Lilian le fromager

Lilian le fromager

sur les coussinsVu et entendu à “The Voice” un jeune chanteur, fromager dans le Doubs de son état, qui possède une voix captivante aux sonorités très particulières. Comme en plus il est très séduisant, j’en ai aussitôt fait mon favori avec cette objectivité qui est un peu ma marque de fabrique.

Puisque à présent on se connaît un peu mieux, j’en profite pour vous faire découvrir cette photo de moi et de mon amant. Je suis allongé et de dos, pour les moins observateurs d’entre vous.

Emmanuel Macron

Emmanuel Macron

pecs velusComment peut-on rester insensible au charme d’Emmanuel Macron ? Franchement, ça m’échappe. Je ne parle pas seulement de son physique, plutôt très agréable à regarder, avec ce grand nez puissant, prometteur, ce sourire prompt mais jamais automatique, ce regard curieux et amusé. Il suffit de l’écouter parler cinq minutes pour avoir envie d’être d’accord avec lui. Mon amie Florence, qui est notaire, le vomit, mais je suis convaincu que si elle lui parlait un quart d’heure (c’est dire si elle est remontée contre lui !) en tête-à-tête, il finirait par la convaincre. Il y a dans ce genre d’intelligence, accompagnée d’un tel naturel et d’une telle simplicité, quelque chose d’invincible, d’irrésistible. Dans le reportage d’Envoyé Spécial, on le voit se faire siffler en arrivant à une réunion d’huissiers et repartir sous une standing ovation.

Il dit n’avoir pas d’ambition future. Il se veut totalement ancré dans le présent. Sans doute est-il sincère. Mais je suis de ceux qui lui espèrent un destin national. Plusieurs personnes l’ont comparé à Obama. C’est vrai qu’il possède cette décontraction pleine de charme, cette spontanéité chaleureuse, cette capacité à captiver les caméras. Il demeure ferme sous l’attaque sans jamais devenir agressif. Il peut “défronder” les frondeurs quand il le voudra. Pour l’instant, il se tient en retrait, mais les médias l’aiment déjà. Je lui prédis un grand avenir. Et s’il renonce à devenir président, il nous écrira un grand livre. 

A voté !

A voté !

lutteur noirAyé, j’ai terminé le premier jet de mon roman “politique”. J’en suis content, surtout de la fin, et même de ce qu’il y a a avant, pratiquement depuis le début. Il ne me manque plus que le titre. Il y a longtemps que j’avais envie d’écrire ce livre, l’histoire d’un homme politique gay qui devient président de la République. Je l’avais commencé plusieurs fois, mais je n’avais jamais réussi à le poursuivre jusqu’au bout. Et là, l’autre jour, j’ai eu la bonne idée : dérouler mon histoire sur un weekend. Un homme politique gay, député et ancien ministre, doit prendre la décision de se présenter à la primaire de son parti pour désigner le candidat à la prochaine présidentielle. Il se donne le weekend pour réfléchir. Son problème, c’est qu’il fait partie de ces gays très branchés culs, pas vraiment “mariage et adoption”. Il doit donc choisir entre renoncer à sa vie dissolue pour devenir respectable ou renoncer à son ambition pour continuer à s’amuser.

Cornélien ? Non, tapiesque ! 

“Soumission” de Houellebecq

“Soumission” de Houellebecq

rude morceauUn ami me l’a prêté. Ça se lit vite, 300 pages à peine. De plus, c’est bien écrit. C’est intelligent et c’est cultivé, comme toujours les romans de Houellebecq. Maintenant, si on compare à ce que l’on était en droit d’attendre… La rumeur et le tapage qui ont entouré sa parution pouvaient nous laisser espérer un ouvrage sulfureux. Rien de tout ça. Il s’agit juste d’un récit qui prend pour source : “Et si un jour un président musulman devenait président de la République ?” Houllebecq ne s’attarde pas longtemps sur le déroulement des événements. Sa thèse se tient, surtout si l’on évite d’entrer dans les détails. Mais tout ce qui concerne le nouveau pouvoir en France ne représente même pas le tiers du livre. L’objet principal du bouquin, c’est les rapports de l’auteur avec  son boulot d’intellectuel et avec les femmes. Il veille bien à ne pas étudier toutes les conséquences d’un tel changement de pouvoir en France. Il évoque à peine la polygamie, la conversion à l’islam, la charia, etc. Il résout en quatre lignes l’intégration d’une France dirigée par un musulman dans l’Europe occidentale. Et surtout, surtout, il veille bien à ne rien dire des femmes. Où sont les femmes, d’ailleurs ? Elles ont disparu, tout simplement. Il ne reste plus, apparemment, que des femmes musulmanes ET arabes. Les autres, celles que nous sommes habitués à côtoyer, avec leurs libertés, leurs privilèges, leurs luttes, leurs combats, leurs désirs, elles n’existent plus. Et c’est cela, entre autres, qui rend le livre inconsistant. Certes, le réalisme n’est sans doute pas la préoccupation première de Houellebecq, mais c’est particulièrement frappant à la fin : comment les femmes françaises pourraient-elles accepter un tel changement de société sans se rebeller ? On peut admettre que certains hommes y trouvent leur intérêt – des intellectuels moches et rassis que l’on accouple à plusieurs femmes, dont une pour faire la cuisine et une pour défaire le lit – mais ils ne sont qu’une minorité. On nous a vendu ce livre comme un ouvrage sulfureux, une bombe littéraire, mais il ne s’agit que d’un pétard. Une imagination sur ce que serait une telle société, mais sans que l’auteur prenne la peine d’étayer sa cause et de l’approfondir. Autrement dit, une énorme supercherie, et même une escroquerie pour ceux qui l’ont acheté.

