Suis-je le nouveau Malcom Lowry ?

Suis-je le nouveau Malcom Lowry ?

en grandes pompes“Au-dessous du volcan” est sans doute le livre qui m’a le plus fasciné de tous ceux que j’ai pu lire. Non seulement parce qu’après l’avoir lu cinq ou six fois, je ne l’ai toujours pas compris intégralement, mais aussi parce que l’histoire du manuscrit est fascinante. Je ne m’en souviens plus en détail, mais grosso modo, Lowry a réécrit son roman plusieurs fois, une fois parce que l’éditeur auquel il l’avait envoyé ne le lui a pas retourné, une autre fois parce que le manuscrit s’est égaré en chemin, une troisième fois parce que celui-ci a brûlé dans l’incendie de l’hôtel où se trouvait son auteur. Quelle obstination ! Quelle conviction de tenir là un chef d’oeuvre qui méritait d’être écrit et réécrit encore !

Bon, il ne m’est pas arrivé la même mésaventure. Enfin si, mais c’est aujourd’hui moins grave grâce à l’informatique. Les épreuves du roman, que Henri Dhelemmes, le patron de H&O, m’avait retournées corrigées, et que j’avais corrigées à mon tour, ont été égarées par la Poste, qui ne m’a retourné que la dernière page dans l’emballage d’origine, accompagnée d’un message formel d’une grande décontraction de la part de cette administration que pourtant Gabin, dans “Le cave se rebiffe, décrivait comme la plus fiable. Le dommage n’est que relatif, si j’en crois HD. Il corrigera de nouveau le manuscrit et me le renverra pour que je le corrige à mon tour. Quelques heures de travail supplémentaires pour l’un et l’autre. Mais bon, si l’on s’en tient aux faits, je peux prétendre sans exagération qu’il existe au moins un point commun entre Lowry et moi.

J’en ajoute un deuxième : les amis chez qui j’ai passé quelques jours à Anduze dans le Gard ont un chat prénommé Malcom qui s’était visiblement pris d’affection pour moi.

Coïncidence ? Vous avez dit coïncidence ? Je ne crois pas…

Je me permets au passage de vous signaler la plastique plus que parfaite de notre ami du jour. Au cas où elle aurait échappé à ceux d’entre vous qui ne s’intéressent qu’à la beauté intérieure des garçons, et je sais qu’ils sont nombreux.

Se battre pour les Guignols ?

Se battre pour les Guignols ?

un bel homme tout simpleCe n’est pas pour les Guignols que j’ai envie de me battre, mais contre Bolloré et le Nain qui profite de sa petite taille pour se cacher (mal) derrière lui. Parce que les Guignols, selon moi, ils sont plutôt fatigués. Je ne les regarde plus que par habitude, comme j’écoute certains humoristes, en espérant trouver çà ou là une occasion de rire un peu, ou de sourire. Il y a longtemps que les Guignols ne me font plus rire, et ce n’est pas tout à fait leur faute. On rit de moins en moins des gens qui nous ont fait beaucoup rire. On s’habitue à leur forme d’humour, elle n’a plus cet aspect corrosif qui déclenchait le rire auparavant. L’humour, c’est comme la drogue, il en faut de plus en plus pour ressentir la même chose. Alors, qu’on supprime les Guignols, je suis d’accord. Une émission gagne toujours à ne pas se prolonger. Quand Bref s’est interrompu, juste après un an d’existence, j’étais désolé, mais j’ai dit Bravo, et je continue à considérer Kyan Kajendi (pardon pour l’orthographe) comme un excellent humoriste dont j’attends la suite. Valérie Lemercier et Albert Dupontel ont eu, eux aussi, ce courage d’arrêter trop tôt pour passer à autre chose, et ils ont bien fait. Alors, dire adieu aux Guignols, c’est OK. Mais si c’est Bolloré qui le souhaite pour complaire à son moussaillon, alors là, non. Je suis prêt à me battre. Enfin, prêt… Disons que j’encouragerai depuis les tribunes ceux qui défileront en faveur des marionnettes. 

Quant au Grand Journal, vous pouvez le supprimer lui aussi, je ne me battrai pas pour le conserver. Sauf si Bolloré…

Never give up !

Never give up !

never give upMe voici revenu à ce que je suis bien obligé de considérer comme “la maison. Sauf que je ne me sens pas vraiment à la maison à la Réunion. Mais à Paris non plus. Je m’en suis rendu compte au cours des trois derniers jours que j’y ai passés. A part le cinéma, je n’y ai pris aucun plaisir, ou presque. Si, faire du Vélib dans les rues de Paris avant qu’il ne fasse trop chaud. J’ai vaguement déambulé dans le Marais, mais je ne m’y sens pas chez moi, et pas vraiment à l’aise non plus. Je me sens davantage dans la peau d’un curieux, presque d’un mateur.

