“My sweet Pepper Land”

“My sweet Pepper Land”

à l'arrière des berlinesVu hier soir ce film sur Canal. Un western kurde. Le nouveau shérif. L’institutrice. Le riche fermier et sa bande de sbires. Originalité : un commando de filles maquisardes. L’histoire est un peu convenue, mais c’est la règle du genre. On y adhère, en tout cas, on n’a pas envie que ça se passe et que ça se termine autrement. Dans le rôle principal, l’actrice iranienne Golshiteh Faharani (ou quelque chose comme ça), si belle, sublime, comme dans ce film où elle est au chevet de son mari mourant.

Les Départementales ont livré leur verdict. Je me demande pourquoi Hollande n’a pas supprimé ces postes et ces élections. Déjà, ça lui aurait évité de les perdre. Et puis, à quoi bon encore une couche entre les maires et les députés et les conseillers régionaux. C’est bien la France, ce goût pour les intermédiaires inutiles. Bon, la Droite a gagné, mais l’Extrême-Droite n’a pas obtenu les départements qu’elle lorgnait, c’est déjà ça. Quand à la branlée du PS, je m’en fous. Je suis allé voter aux deux tours. Blanc. Principalement parce que je ne connaissais pas les candidats et ils n’étaient pas identifiables d’après leur programme. La Réunion a basculé à droite, elle repassera à gauche dans quelques années.

J’ai décidé de ne pas travailler sur mon manuscrit cette semaine et ça va me paraître long. Heureusement, je lis un très bon livre, “Le chardonneret”, 1100 pages, ça devrait remplacer.

Le garçon d’aujourd’hui n’est certainement pas taillé comme j’aime, mais il est d’une beauté qui fait mal à regarder. Mais qui fait du bien aussi. A vous de voir. 

Dégradation

Dégradation

kilt sexyCe matin, pendant quelques minutes, j’ai eu un trouble de vision à l’œil gauche, comme si je voyais à travers un tube empli d’eau. J’ai eu l’impression de me vider de mon sang, je suis devenu blanc de l’intérieur, ou vide. La peur résonnait en moi. Je suis allé me doucher, me laver les dents et quand je suis sorti de la salle de bain, l’impression s’était évanouie, ma vision était de nouveau normale.

C’est ce que je hais le plus dans le fait de vieillir, non la détérioration des traits ou des formes, mais cette dégradation des fonctions, notamment la vue, puisque pour l’ouïe, j’y suis habitué, étant pratiquement sourd de l’oreille gauche depuis l’adolescence.

J’ai le même problème avec mon appartement. J’ai l’impression que les appareils ne fonctionnent que dans l’attente de ne plus fonctionner un jour. Vision très “Knock” de la vie.

A laquelle je préfère cette vision très “Scot”.

Un seul manuscrit vous manque…

Un seul manuscrit vous manque…

homme en kiltJ’ai terminé hier la première version de mon roman politique, “L’effroyable actualité”. Je pense que c’est un bon livre – dans la mesure, bien sûr, où je suis capable d’écrire des bons livres. Il ne faut pas m’en vouloir, je fais ce que je peux. Il faudra, bien sûr, revenir plusieurs fois dessus, mais dans l’ensemble, l’histoire que je voulais raconter est achevée.

Ce n’est jamais très agréable d’écrire le mot Fin, même provisoirement, sur un manuscrit. Brusquement, vous vous retrouvez avec quantité d’heures où vous ne savez que faire. Bien sûr, vous pouvez lire ce qu’écrivent les autres. Je viens de démarrer la lecture du “Chardonneret” de Donna Tartt, qui compte 1100 pages. Mais ce n’est pas pareil. C’est une forme de baby blues. Il faut presque lutter contre soi afin de ne pas retourner tout de suite retravailler le manuscrit.

Aujourd’hui, mes amis Alain et Jan-Eric quittent la Réunion définitivement. Pour moi, bien sûr, ce sera une lourde absence. D’autant que j’ai appris cette semaine que mon amie Isabelle la quittera à son tour en septembre. Tout le monde m’abandonne sur mon bout de France australe. C’est là, bien sûr, que le fait d’être férocement égoïste a de l’intérêt : personne ne peut me manquer absolument. Tant que je ne m’abandonne pas, j’aurai toujours avec moi une compagnie qui m’agrée.

Air Suicide

Air Suicide

simpleIl y a déjà pas mal d’années, faisant preuve une fois de plus de cet esprit visionnaire qui me caractérise, j’avais imaginé la création d’une compagnie Air Suicide destinée aux gens qui avaient envie d’en finir, mais pas tout seuls. Il aurait suffi d’affréter un vieil avion à bout de course, de le faire décoller, de l’amener au-dessus de la mer et de le faire piquer du nez. Mon seul véritable souci concernait le personnel de bord – même réduit à sa plus simple expression. Aussi suggérais-je que le pilote soit équipé d’un parachute afin qu’un bateau puisse le récupérer.