C’est reparti !

C’est reparti !

furiousDepuis quelques jours, je me suis remis à écrire. Je veux dire, à écrire sérieusement. Non, pas à écrire quelque chose de sérieux ! Hé ho, les mecs, c’est moi, là ! Vous me reconnaissez ? Ai-je jamais écrit quelque chose de sérieux ? Mais en ce moment, j’écris sérieusement. Ce qui veut dire que je noircis (façon de parler) plusieurs pages chaque jour. Il s’agit d’une histoire que j’ai déjà essayé de raconter de plusieurs façons différentes, sans jamais trouver la bonne, même lorsque il m’est arrivé de dépasser la centaine de pages. Là, je crois avoir trouvé le bon angle. Il s’agira d’un roman politique. A 65 ans, j’estime avoir atteint la maturité suffisante pour raconter autre chose que des histoires de jeunes mecs baraqués qui s’enculent. Mais il y aura bien sûr des jeunes mecs baraqués. On ne se refait pas. Hé ho, les mecs, c’est moi, là ! Et  mon pédé politique ressemblera à autre chose que Karoudchi, Delanoë, Philippot ou Labarrère, je peux vous l’assurer. Un Riester en plus viril et plus costaud, quand même.

J’ai reçu ce matin quelques exemplaires de mon dernier opus, “De l’autre côté de la frontière”, chaudement recommandé par le Grand Journal, Le Monde et les Nouvelles littéraires. Son apparence me plaît beaucoup. Pour son contenu, je vous laisse juges.

Ils sont beaux, mes cercueils !

Ils sont beaux, mes cercueils !

jeans trop largeBenjamin Netanyahou ne manque pas d’air. Sans excès de finesse – mais il ne nous a jamais habitués à en faire preuve – il s’adresse aux Juifs de France et d’Europe et les invite à s’installer en Israël où ils trouveront un abri. Remarquez, il ne ment pas : des abris, les nouveaux immigrants en trouveront par centaines, par milliers, partout dans le pays, en bas de chaque immeuble, et ils ne tarderont pas à y courir et à y recourir, chaque fois qu’il prendra envie au Hamas ou au Hezbollah de balancer quelques roquettes sur le pays. En fait, si on y réfléchit, Israël est certainement l’un des pays où un Juif est le plus susceptible de se faire trucider en tant que Juif. Il y meurt chaque année beaucoup plus de Juifs qu’en Europe à cause de leur origine. Qu’ils y meurent une arme à la main ne constitue qu’une faible différence.

Netanyahou ferait mieux de prendre la parole pour convaincre le million de ses concitoyens partis s’installer en Europe et ailleurs dans le monde de revenir dans leur mère-patrie. Bien sûr, tous ces “yordim”, comme on les appelle en Israël, n’avouent jamais avoir quitté leur pays. Ils ne font que séjourner provisoirement à l’étranger – un provisoire qui s’éternise.

Il me semble qu’il y a de meilleures raisons pour inciter les Juifs à immigrer en Israël. Par exemple leur foi ou leur envie de vivre au sein de leur peuple. Il me semble aussi que Netanyahou ferait preuve de décence en évitant de faire la promotion de son pays chaque fois qu’il y a une attaque antisémite ailleurs dans le monde. Mais c’est sans doute beaucoup lui demander. Il a en fait la mentalité de ces marchands de cercueils qui font passer une publicité dans leur quotidien le lendemain d’une tuerie ou d’une catastrophe.

