Fourbe comme un Zemmour

Fourbe comme un Zemmour

beaux pecsDans son interview au Corriere della Sera, Zemmour a eu recours à une comparaison que le reste de ses déclarations a plus ou moins laissée dans l’ombre, mais que j’ai trouvé suprêmement sournoise. Evoquant la possibilité de déportation des musulmans, il a eu cette référence: “Qui, en 1940, aurait pu imaginer que, vingt ans plus tard, les Français d’Algérie seraient obligés de quitter l’Afrique du nord ?” (Je ne garantis pas le verbatim, mais l’esprit est là) Vu le démarrage de la phrase, on aurait pu s’attendre à cette suite : “… aurait pu s’imaginer que dès l’année suivante des millions de Juifs seraient déportés de toute l’Europe dans des camps d’extermination?” Ce qui aurait paru logique, car peu de gens à cette époque pouvaient imaginer que la déportation des Juifs irait jusqu’à l’extermination. Mais non, avec son esprit retors, Zemmour choisit un autre événement historique, qui est à l’origine de l’islamophobie de nombreux Français, événement qui était, en 1940, très loin de la préoccupation des Français. Ce qui est bien une preuve supplémentaire – et non indispensable – de la fourberie du personnage.

RIP Benoit

RIP Benoit

nu sur sa chaiseJ’ai appris hier la mort d’un copain, Benoit. Il était directeur artistique et, à la fin des années 70, nous avons travaillé dans la même agence de pub. Nos bureaux étaient mitoyens. Il bossait avec une rédactrice, Isabelle, genre lesbienne dure mais sexy. On se marrait beaucoup ensemble. On sniffait du poppers dans les couloirs de l’agence et le matin, elle et moi, on se racontait nos histoires de cul de la nuit. Elle n’était pas du genre conjugale. Elle et Benoit s’entendaient très bien, c’était un bon team, ils ont fait quelques bonnes campagnes dans cette agence, notamment pour la RATP.

En mai dernier, Benoit et moi nous sommes retrouvés sur Facebook. Il m’a confirmé ce que j’avais entendu dire, à savoir qu’Isabelle s’était suicidée début des années 2000. Je ne sais pas pourquoi. Je ne la voyais pas finir ainsi. Une amie vient de me préciser qu’elle s’était pendue à l’aide de sa ceinture dans le jardin de la maison qu’elle venait d’acheter. 

La mort de Benoit m’a pris par surprise. Récemment, il avait mis une photo de lui sur FB qui était assez stressante, mais j’ai pensé que c’était un truquage. Apparemment pas. Il est mort d’un cancer foudroyant.

Je me rends compte que je fais désormais partie de ce groupe de gens qui disparaissent les uns après les autres. Sans Facebook, j’aurais ignoré la mort récente de pas mal de gens que j’ai fréquentés dans les années 70/80. J’imagine que lorsque mon tour viendra, c’est par ce biais que mes amis de métropole apprendront mon décès. C’est toujours une consolation.

Sieg Heil !

Sieg Heil !

rien à balancerJamais, depuis le nazisme, une idéologie n’a autant attiré les déchets de l’humanité que l’islamisme radical. 

Je ferai remarquer en passant que, alors que la prise d’otages de Sydney bénéficiait d’un traitement de quinze minutes dans chaque journal télévisé pendant deux jours, le massacre de l’école de Peshawar n’a eu droit qu’à cinq minutes le premier jour. La théorie du mort/kilomètre continue d’être la règle, comme du temps où j’étais stagiaire à France-Soir (avec Martine Delors).

