January 6, 2009

Une idée par jour, une connerie par semaine !

J'ai envie de proposer ce slogan aux responsables de la communication de notre petit président de la République. Je trouve que ça conviendrait assez bien, vous ne trouvez pas ? Comme il ne fait, finalement, pas grand chose, il lance constamment des idées, espérant que la dernière fera oublier la précédente. Hier, il a suggéré de supprimer les juges d'instruction. Oui, pourquoi pas ? Il ferait mieux de s'occuper des hôpitaux, tiens ! On n'a même plus le temps de mourir à l'intérieur d'une maladie nosocomiale (j'adore ce mot !), on ne vous laisse tout simplement pas entrer…

Mais en fait, ce n'est pas pour vous parler de Sarko - qui se donne un mal de chien pour doubler Obama avant qu'il ne s'installe et le premier ministre tchèque avant qu'il prenne vraiment ses fonctions de chef de l'Europe - que j'ai écrit ce post. C'est juste pour vous montrer ce mec. Voilà exactement le genre de mec qui me rend dingue. Pas vraiment beau, mais avec une gueule un peu surprenante (ce long nez, cette bouche trop large…), et là-dessous un corps qui confine au sublime. Quel ventre, mes amis, quel ventre ! Ce n'est pas pour rien que je me suis inspiré de lui pour le personnage de Kalos dans le troisième tome de Dolko !

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January 5, 2009

Les fausses bonnes idées de Nicolas

Pour punir les racailles qui brûlent des voitures, Niko a décidé qu'ils n'auraient pas le droit de passer leur permis s'ils sont mineurs au moment des faits. C'est le genre d'idée dont on se dit sur le coup, sans réfléchir : ah oui, c'est pas con ! Comme ces débiles sont accros à la caisse, les empêcher d'avoir leur permis, donc une bagnole, c'est une super bonne idée !

Sans doute, sauf que lorsqu'on a assez de couilles pour brûler une bagnole, il vous en reste suffisamment pour conduire sans permis. D'ailleurs, je suis persuadé que tous ces mecs conduisent déjà. Sans permis. Et sans assurance.

Alors si un de ces jours, vous vous faites emplafonner par l'un de ces types, une bonne idée : mettez le feu à votre voiture, ça facilitera le remboursement. Et si vous n'avez pas le cran, demandez-lui de le faire à votre place, vous n'aurez pas besoin de le prier longtemps !

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January 4, 2009

Christine Albanel, sinistrée de la culture

J'ai suivi hier soir, sur LCI, le "Grand Jury RTL" qui recevait la ministre de la culture à propos de la suppression de la pub sur les chaînes publiques. Je ne déteste pas cette femme, qui me semble intelligente et bien élevée. Elle a une voix très BCBG un peu crispante, mi-Télérama mi-Arte, on sent qu'elle serait plus à son aise au cocktail d'inauguration d'une expo sur la brosse à dents à travers les âges. Mais on la devine sensible et cultivée. Apparemment, hier soir, elle aurait préféré être ailleurs. On sent bien que cette réforme, voulue par le Nain afin de dédommager ses amis de TF1, M6 et Canal Plus, ne lui plaît guère. Sa description des futurs programmes des chaînes publiques donnait vachement envie d'aller s'inscrire dans une bibliothèque et de donner sa télé à Emmaüs. On aurait dit une caricature des programmes actuels d'Arte. Quand les journalistes lui ont demandé de décrire une soirée nouvelle manière sur France 2 et France 3, on avait déjà envie de zapper. Pourtant, la malheureuse s'est accrochée, elle a proclamé sa conviction que la télévision peut faire de la culture avec brio et succès, comme si la petite culotte de Britney Spears pouvait rivaliser avec un tome de la Recherche !

Sur la question de la nomination du PDG par le Président de la république en personne, on la sentait plus à l'aise, car ce débat est artificiel. Jamais la télévision publique n'a été vraiment libre de nommer son PDG. Quand elle a cru pouvoir le faire, elle l'a payé cher, et rapidement. On n'est plus à l'époque de Peyrefitte. Le Nain sait très bien que la télé publique n'est pas un obstacle au culte de sa personne et de son oeuvre. Il n'y a aucune politique de reprise en main d'une télé rebelle et indépendante, juste un petit cadeau, comme le paquet fiscal. Le Nain a bien des défauts, mais ce n'est pas un ingrat.