Le Carlton des délices

Le Carlton des délices

entre tes jambesIl y a quelque chose qui me dérange dans cette affaire du Carlton de Lille. Certes, il n’est pas question d’applaudir des hommes qui profitent de leur situation sociale et de leur fortune pour s’offrir du bon temps en faisant appel à des personnes que le manque de l’une et de l’autre rend particulièrement sensibles à toute offre rémunérée. Mais bon, la prostitution existe dans ce monde, il paraît même qu’elle en est le plus vieux métier. Autant que je sache, les participantes des soirées chaudes du Carlton n’étaient pas mineures et ne semblent pas avoir été contraintes – sauf, bien sûr, par leurs besoins financiers. Mais apparemment, elles en avaient l’habitude, elles n’en étaient pas à leur coup d’essai. Il s’agissait de professionnelles. Jusque là, où est le crime ?

Il semble que les séances du Carlton aient été relativement rudes. On parle de coups, de gifles, de fessées, de coups de fouet, de torture légère. Là encore, si les participantes étaient d’accord – et il paraît qu’elles l’étaient – là encore, où est le crime ? Une bonne séance SM ne fait de mal à personne, si j’ose dire – et si elle en fait, c’est justement le but recherché. Que des hommes mûrs ou plus que mûrs aient envie de réaliser leurs fantasmes, qu’ils en aient les moyens et qu’ils trouvent des partenaires volontaires, tant mieux pour eux, nous vivons dans une économie de marché, ce n’est pas un crime.

En fait, rien de ce que DSK et ses amis aient pu faire ne me choque vraiment. Remarquez, ça ne m’emballe pas non plus, mais on s’en fiche. Ce qui me dérange davantage, c’est l’ambiance “chasse au vice”, “traquons les pervers”, “clouons au pilori tous ces dépravés”. On se croirait revenu au temps de “La lettre écarlate”. Il y a dans le ton de certains médias cet accent métallique des procureurs républicains américains, toujours prompts à pourchasser le vice, surtout s’il est pratiqué par quelqu’un du camp adverse. En clair, qu’est-ce que DSK a fait de mal ? Il a violé des femmes ? Il a baisé avec des mineures ? Il a donné des coups à des partenaires qui n’étaient pas d’accord ? Non, non, non. Il a obtenu ce qu’il voulait et, en échange, ou en remerciement, quelqu’un a donné à ces filles l’argent qu’elles étaient venues chercher. Celles qui sanglotent aujourd’hui au tribunal font juste leurs intéressantes, elles ont eu ce qu’elles voulaient, ce qu’elles étaient prêtes à vendre.

Est-ce que, pour autant, tout cela est admirable, respectable ? Non. Mais c’est le maximum de ce que vous m’arracherez comme condamnation. Personnellement, j’ai eu recours à des garçons qui se vendaient (fort peu cher en comparaison de ce qu’ils offraient) et j’ai toujours très volontiers participé à des partouzes ou des séances SM, chaque fois qu’on avait la gentillesse de m’inviter. Je me vois mal en avoir honte et demander pardon !

Réformons les Français !

Réformons les Français !

hopliteLes Français sont favorables aux réformes d’envergure. Tous les Français. Tous les Français, sauf les artisans, les dentistes, les architectes, les gérants d’auto-école, les médecins, les huissiers, les notaires, les avocats, les comptables (les expert-comptables aussi), les sages-femmes, les vétérinaires, les pharmaciens, les….

“De toutes nos forces”

“De toutes nos forces”

coup d'oeilVu sur Canal “De toutes nos forces”, un film avec Jacques Gamblin et Alexandra Lamy. L’histoire d’un jeune garçon handicapé moteur et probablement un peu mental aussi. Le père, déçu de n’avoir pas eu le fils de ses rêves, s’est un peu éloigné, la mère est surprotectrice. Le fils se met dans la tête de participer avec son père à l’Ironman de Nice, triathlon particulièrement difficile. Parce que son père autrefois a été un assez bon sportif. Bien sûr, on devine tout de suite ce qui va se passer. Les clichés s’enchaînent, il n’en manque pas un. D’abord le père renâcle, la mère encourage, mais quand le père finit par accepter, la mère s’inquiète. Surtout quand ils se plantent dans un virage en vélo. L’entraînement est âpre. Cent fois ils ont une bonne raison d’abandonner, mais évidemment ils n’abandonnent pas. La course fait des difficultés à les enregistrer, puis accepte. Autour d’eux, chacun se montre le plus gluant et sirupeux possible. Les bons sentiments dégoulinent comme la sueur sur le visage de nos deux héros.  Le grand jour arrive. Et là aussi, les clichés se relayent comme dans une course d’équipe. Il n’en manque pas un seul. On a droit à tout, et là il faut bien le reconnaître, le réalisateur ne mégote pas, il nous les refile bruts de fonderie. Pas le genre à tourner autour du pot ou à chercher à nous surprendre. Une fois encore, ils ont cent raisons d’abandonner, mais n’abandonnent pas.