Au secours !

blond en débardeurJ’ai assisté, au hasard d’un zapping, à une discussion entre Natacha Polony et Aymeric Caron dans l’émission de Ruquier. La Passionnaria du libéralisme contre l’Ayatollah de la courgette. Quelle navrance ! On en est rendu là, aujourd’hui. Il ne manquait plus que Zemmour. Voilà le niveau de la controverse politique en France : qui a envie d’être d’accord l’un de ceux-là ? Je n’ai même pas besoin de les entendre prononcer un seul mot pour ne pas être d’accord. Pourtant, c’est évident, ils ne disent pas que des conneries. Mais ces gens n’exercent aucun attrait intellectuel. Aucune fascination. Et c’est, plus largement, le problème de notre société française aujourd’hui. L’ère des grands intellectuels est tarie. Il ne reste plus que des polémistes à deux balles et des philosophes marrons, comme BHL ou Finkelkraut. Il y a longtemps que les plus brillants intellectuels français sont allés polémiquer ailleurs. L’époque est révolue où Sartre n’était pas d’accord avec Camus, ou Aron et Althusser discutaient à coups d’éditoriaux. Désormais, ce sont des journalistes quasi inconnus qui s’expriment sur les écrans. Il n’y a jamais eu autant de débats à la télévision, mais la plupart du temps, chacun attend qu’ils soient violents, agressifs, insultants. Les seuls qui soient intéressants à suivre sont entre des gens qui ne sont pas connus du grand public mais qui, eux, savent de quoi ils parlent. Seulement, comme ils ne manient ni l’insulte ni l’anathème, le grand public ne les écoute pas. Normal, on n’a que les débats qu’on mérite. Zemmour et BHL ont encore de beaux jours devant eux. L’expression télévisuelle est un travestissement de la pensée.

Le FN enfin fréquentable !

Le FN enfin fréquentable !

séduction virileLe Rassemblement Bleu Marine est en train de devenir le Rassemblement Rose Layette. Après Florian Philippot, outé par un des magazines politiques les plus sérieux de l’Hexagone, c’est au tour d’un certain Sébastien Chenut, fondateur de GayLib (les gays libéraux, autrement dit de droite) de rejoindre la blonde Présidente du FN. Ajoutez à ces deux-là Steve Briois, plus quelques autres, et bientôt les réunions du FN finiront par une virée rue des Archives.  On ne manquera pas de les y rejoindre – enfin, s’ils s’appliquent à faire adhérer des mecs un peu plus sexy que Steve, Florian ou Sébastien. 

Pour en finir avec la torture

Pour en finir avec la torture

hiératique noirJe voudrais juste ajouter ceci à mon post d’hier : dans la grande majorité des cas, je ne crois guère à l’utilité de la torture (en dehors de la distraction qu’elle apporte aux tortionnaires). Il faudrait être convaincu de deux choses avant de torturer quelqu’un : primo, qu’il ait quelque chose à dire, deuxio, qu’il le dise franchement à la première ou à la deuxième sollicitation. Or une récente étude d’Amnesty International prouve que, sous la torture, beaucoup de terroristes mentent. Ce qui n’est guère surprenant : pour devenir terroriste, il faut avoir un esprit tordu, porté sur l’insincérité et la malhonnêteté morale. Il n’en reste pas moins que, dans certains cas, la torture peut se révéler utile. Y recourir dans ces cas-là est une question d’éthique personnelle. Je ne condamne pas ceux qui préfèrent y renoncer. Mais j’espère que ces grandes âmes sont suffisamment fortes, au cas où un nouvel attentat meurtrier serait commis, pour tolérer d’en être en partie responsables. Personnellement, ce ne serait pas le choix que je ferais. Mais regardons la réalité en face : il y a peu de chances que je me trouve un jour en situation de torturer quelqu’un pour de vrai. Les quelques fois où cela m’est arrivé, la victime était consentante et a chaque fois répondu positivement à la question: “Tu aimes, ça, hein, salope ?” J’avoue que j’aurais préféré un peu plus de réticence et de mauvaise volonté, mais bon, le tortionnaire n’est pas le vrai maître du jeu.