Je n'ai toujours pas entendu un véritable débat sur les raisons de la suppression de la pub. J'imagine qu'il a eu lieu, mais que je l'ai manqué. J'en suis donc toujours réduit à penser que l'argument principal, c'est que la pub c'est caca, et il faut donc en préserver une télé publique destinée à édifier et à élever nos âmes. En tant que publicitaire, j'apprécie cet argument original et révolutionnaire. Ceux qui trouvent que la pub est la raison principale de la décadence de notre civilisation libérale sont comme Napoléon III, qui avait interdit les jeux de casino à 100 kms autour de Paris pour empêcher les ouvriers d'aller jouer leur maigre salaire.

Rien ne va plus !

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January 3, 2009

Peut-on détester Michel Drücker ?

Hier, j'ai regardé un reportage sur Michel Drücker. Comme c'est toujours le cas quand la télé parle de l'un des siens, le témoignage vire à l'hagiographie. On nous présente un saint laïque que l'on devine capable de guérir la pierre et les écrouelles par simple imposition des mains.

Il m'est arrivé de regarder de temps à autre, en zappant, la dernière émission de MD, "Vivement Dimanche". J'ai souvent pensé : Vivement demain, qu'on ait oublié ce truc-là ! Car c'est une émission qui couvre de sucre et de sirop n'importe qui. Heureusement, MD n'invite pas n'importe qui, mais on peut imaginer ce que ça donnerait avec Adolf Hitler : "Dites-donc, Adolf, cette semaine, j'ai rencontré quelqu'un qui m'a parlé de vous avec passion… Elle vous aime, votre maman, hein ?" Non, MD est un type bien, capable de départager le bien du mal. Mais quand même, au bout d'un moment, dans ses émissions, tout le monde se ressemble. On a l'impression d'avoir les élites les plus formidables du monde : des femmes de président super sympas, des patrons avec une conscience sociale qui ferait rougir de honte Rosa Luxembourg, des milliardaires qui ne pensent jamais à l'argent mais toujours à l'art, des chanteurs qui en ont bavé avant d'en arriver là, des acteurs qui se mettent constamment en danger pour nous séduire, des Ch'tis que le monde entier nous envie… Et puis surtout, des célébrités dont la famille n'en revient toujours pas d'avoir donné le jour, en son sein, à une telle merveille… La tête de la mère de Kad Mérad l'autre jour…

Parfois, je me demande de quoi j'aurais l'air si je passais chez Drücker. Je crois qu'à la fin de l'émission, même moi, je m'aimerais. Je me trouverais super sympa, avec un humour parfois un peu vache, mais en fait juste une couverture pour dissimuler l'incroyable amour que je porte à l'humanité… Parfois, je me demande si je n'écris pas pour cela, justement : devenir aussi célèbre que Marc Lévy et passer enfin chez Drücker. Bon, il ne pourrait pas me dire que ma mère m'aime vachement, vu qu'elle est morte, mais il se rattrapperait avec mes amis. "Vous savez, Jean-Paul, j'ai rencontré une certaine Marie cette semaine… Elle vous aime, hein, votre amie Marie ?" Evidemment, le clou de l'émission, ce serait quand Damien Crosse, qui personnifie Dolko sur les couvertures, viendrait nous montrer sa bite pour nous expliquer comment il est devenu acteur porno… Je crois que j'aimerai bien ce moment-là… Alors, oui, vivement ce dimanche-là !

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Farah-mineuse !