A la fin, j’avoue avoir été déçu qu’ils ne remportent pas la course, ça aurait été vraiment formidable, mais bon, probablement pas très crédible. Déjà que l’histoire ne l’est guère, même si elle s’est certainement déroulée quelque part. Bref, le film a tout pour décevoir, mais il fonctionne quand même. On est ému quand le père et le fils franchissent la ligne d’arrivée – encore que là, Gamblin, jusque là impeccable, semble avoir un peu de mal à jouer l’extase jubilatoire. On dira que c’est la fatigue. Ou une brusque prise de conscience que le film est un véritable nanar. Mais il aurait tort de s’inquiéter. Au bout du compte, on marche. Même moi, méchant, caustique et cynique comme je suis. J’y suis allé de ma larme. J’avais eu beau me promettre… mais comment y échapper ? Il y a des clichés plus vrais que la plus réelle réalité. Lazareff disait : quand la légende est plus belle que la réalité, on imprime la légende. 

La mort sans peine

La mort sans peine

Gorgeous Muscle HunkCharles, un lecteur, me reproche de m’apitoyer sur le sort de Juifs rescapés de la Shoah et assassinés par leurs compatriotes polonais au retour des camps, sous prétexte qu’ils venaient récupérer les maisons ou ateliers que ceux-ci s’étaient appropriés en leur absence. Il m’indique qu’il y a, plus près de nous, des victimes tout aussi pitoyables, par exemple le jeune pilote jordanien brûlé vif par l’Etat Islamique. Ou encore les otages que ces fanatiques ont décapités. Ou les enfants que, dit-on, ils ont ensevelis vivants. On finit par ne plus savoir ce qui est vrai. Il y a, dans la violence de Daech, une surenchère qui laisse interdit. Comment peut-on se réclamer d’un Prophète et de son Dieu, et se comporter avec une telle inhumanité ? J’imagine que lorsqu’ils décapitent un otage, cela ne se fait pas d’un seul coup d’épée, bien net et bien tranchant. Ce doit être une véritable boucherie. Quand les amis de Cinq-Mars ont enlevé le bourreau pour éviter que le jeune homme ne soit exécuté, les juges ont fait appel à un volontaire à qui il a fallu trente coups de hache pour terminer le travail.

Le problème que me pose Al Bagdadi et ses acolytes, c’est que, lorsque je pense à eux, lorsque je pense à ce qu’il faudrait leur faire si on les prenait vivants, lorsque brusquement, dans mon imagination, d’immondes tortures rivalisent pour emporter mon choix final, je me sens devenir aussi immonde, et même encore plus immonde que ces fanatiques assassins. Je ne suis pas de ceux que la vengeance dérange. Personnellement, je suis assez partisan de la peine de mort donnée par un parent de la victime, discrètement, genre bavure. J’ai beau me dire que c’est indigne, que cela me ravale au niveau du meurtrier, mais je ne parviens pas à me satisfaire d’une peine de prison, même longue, même incompressible. A dire vrai, ça me gonfle de penser que de tels salopards – par exemple un type qui a tué un enfant en le torturant – vont vivre pendant des années à nos crochets et tenter de s’arranger d’une vie derrière les barreaux qui vaut quand même sans doute mieux pour eux, au final, que la mort. Sincèrement, il y a dans cette forme de justice raisonnable et humaine quelque chose qui me débecte et me laisse sur ma faim. Alors je vous prie de croire qu’en ce qui concerne Al Bagdadi, il y a peu de châtiments immondes qui me paraissent excessifs. J’y songe pendant une minute ou deux. Puis je cesse, en constatant que je ressemble plus au bourreau qu’à la victime. Alors je préfère penser à autre chose. Par exemple, à une horreur sur laquelle un peu de temps a passé, rendant les coupables hors d’atteinte. Pour ce qui concerne Al Bagdadi, ses acolytes et les salopards français qui vont les rejoindre, je me fais déjà une raison : leur mort sera infiniment plus douce que celle qu’ils ont donnée depuis des années à des centaines ou des milliers d’innocents. Et ça me donne envie de gerber. Alors autant ne pas y penser.