Une question qui me torture

Une question qui me torture

sexy hotMarine Le Pen laisse entrevoir la possibilité dans certains cas de recourir à la torture, et aussitôt le ban et l’arrière-ban de la classe politique crie haro sur le baudet. Bon, d’une certaine manière, je comprends. On a toujours envie de lui tomber sur le râble. Et ce sujet en vaut un autre. Le recours à la torture est indéfendable. D’accord, mais l’est-il tout le temps, dans tous les cas ? Admettons que l’on tienne un prisonnier dont on sait qu’il a préparé un attentat qui risque de causer des pertes en vies humaines. On en est sûr. Mais le temps presse et l’on ignore où le malfaisant a prévu de faire son coup. Que fait-on ? On le lui demande gentiment, plusieurs fois, quitte à insister lourdement ? Que fait-on s’il persiste à se taire ? Le mec est là, devant vous, avec la réponse dans un coin de sa tête. Un peu comme un coffre-fort dont on n’a pas la clef. On se dit qu’avec un coup de fer à souder, on pourrait se passer de la clef. Que fait-on ? On décrète que l’on n’a pas le droit d’utiliser la violence pour ouvrir le coffre et découvrir la réponse à l’angoissante question ? Moi, le choix ne me paraît pas simple. J’aurais plutôt tendance à dire : ben écoutez, les gars, si vous êtes sûrs de votre information, allez-y, je regarde ailleurs. Mais bon, juste pour cette fois, hein ? 

Alors bon, je sais, on n’est jamais sûr que le coffre-fort contienne la réponse à l’énigme. Jamais à 100%. Si on défonce la porte pour ne rien découvrir à l’intérieur, on risque d’avoir l’air d’un con. Au minimum. Mais si on découvre le lieu et l’heure ? Si on parvient à désamorcer la bombe ? On est toujours un salaud, une ordure ? Après tout, un terroriste n’est pas, sur le plan moral et éthique, une personne digne du plus grand respect. Pourquoi lui accorder des droits et une éthique qu’il ne respecte pas ? S’il se trouve entre vos mains, c’est qu’il a dû faire quelque chose de pas bien. Tant pis pour lui. Après tout, où commence la torture ? Avant ou après la première baffe ? Si vous connaissez la réponse, vous avez bien de la chance !

Apparemment, tous nos politiques la connaissent. Tant mieux pour eux, grand bien leur fasse. Mais j’avoue que je préfère qu’ils siègent à l’hémicycle plutôt qu’au ministère de l’Intérieur. Au cas où le prochain terroriste arrêté ne comprenne pas qu’il est mal élevé de ne pas répondre à une question posée poliment.

Au secours !

pompierImaginez ce scénario pour 2017 : au premier tour, Sarko pour l’UMP, Hollande pour le PS, Marine Le Pen pour le FN. Ajoutez, à votre guise, Dupont-Aignan, Nathalie Arthaud, Mélanchon et un vert au choix (n’importe  lequel, un vert, bonjour les dégâts). Si vous êtes optimiste, vous changerez Sarko par Juppé et Hollande par Valls.

Au secours !

D’où vient cette incapacité, en France, de renouveler le personnel politique ? Dans les gouvernements successifs, on joue aux portefeuilles musicaux. Combien de têtes nouvelles chaque fois ? Trois ou quatre, à peine. Et parmi elles, combien de cerveaux intéressants ? Un, quand on a de chance.

Si on y réfléchit, le gouvernement Valls actuel est sans doute l’un des plus originaux et riches en personnalités nouvelles. Vous, je ne sais pas, mais moi j’aime bien Taubira, Fleur Pellerin, NVB, et bien sûr mon petit chouchou, Emmanuel Macron. OK, je l’admets, pour une fois je laisse parler ma nature profonde (vous m’accorderez que c’est la première fois depuis bien longtemps, contrairement aux femmes, il n’y a rien que je trouve moins excitant qu’un homme politique, fût-il ministre). Bien entendu, aucun de ceux-là ne visera la magistrature suprême. Sauf peut-être Emmanuel, dans dix ou quinze ans. 

Finalement, c’est une aubaine que le vote blanc ait été institué : on va enfin pouvoir voter selon notre esprit.