Vous ne connaissez pas Farah Caillé et c'est bien dommage pour vous. Le personnage, s'il ne mérite pas le détour, vaut quand même bien une petite halte. Je crois qu'elle est d'origine zarab. Elle a épousé le cadet d'une des plus riches familles de la Réunion. Elle est rédactrice en chef d'un magazine télé avec tendance people. Elle publie chaque semaine une chronique, "Le carnet de Farah", une espèce d'Oeil de Vogue local. Elle est prétentieuse, dédaigneuse, arriviste, physiquement et intellectuellement artificielle. Elle a plein de défauts et je n'ai jamais rencontré quelqu'un, à la Réunion, qui l'apprécie vraiment. Moi non plus, je ne l'estime guère, mais en même temps, je ne peux me défaire d'une certaine admiration. Cette fille a une ambition terrible et elle sait tout mettre au service de ce désir de réussite. Elle tente de projeter d'elle-même l'image d'une très belle femme dotée d'une intelligence aiguë. Rien de tout cela n'est vrai, mais ce n'est pas tout à fait faux non plus. Elle est moins caricaturale qu'elle ne paraît - enfin, j'imagine, parce que je ne l'ai jamais rencontrée. Je ne sais pas si j'aimerais le faire. Peut-être. La province a parfois de ces personnages qui mériteraient un petit coup de projecteur. Je suis sûr que Farah adorerait.

Bordeaux éliminé par Saint-Etienne, Nadal battu par Murray… J'ai connu des week-ends sportifs plus réussis. Mais bon, le tournoi d'Abou Dhabi ne compte pas et le foot, au fond, je m'en fous. Alors…

Ce matin, sur Canal, j'ai vu un film étrange, "Darling", avec Marina Foïs, excellente, comme toujours. Pas vraiment le genre de film qu'on a envie de voir le dimanche matin, même s'il est intéressant : une histoire d'enfant battue par son père, maltraitée par les hommes, malmenée par la vie. Avec deux ou trois touches d'humour cinglant (le frère en baby-foot par exemple…) Je me demande qui fait la programmation chez Canal…

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January 2, 2009

Nadal 09

Hier, je suis tombé par hasard sur un match Nadal-Davydenko lors d'un tournoi-démonstration à Abu Dhabi. Bon, ça ne compte pas pour le classement ATP, mais ça m'aurait fait mal que Nadalito perde d'entrée d'année contre une de ses bêtes noires. Rassurez-vous, il a gagné, et facilement, et joliment. L'année commence bien pour Nadal et moi, question tennis. Il faudra que je profite de l'année pour tenter d'élucider la raison véritable de ma passion pour ce joueur. N'en déplaise à certains grincheux qui ne semblent pas comprendre davantage le tennis que la sensualité, ce ne sont ni son biceps gauche, ni son remarquable fessier qui m'exaltent chez lui. Il y a bien sûr le syndrome Joselito, mais il n'explique pas tout. Si un jour je sais, je vous le dirai. Il est possible que ça ne vous interpelle pas, mais moi, si.

Le même jour, Rachida Dati accouche d'une petite Zohra et l'auteur de "J'attends un enfant" décède. Il n'y a aucun lien, c'est juste un de ces télescopages dont l'actualité est parfois friande. Ce qui est sûr, c'est que je n'aime pas cette femme. Je plains son môme. Heureusement, c'est une fille. Pas la peine de l'émasculer, c'est déjà fait. J'imagine que sa mère doit s'exciter comme une folle à l'idée de l'habiller chez Bonpoint.

J'ai sans doute tort, mais je n'arrive pas à condamner Israël pour la violence de sa répression contre le Hamas. Il est évident que les deux ne peuvent pas continuer à vivre côte à côte. Me reprochera-t-on de choisir Israël ? Si Israël disparait, il n'y a plus d'Israël. Si le Hamas disparaît, il reste les Palestiniens. Ceux qui savent que leur avenir passe par la cohabitation, qu'elle leur plaise ou non. Bien sûr, il faudra qu'ensuite Israël songe à se débarrasser de son propre Hamas, les ultra-orthodoxes pousse-au-crime. On n'est pas couchés…

Je pars tout à l'heure en rando pour deux jours dans Mafate. Je reviens dimanche soir. Pendant mon absence, soyez sages !

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January 1, 2009

Et c'est reparti pour 365 jours !

Après la panade du réveillon, j'ai passé un Premier Janvier tout à fait agréable, chez des amis de Saint-Leu, à manger, à boire, à jouer à la pétanque ou à la belote.