Les faits n’en finissent pas, tôt ou tard, de me donner raison. Air Suicide est née. Mais contrairement à tout ce que j’avais pu imaginer, cette fois, on a bien trouvé le pilote dépressif, malheureusement la totalité des passagers n’étaient sans doute pas d’accord avec le plan de vol de celui-ci.

C’est souvent le problème avec les grandes idées : la réalité s’acharne à en contrarier la réalisation.

“Dallas Buyers’ Club”

“Dallas Buyers’ Club”

homme au talonLe film passait hier soir sur Canal et, pour être franc, je n’avais pas très envie de le voir. Je ne raffole pas des films sur le sida, il n’est pas passé par moi mais il a fait partie de ma vie, je ne suis nullement nostalgique de cette époque, oh que non ! Et puis, j’étais un peu gêné par la transformation de Matthew McConaughey.

Finalement, j’ai bien aimé ce film (comme j’avais aimé celui de Téchiné avec Michel Blanc et Johan Libéreau, le titre ne me revient pas sur l’instant, “Les quelque chose”). Il est important de rappeler ce que fut cette lutte médecine officielle/malades. Mais le spectacle de McConaughey radicalement transformé m’a quand même mis très mal à l’aise. Au fond, j’ai trop connu de beaux mecs baraqués, follement fiers de leur corps, transformés brutalement en radioscopie d’eux-mêmes, pour supporter qu’un comédien, juste pour jouer un rôle, se transforme en cadavre ambulant. L’horreur est supportable quand elle est authentique, elle exige d’être regardée et c’est notre devoir de le faire; pas quand elle est jouée, représentée. Il y a une décence qu’Hollywood devrait respecter. On devine trop que la motivation réelle devant une telle transformation, ce n’est pas le souci de la vérité, c’est l’envie de l’Oscar. Gagné !

Une catastrophe bien décevante

Une catastrophe bien décevante

beau gaillard assisPour une fois qu’un avion choisit de s’écraser au sol, plutôt qu’en mer, avouez que c’est dommage : on ne voit rien sur les premières images, sinon un appareil éparpillé façon puzzle. J’imagine dans quel état doivent être les corps, s’il en subsiste quelque chose. Rien de bien exploitable pour Paris-Match. Il ne restera plus qu’à se rabattre sur la douleur des familles, toujours photogénique. Surtout que là, il y a une classe entière d’ados allemands, ça devrait donner un reportage bien émouvant. En tout cas, ils n’ont pas souffert, et si ça se trouve ils ne se sont pas vraiment vus mourir. D’où l’intérêt, je le dis toujours à mes amis, de s’asseoir le plus près possible du centre de l’avion. La vue depuis les hublots peut être accablante, parfois.

Le Front national n’est même pas parvenu à devenir le premier parti de France. Très décevant, là aussi. J’ai envie de demander la démission de Marine Le Pen. C’est une réaction très à la mode, demander la démission des responsables. Comme si celui qui demande avait le moindre pouvoir d’être entendu !

J’ai lu le livre de Raphaël Glücksman sur la lutte contre les réacs. C’est bien gentil de nous encourager à retrousser nos manches et à reprendre le terrain perdu par la République. Comme si ce genre de discours allait passionner les gens ! On dit que la gauche et la droite ont perdu la bataille des idées. Mais personnellement, je n’en vois pas beaucoup des idées, de l’autre côté. Je vois des propositions décousues qui n’ont en commun que d’être démagogues. Même pas des propositions, mais des oppositions : opposition à l’Europe, opposition à l’euro, à l’immigration, à la suppression des frontières. Si revenir en arrière est un programme, alors oui, le FN en a un. Moi je pense qu’il a surtout un projet, prendre le pouvoir en profitant de la mauvaise humeur des Français, et une fois là, les hordes noires surgiront de derrière les coulisses où elles se dissimulent plus ou moins pour l’instant. On dirait que personne ne lit plus les livres d’Histoire concernant l’arrivée au pouvoir des Nazis.

Mine Vaganti

Mine Vaganti

poucesVu hier un de ces films dont on n’attend pas grand chose et qui finalement vous apportent un vrai moment de plaisir. Un film italien intitulé en français “Le premier qui l’a dit”. L’histoire se passe dans une famille de petits industriels d’agro-alimentaires à Lecce. Le fils cadet s’apprête à révéler, lors d’un dîner de famille, qu’il est gay. Il en parle à son aîné qui, le soir même, lui brûle la politesse et fait son coming-out avant lui. Stupeur et consternation ! Le père manque de claquer du coeur. Du coup, le cadet garde sa révélation pour lui. A partir de là, le film part un peu dans tous les sens, il y a des moments où ça paraît un peu bordélique, mais sans jamais être fastidieux ou ennuyeux. Chaque personnage a un rôle à jouer, un rôle bien étudié et creusé. Jusqu’à la fin qui donne lieu – non, je ne vous spoile pas le film – à un suicide totalement original (qui en rappelle cependant un autre, qui appartient à l’histoire du cinéma français).

Bref, un film un peu long peut-être, mais toujours surprenant.