Alors ensemble, en attendant, crions au secours. Ou plutôt, au feu, en espérant que notre ami en photo viendra à notre secours.

L’aubaine

L’aubaine

petit bonusPour 2017, on connait déjà l’un des deux finalistes : Marine Le Pen. Dès lors, ça se bat au portillon. Chacun sait que, face à elle, tout le monde a sa chance. Même Nicolas Dupont-Aignan. Alors c’est la foire d’empoigne. Le véritable enjeu, c’est le premier tour. A gauche, les grandes manœuvres n’ont pas encore vraiment commencé. A deux ans de la désignation d’un candidat, Hollande n’est pas tout à fait hors course. Presque, mais pas tout à fait. Alors on attend. Si les résultats ne s’améliorent pas et s’il continue à se laisser photographier en ploutocrate kazakh (avec doudoune et chapka), il ajoutera le ridicule à l’incompétence et tombera comme un fruit mûr.

C’est à l’UMP que la bataille sera la plus violente. Sarko a perdu la première manche : le principe d’une primaire est pratiquement acquis. Mais il en a réduit le danger : élu président de l’UMP, il a deux ans pour placer ses pions. Tout le débat va porter sur : primaire ouverte ou non. Si, comme les socialistes en 2011, le vote est ouvert à tous les Français, alors je crois qu’une vague de gauche en faveur de Juppé peut l’emporter. Dans la situation actuelle, désigner le candidat de l’UMP, c’est désigner le futur Président. Pour moi, Juppé vaut cent fois mieux que Sarko et j’irai voter pour lui si j’en ai le droit, quitte à signer mon approbation de quelque charte que ce soit. Mais si Sarko parvient à réduire l’électorat de la primaire aux seuls militants UMP, alors il risque fort d’être élu.

Plutôt crever ! 

J’aime pas Arno Klarsfeld

J’aime pas Arno Klarsfeld

polochonJe ne l’ai jamais aimé. Même autrefois, quand j’étais le plus souvent d’accord avec lui, je ne l’aimais pas. J’ai toujours détesté son côté minet branché du barreau, avec les rollers qui dépassent sous la toge. Je ne l’ai jamais trouvé ni intelligent ni brillant. Je l’ai toujours considéré comme un fils à papa touchant les dividendes de l’engagement de ses parents. Une variété de BHL en robe noire. Mais ce que j’ai toujours le plus détesté chez lui, c’est son élocution. Ce qui est le comble pour un avocat. Je plains sincèrement les magistrats qui doivent se taper toute une plaidoirie de Maître Klarsfeld. Ce mec s’exprime avec la difficulté d’élocution d’un type qui vient d’avoir un AVC. Il bredouille, il bafouille, on a l’impression qu’il va se mettre à baver, on se demande un instant s’il est bourré ou victime d’une paralysie faciale, comme s’il sortait de chez le dentiste après une lourde anesthésie à la novocaïne. 

Mais bon, il y a une époque où ses idées coïncidaient avec celles de gens que j’aimais bien, et accessoirement avec les miennes. Hier, je l’ai vu au Grand Journal en train de s’insurger contre les partisans de la reconnaissance de l’Etat palestinien. Comme son sosie BHL. Je trouve assez amusant de voir ces deux mecs, qui doivent se considérer comme faisant partie du fer de lance de l’intelligentsia française, rejoindre sur ce sujet les pires sionistes qui soient. Ils me font penser à ces gens qui se veulent progressistes, qui vous disent que l’homosexualité ne les gêne absolument pas, mais qui s’étranglent quand ils voient deux hommes ou deux femmes s’embrasser. Le passage à l’acte représente pour eux un obstacle insurmontable.

Bon, on pourrait polémiquer pendant des heures sur le sujet, mais l’essentiel, c’est ce que je disais au début, j’aime pas Arno Klarsfeld et je suis ravi de ne pas être d’accord avec lui sur ce sujet.