J'ai eu un coup de fil des amis chez qui j'ai si mal terminé 2008, il semble qu'ils ne m'en veuillent pas de mon esclandre, je crois qu'ils sont conscients de la connerie de leur invité. En fait, je l'avais déjà rencontré il y a quelques mois en métropole et J.E. m'a rappelé qu'il avait eu l'intuition que je ne le kiffais pas vraiment. Il ne s'était pas trompé. Je leur souhaite bien du plaisir, il est encore là pour dix jours, avec sa connerie en pavillon et ses blagues à deux balles. Bon courage, les amis !

J'ai reçu un mail très encourageant d'un libraire québécois qui m'apprend que Dolko est très populaire auprès du public canadien. Nul n'est prophète en son pays, on le sait tous depuis Hervé Vilar, grande star française au Japon.

Il y a eu neuf ans hier que je me suis installé à la Réunion. Ce n'est probablement pas, sur bien des points, la meilleure décision que j'ai prise de ma vie, mais tout bien pesé, elle n'est pas si nulle que ça. J'aurais sans doute fait plus de choses en restant à Paris, j'aurais eu moins de problèmes de fric, j'aurais davantage voyagé, j'aurais rencontré plus  de mecs, je serais près de mes amis… Quand on y songe, on se dit que ça fait une sacrée différence, et pourtant, je ne trouve pas. Je me demande si ce n'est pas une façon de me défendre contre les conséquences d'un choix désastreux, mais je ne crois pas.

BONNE ANNEE à tous ceux qui le liront !

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December 31, 2008

Une année qui commence mal !

Hier soir, je devais dîner chez un couple d'amis que j'aime beaucoup. Malheureusement, il y avait chez eux, je le savais, un garçon que j'avais rencontré la veille et que j'avais tout de suite détesté, dans une espèce de coup de foudre à l'envers. Je trouve exaspérant les mecs qui parlent constamment d'eux - et de vous aussi, d'ailleurs - au féminin. Bon, je ne pense pas être bégueule et je veux bien admettre, une fois de temps en temps, que je suis une "méchante fille" ou une "grosse cochonne". Mais du féminin en permanence, non merci. Ajoutez à cela un sens de l'humour pour le moins discutable (en plus, amateur d'histoires prétendues drôles !) et le pire genre de connerie : bavarde, tonitruante, omniprésente.

Le clash était inévitable. J'aurais pu l'éviter en mettant de l'eau dans mon vin, en faisant semblant de ne pas l'entendre, en me mordant la langue chaque fois que j'avais envie de l'ouvrir, mais c'était tout bonnement impossible. D'abord, parce que je suis quelqu'un d'intolérant et d'intransigeant, qui parle trop, et souvent de manière excessive. Ensuite, parce que je suis incapable de faire semblant de ne pas détester quelqu'un. Enfin, pour que le calme demeure, il aurait fallu que tout le monde se taise. Là, ce n'était pas le cas.

Le sujet de la dispute importe peu. La scène a explosé, le crétin m'a agressé, m'accusant de le chercher en permanence (ce qui était faux : pas la peine de le chercher, je le trouvais constamment à n'importe quel détour de la conversation). Comme il était invité chez mes amis et dormait chez eux, c'était à moi de partir. Je suis donc parti. Navré de bousiller l'ambiance à trois-quarts d'heure de minuit, mais c'était de toute façon trop tard. Et surtout désolé de devoir renoncer à voir mes copains pratiquement chaque jour à la plage, comme nous le faisons d'habitude quand ils sont à la Réunion.

Bon, j'espère que mes amis ne m'en voudront pas trop, mais franchement, pour une fois, je ne me sens que modérément responsable.

A part ça, je suis rentré à Saint-Leu rejoindre d'autres amis sur la plage, où l'ambiance était plutôt sympa. Mais à minuit tapante, j'étais encore dans ma voiture.

Voilà, une nouvelle année commence (plutôt mal, non ?) et ça fait exactement 9 ans aujourd'hui que je me suis installé à la Réunion.