A part ça, je me prépare à devoir supporter  dimanche soir les rodomontades des dirigeants du Front national, et probablement aussi celles du Nain. Mais qu’est-ce qu’on a fait au Bon Dieu ?

Mine Vaganti est le titre du film en italien. Ce qui signifie à peu près : Bombe à retardement, ou Mine vagabonde.

Une belle enflure

Une belle enflure

épaule tatouéeLe maire de Chalons sur Saône est une belle enflure : il a décidé que, désormais, il n’y aura qu’un seul menu dans les cantines de sa ville. Autrement dit, si tu veux pas du jambon, mange tes doigts. Mais le pire, c’est qu’il agit en s’enveloppant dans les plis de la laïcité : chacun doit être traité également. Il n’a rien compris : la laïcité, ce n’est pas le refus des religions, c’est le droit de chacun de croire ou de ne pas croire sans l’afficher trop ouvertement. Proposer aux enfants musulmans, et accessoirement juifs, un menu sans porc ne coûte pas un centime d’euro de plus; le leur refuser permet de les stigmatiser dès leur plus jeune âge.

Il ne faut jamais oublier que quand les Allemands ont décidé de déporter les Juifs de France, ce sont des hommes politiques français qui ont proposé qu’on déporte aussi les enfants. Au nom du regroupement familial.

Le ventre est encore fécond d’où est sortie la bête immonde.

Alerte rouge

Alerte rouge

paraiso saunaZlatan trouve que la France est un pays de merde. Voilà qui devrait nous alerter, nous mettre sur le qui-vive. Les spécialistes internationaux et les observateurs politiques peuvent bien dire ce qu’ils veulent sur notre pays, on s’en tamponne le coquillard. Mais Zlatan n’est pas un expert de l’OCDE, un prix Nobel ou un économiste mondialement réputé : c’est un footballeur. Autrement dit, un garçon qui se situe à l’endroit le plus stratégique pour juger de ce que vaut un pays. Son salaire mensuel, l’appartement où il vit, la voiture qu’il conduit, les fringues qu’il porte lui permettent de mesurer tout ce qui ne va pas chez nous, et quand il dit que nous sommes un pays de merde, nous devrions le croire. C’est un expert qui parle.

On me permettra donc de me prévaloir d’un même genre d’expertise pour dire que Zlatan, avec sa sale gueule de raciste et d’homophobe, est un sale con de merde.

 

Vos gueules, les médecins !

Vos gueules, les médecins !

maciste tatouéPour commencer, je suis d’accord avec vous, le mec d’aujourd’hui est un peu “too much”, mais il faut savoir avoir les yeux plus gros que le ventre, une fois de temps en temps. C’est un peu comme se trouver tout seul devant une pièce montée prévue pour cinquante personnes.

Je suis exaspéré par l’attitude des politiques quand il s’agit de légiférer sur le droit de mourir dans la dignité. La seule chose qu’on puisse dire en leur faveur, c’est qu’ils ne cherchent pas à caresser l’opinion dans le sens du poil, puisque 90% des Français sont favorables à l’euthanasie. Pas les députés. Ils se rabattent sur leurs amis médecins, disant qu’il leur revient de décider. Il y en a assez de cette omnipotence médicale. Non seulement la maladie, mais le malade aussi leur appartient. Le malade en a marre de souffrir, il en a marre de se voir décliner, de voir son corps et ses fonctions vitales se détériorer, mais il n’a pas le droit de demander qu’on y mette fin, dans la dignité, l’absence de souffrance, et surtout la rapidité. Parce que la solution actuelle, ce qu’ils appellent la sédation, est aussi moche qu’une lente et douloureuse agonie. Comment peut-on laisser un malade mourir de faim et de soif ? Car c’est de cela qu’il s’agit. Je trouve ça indigne. On ne l’accepterait pas pour un clebs, il a droit, lui, à une injection létale qui met fin à ses souffrances en quelques minutes. Notre vie nous appartient, notre mort aussi. Nous avons tous droit, quand elle devient inéluctable, ou quand la souffrance est trop grande et inguérissable, nous avons droit de demander que l’on nous aide à mourir. Au moins, dans ce cas, pouvons-nous le faire doucement, dignement, entouré de l’affection des siens (ou seul, ce qui serait probablement mon cas). Je ne vois pas en quoi cela peut poser un problème. Tout le monde y gagne : le malade qui cesse de souffrir, la famille qui cesse de se désespérer devant son impuissance – et même la santé publique, puisque ça libère un lit. 

Mais non, les médecins veillent à ce qu’on ne leur arrache pas leur malade, il est à eux, ils ont droit de vie et de mort sur lui. Quand on sait que de nombreux médecins sont croyants et pratiquants, on ne s’étonne pas de voir que les religieux sont d’accord avec eux : ils n’aiment pas, eux non plus, que leurs clients les quittent quand ils en ont envie. Après tout, un malade qui souffre, c’est souvent un mécréant qui retrouve le chemin de la foi – quand les médicaments n’agissent plus, n’importe quelle connerie est bienvenue.

Je ne vous parle même pas du suicide assisté, dont je suis un chaud partisan.