Vous dire comment je me sens aujourd’hui n’est pas facile. Mal, en tout cas. J’ai mis pas mal de temps à rentrer de l’aéroport et à chaque instant, je me demandais ce que je foutais là. Je me le demande encore, et je sens que ce n’est pas fini. En fait, ça me  fait tout drôle de me retrouver chez moi, comme si j’avais prévu de ne jamais y revenir. C’est peut-être ce que j’espérais en me rendant en métropole. Qu’il se passe quelque chose, un truc, je ne sais pas quoi, un miracle assurément, qui m’empêche d’y retourner. Mais pour aller où : Paris n’est plus une option, et la métropole non plus. Je ne me sens bien, en fait, nulle part. C’est un peu angoissant.

Dans l’avion, j’étais assis à côté de deux jeunes Suisses venus randonner pendant un mois. Deux jeunes mecs plutôt attachants à qui je me suis fait un plaisir de donner moult conseils.

Sale nouvelle : le manuscrit corrigé de ma nouvelle saga, que H&O disait n’avoir pas reçu, m’est revenu, mais dans quel état ! Il manque en fait toutes les pages, ou presque. Il reste juste la dernière. Les autres, envolées, avec toutes les corrections de l’éditeur, plus les miennes. La Poste affirme ne pas savoir où elles sont passées. Peut-être un lecteur trop pressé ? Ou un auteur avide de gloire, prêt à s’attribuer mon succès ? Je crains qu’on ne le sache jamais.

“Never give up” nous conseille ce jeune homme presque trop beau, trop musclé, trop jeune pour être vrai. Ecoutons-le. Bien sûr, avec sa gueule et son corps, ce serait sans doute plus facile de ne pas renoncer.

J-0

coup d'oeilDernière journée intégrale à Paris. Ce matin, je me suis réveillé assez tard, il était plus de huit heures, j’ai donc manqué la première séance au ciné. Heureusement, la suivante bénéficie aussi de la réduction. J’ai vu “Mustang”, un film turc que l’on compare beaucoup à “Virgin suicides”. Sauf que là, une seule des filles se suicide. Le fossé entre ces cinq adolescentes, très modernes dans leur habillement et leurs comportements, et le monde dans lequel elles vivent, une Turquie profonde qui n’a rien de moyenâgeux mais qui vit quand même comme il y a plus d’un siècle, est tellement large qu’il paraît artificiel. Comme souvent dans ces pays-là, la solution passe par les femmes. 

Il a fait beaucoup moins chaud aujourd’hui, la température était largement plus supportable qu’hier. Je me rends compte, un peu plus à chaque visite à Paris, qu’au fond j’ai de moins en moins de choses à y faire. Cette fois-ci, pas de sauna, pas de bars, juste quelques passages dans les rues du Marais. Je me sens à cent lieues de cet univers qui a si longtemps été le mien. Je le regrette, bien sûr. La chasse aux garçons a toujours été un de mes passe-temps préférés, sans doute l’un des plus amusants et des plus utiles. Mais j’ai toujours pensé qu’il faudrait y renoncer un jour et je m’aperçois que ce jour est venu, qu’en fait il est passé depuis quelques mois déjà, et ce n’est pas fait pour me remonter le moral.

Un moral qui n’est pas au plus haut ce soir, d’autant que Rafa vient encore de se faire sortir au second tour à Wimbledon par un type classé au-delà de la centième place qui n’a même pas le mérite de n’avoir que vingt ans. Si j’étais plus en forme, je tracerais un parallèle entre ma vie sexuelle et la carrière sportive de Rafa, mais ce serait désobligeant pour lui.

J – 1

Dernier jour entier à Paris. Hier, il a fait très chaud, mais comme c’est une chaleur sèche, sans humidité, on souffre mais on ne transpire pas, ou peu. Le seul inconvénient, c’est qu’on a l’impression d’avoir la gueule dans le four en permanence. J’ai profité de cette chaleur et du fait que c’était la dernière journée de la Fête du cinéma pour me faire quatre séances dans la journée dans des salles climatisées. Vu un film iranien, un film-documentaire sur un réalisateur devenu chauffeur de taxi d’un jour et qui nous livre ainsi une image assez fidèle, je pense, de l’Iran d’aujourd’hui. Vu ensuite “Comme un avion”, un film de Bruno Podalydès (le frère de Denis, qui joue dans le film), une comédie loufoque très réussie, avec des comédiens qui semblent toujours jouer un pas à gauche de leur rôle (c’est, j’imagine, un jeu décalé). Puis un film indien non-Bollywood, un mélo assez prenant qui serait quand même convenu sans l’Inde toujours présente à l’arrière-plan; étonnant quand même, ce pays émergent dont le cul semble toujours fixé au sol du siècle dernier. Et enfin, “Tale of Tales”, présenté à Cannes, un film surprenant, d’une imagination et d’une imagerie débordantes, on ne sent pas passer les deux heures et quart de la projection.