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December 30, 2008

La petite pochette à la main

Je vois souvent une pub en ce moment sur les chaînes du cable. Il s'agit d'une mise en garde pour que les parents surveillent les connections internet de leurs enfants. On y voit débarquer dans une maison bourgeoise toute une série de personnages inquiétants, qu'une mère inconsciente accueille avec chaleur : des skinheads, des néo-nazis, des putes, des adeptes du SM, une espèce de Terminator, qui tous demandent après un certain Arthur, qui est en haut dans sa chambre, leur apprend la mère avec une effarante bonne volonté. A la fin surgit un type avec une face aussi gluante et ruisselante que celle de Von H. Il demande, en désignant une petite fille : "C'est la ravissante petite Anna ?… Tu en as un joli lapin ! Viens avec moi, je vais t'en montrer un vrai…" Et il s'éloigne, la petite fille dans une main, une petite pochette en cuir dans l'autre.

C'est ce détail que je trouve génial et qui, à mon sens, donne à la scène toute sa violence : cette petite pochette de cuir. On ignore ce qu'elle contient, mais on devine que ça a un lien avec ce qu'il entend faire avec la petite fille. On en tremble, on en frissonne. Je trouve que ce détail fait tout, comme le bandeau sur l'oeil du personnage des chemises Hathaway - seuls les publicitaires quinquagénaires savent de quoi je parle.

Un détail peut donner un prolongement inoui, une profondeur troublante à une photo, un film, une histoire. Tenez, prenez le ballon de rugby  : ferait-on attention au garçon qui le tient s'il avait les mains vides ? Pas sûr. Quoique… Si, quand même, on le remarquerait, ne serait-ce qu'à cause de ce caleçon à carreaux qui dépasse du short. En voilà, un autre détail !

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December 29, 2008

Le retour de Mister D

J'ai reçu hier un mail de Mister D. Vous savez, ce jeune Suisse (en fait, pas si jeune que cela, mais on ne lui aurait pas donné plus de trente ans), très mignon et super bien foutu, que j'avais rencontré dans une gaie guest house de Capetown. Je désespérais d'avoir de mes nouvelles, mais finalement, hier, j'en ai reçues. Je ne devrais pas être surpris : le Suisse est lent, dit-on. Bon, à part ça, Mister D va bien et il m'avoue suivre fidèlement tous mes conseils, notamment le plus important, qui est de ne pas les suivre. Il m'affirme qu'un joli sourire est toujours ce qui déclenche son désir, mais je suis convaincu qu'un de ces jours, un joli biceps, de belles fesses ou un paquet prometteur le bouleverseront tout autant.

Je reviens à l'instant de l'hôpital de Saint-Pierre où j'ai passé un Bili-IRM. Pénible expérience pour qui est claustrophobe. A deux reprises, j'ai cru que j'allais appuyer sur la sonnette de secours tant j'avais l'impression d'étouffer. J'essayais de me concentrer sur des images positives (rien de sensuel, il n'y avait même pas la place pour bander !), mais tout ce que je voyais, c'était Kill Bill 2, quand Uma Thurman est enterrée vivante, pour moi le comble de l'horreur. Enfin bon, j'ai survécu, et sans me couvrir de ridicule. A la réception, l'infirmière s'est étonnée que je sois célibataire. "Mais comment ça se fait ?" m'a-t-elle demandé à deux reprises, sans doute sidérée qu'un aussi beau quinquagénaire n'ait pas trouvé l'âme soeur. Je lui ai demandé si elle voulait vraiment savoir pourquoi, elle a dit oui, j'ai répondu - et elle est devenue moins prolixe.

Hier soir, j'ai vu un film à la gloire d'un acteur français, choisi pour interpréter Mermoz, qui a été déporté pour cause d'homosexualité. C'est génial, la France : on finit par admettre qu'il a existé une déportation des homosexuels - même si elle ne saurait être comparée à celle des Tziganes et des Juifs, encore que, comme disait un écrivain juif, là, c'est l'intention qui compte plus que le résultat - juste une poignée d'années avant que tout le monde ait oublié qu'il y a eu une deuxième guerre mondiale. Je me souviens qu'il y a quelques années, des représentants de la communauté juive et des anciens combattants avaient refusé de participer à une cérémonie commémorative aux côtés d'un représentant des homosexuels : ultime victoire du nazisme. A croire que les camps, c'était comme les avions : on va tous au même endroit, mais pas dans les mêmes conditions. Navrant.

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