des Galets. La deuxième partie de la rivière était difficilement praticable, à cause de pluies torrentielles en mars, qui ont changé son cours, et surtout ses rives. Il a fallu accepter de se mouiller en traversant à gué à plusieurs endroits. Le lendemain, nous sommes revenus par la Roche Ancrée, puis en empruntant une gorge menant à Cayenne que je ne connaissais pas. Magnifique, absolument. Sauf que lors d’une traversée de la rivière, j’ai glissé sur une pierre et je me suis retrouvé dans la flotte. Résultat : j’ai perdu mes Vuarnet soleil quasiment vintage, mon téléphone portable est naze et je ne me suis niqué un doigt. Mais bon, ça en valait la peine, cette partie de la rando était magnifique. Ce jeudi, nous avons croisé pas mal de gens, c’était le premier jour d’un pont. Parmi eux, quelques métros qui croient que les chemins réunionnais ressemblent à ceux de métropole. Grossière erreur ! Ils sont souvent plus raides, plus sauvages, encombrés de cailloux et de racines – il faut constamment regarder où l’on pose le pied. Alors ces touristes s’encombrent de sacs trop lourds qu’ils ont envie de jeter dans le précipice après deux heures de marche exténuante.

Bref, c’était deux jours formidables.

“J’ai tué Anémie Lothomb”

“J’ai tué Anémie Lothomb”

carrelageC’est un livre de Jean-Pierre Gattégno que j’aurais pu, que j’aurais dû écrire : un “auteur à insuccès” découvre par hasard le cadavre d’une romancière célèbre (même sans être un crack en anagramme, vous devriez deviner de qui il s’agit). Il décide de faire disparaître le corps et de se faire passer pour un kidnappeur. Il menace, tant que son dernier roman n’aura pas atteint la barre des 250.000 exemplaires vendus, de ne pas libérer la romancière, bien que l’amant de celle-ci (un Japonais, nouvel indice) avoue l’avoir tuée – mais personne ne le croit.

Voilà l’histoire, c’est plutôt drôle, il y a une bonne dose de méchancetés envers les écrivains à succès – des méchancetés qui ont plus qu’un fond de vérité – et bien entendu, pour un écrivain méconnu, c’est plutôt réjouissant. Mon seul regret, c’est que l’auteur ait tenu à ce que son héros ait vraiment du talent, un talent ignoré par les médias. J’aurais trouvé l’histoire plus forte et plus jouissive si celui-ci n’en avait eu aucun, ou trop peu. J’aurais pu m’identifier davantage à lui.

Le prix du voyage est à votre charge

Le prix du voyage est à votre charge

un pied sur le litJe trouve que certains Antillais ne manquent pas d’air quand ils réclament que l’Etat les indemnise du “precium doloris” de l’esclavage. A croire qu’ils en ont souffert directement, comme les victimes de la dernière guerre mondiale ou de la déportation. Certes, j’admets que l’esclavagisme a créé une situation économique et sociale dont les Antilles, entre autres, pâtissent encore. Mais comment y remédier ? En enlevant leurs terres aux riches békés de Martinique et de Guadeloupe pour la redistribuer à… A qui d’ailleurs ? A Elie Domota et ses copains ? Qu’en feraient-ils de ces terres ? Ils les revendraient, probablement, je les imagine mal en train de les exploiter. Au fond, ce qu’ils veulent, c’est l’argent. Un argent facile à gagner, pensent-ils, en appuyant sur la touche Culpabilisation de l’Etat. 

Je crois que le Mémorial inauguré par Hollande a coûté plusieurs dizaines de millions. Franchement, vous ne trouvez pas que c’est un prix exorbitant à payer pour rappeler à quel point nos ancêtres ont pu se comporter comme des salauds ? Et puis, une fois que tous les scolaires de Guadeloupe et Martinique auront visité l’endroit, qui viendra ? Les touristes ? Franchement, vous pensez que des gens qui viennent se faire bronzer la couenne pendant une semaine n’auront rien de plus pressé que d’aller visiter un lieu aussi angoissant ? Il y a quand même mieux à visiter dans ces îles.

L’esclavagisme a été une chose horrible, soit, mais c’était un système économique en vigueur depuis des dizaines de siècles. Tellement pratique, d’ailleurs, qu’il s’est perpétué jusqu’à aujourd’hui ici ou là dans le monde, et même partout dans le monde sous des formes atténuées ou plus discrètes. Que le représentant de l’Etat s’excuse, qu’il inaugure un centre de documentation sur l’esclavage, c’est très bien. Mais qu’il allonge les biftons ? Pourquoi pas rembourser aussi les descendants des Cathares ? Indemniser les descendants des victimes de la Saint-Barthélémy ? Ou ceux des victimes de la Terreur ? Il y a des limites. S’excuser, oui, s’accuser, non.

A la Réunion, nous avons un petit groupe indépendantiste totalement sans importance dirigé par un loufoque qui, quand on lui demande comment il assurera la marche économique de la Réunion libre, vous répond : avec l’argent du dédommagement. Pourquoi pas ? Mais dans ce cas, il faudra ôter de la somme totale le prix du transport, qui était à la charge des esclavagistes. Sinon, les descendants de ces derniers risquent de venir réclamer à leur tour, et on n’en finirait pas.

Faire son deuil… et puis quoi ?

Faire son deuil… et puis quoi ?

curtidAu Népal, du côté de Langtang, il resterait six ou sept Français qui ont été emportés par une avalanche en même temps que toute la population du village. Ils sont enfouis sous des tonnes de roches et de gravats. Ils sont morts. Même avec un optimisme béat à la Drücker, il faut bien se rendre à l’évidence : ils sont morts. Le ministère des Affaires étrangères vient de prévenir les familles que l’on cesse les recherches. Certains protestent : ils veulent qu’on retrouve le corps de leurs proches. Sinon, comment faire leur deuil ?

Une première remarque : demande à quelqu’un qui a perdu un proche lors d’un naufrage en mer, il pourra te donner quelques tuyaux.

Deuxième remarque : ces familles trouvent normal que l’on dépense des centaines de milliers, voire des millions d’euros pour retrouver des cadavres dans un pays qui n’a plus rien et où cet argent serait bien mieux utilisé. D’autant que je ne vois pas bien l’intérêt d’aller déterrer des gens au Népal pour les enterrer en France. Ils sont très bien là où ils sont. Je suis sûr qu’il y a plein d’alpinistes qui aimeraient, s’ils devaient mourir en montagne, qu’on les laisse là où ils ont exercé leur passion.

Je ne sais pas qui a inventé, il y a vingt ou trente ans, la notion de “faire son deuil”. Sans doute l’inventeur de la “cellule psychologique, qui arrive sur les lieux d’un drame en même temps que les secours.