A part cela, que vous dire de Paris, sinon que ça n’est pas très propre, qu’il y a dans la rue plein de jolis garçons qui ne sont pas très sexy, mais aussi plein de jolis et sexy garçons qui n’hésitent pas à montrer leurs muscles. J’imagine qu’il y a des filles aussi, mais on ne les voit pas très bien, c’est un phénomène optique  connu baptisé “l’ophtalmie du Marais”. Les Parisiens sont toujours égaux à eux-mêmes, c’est-à-dire pas très polis ni très souriants. Pour un peu, il me tarderait presque de rentrer.
pouces

Again in Paris…


Je suis rentré ce matin à Paris. Bye bye le Midi, bonjour la capitale, chacun son tour de profiter de ma présence. Je retrouve le plaisir de marcher incognito dans les rues de Paris. Une paire de lunettes noires, une casquette et le tour est joué. L’idée de côtoyer des centaines, voire des milliers d’admirateurs  fanatiques sans qu’ils se doutent qu’ils viennent de croiser leur auteur favori m’amuse au plus haut point. La vie vous offre parfois de ces menus plaisirs. Merci la vie !poilu rêveur

R.I.P.

Ce blog va probablement disparaître d’ici quelques jours. Non pas de mon fait, comme je vous l’ai déjà annoncé une bonne demi-douzaine de fois, mais par le fait de mon webmestre, Thibaud, qui a besoin de récupérer la place qu’occupe mon blog sur mon site (surtout ne me demandez pas pourquoi ou comment, je n’y comprends rien). Thibaud m’affirme qu’il m’aidera à trouver un nouveau webmestre pas trop cher, mais je me dis que c’est une bonne occasion de laisser mourir de sa belle mort ce blog qui, depuis quelque temps, ne sert plus à grand chose. Je vous tiendrai au courant.

Juste un conseil…

Evitez de vous rendre à Alès, c’est une ville vraiment moche, avec un centre-ville qui donne vachement envie d’aller faire ses courses dans la périphérie, qui vous donne elle-même envie d’aller faire vos courses ailleurs. Par exemple à Nîmes ou Montpellier. C’était un conseil gratuit du Randonneur Affûté.

Chemin de Stevenson 4

Voilà, le chemin de Stevenson, c’est fini. Douze jours de marche, 250 kilomètres à pince. Pas toujours aussi facile que cela semblait l’être sur le papier. La fin est beaucoup plus belle que le début, je ne saurais trop conseiller d’éviter les trois premières étapes et d’attaquer directement à Pradelles. Enfin bon, moi, ce que j’en dis… Et vous, ce que vous en avez à foutre… Je ne me suis pas trouvé dans une forme exemplaire, même si dans l’ensemble je ne m’en suis pas trop mal sorti, notamment après les douleurs des premiers jours. Mon seul gros regret : avoir raté le gîte de Florac (j’avais préféré aller en chambre d’hôtes), il parait qu’il y avait tout un groupe de pompiers d’élite en train de s’entraîner dans la région. Depuis que j’ai appris ça, la vie n’a plus le même goût. En fait, elle n’en a plus aucun. Hier et aujourd’hui, tout en marchant, j’imaginais des scènes sous la douche, des scenarii très improbables, bref, le train-train de mes romans pornos. Du coup, je ne me suis pas concentré sur le paysage. Donc, si vous voulez en savoir plus, allez-y voir par vous-même.

Je suis à présent arrivé à Anduze chez des amis et je ne sais pas ce que je vais faire ensuite.. Si vous avez une idée…

Chemin de Stevenson 3

Ces deux dernières étapes ont été splendides. Longues, crevantes, un calvaire pour les pieds, mais magnifiques. Hier, j’ai lentement ascensionné le mont Lozère. Les trois cents derniers mètres avec un vent de folie. Sans ma surcharge pondérale, on me retrouvait en Dordogne. Ensuite, longue descente vers Pont-de-Montvert, une petite ville très jolie sur le Tarn, peu de temps après sa source. Des piscines naturelles invitent à la baignade. Des adolescents bronzés y encouragent aussi. Pour connaître la suite, voir la page des faits divers dans le quotidien régional.

Ce matin, départ très tôt vers Florac. J’ai pris tous les autres randonneurs de vitesse, ce qui m’a permis de surprendre une harde de sangliers accompagnés d’une demi-douzaine de marcassins. Il n’y a pas que mes romans pornos dans la vie, il y a aussi de jolies choses, je vous invite à les aller voir.

Arrivée à Florac, nuit dans une chambre d’hôtes tenue par un Britannique qui pourrait bien être… Mais je n’irai pas vérifier. Normalement, ce soir, c’est la fête de la musique, mais ici, ils ne font rien comme ailleurs, ils l’ont fêtée hier !

Tant mieux, mes pieds n’étaient pas prêts à aller danser.