Une injustice flagrante

Une injustice flagrante

jeune homme très chaudJ’ignore si vous regardez The Voice. Mais si oui, le jeune Lilian, fromager de son état, n’a pu vous échapper. Non seulement une belle voix brute de décoffrage, mais un physique des plus avenants. Il est le cinquième d’une fratrie de six enfants. Il a trois frères et deux sœurs. On les a vus lors des auditions à l’aveugle, on les voit sur les “prime”. Ils ont l’air gentil, mais sont physiquement ordinaires, banals. Comment se fait-il que le cinquième dans la lignée soit si réussi quand les autres le sont si peu ? On dirait qu’il a monopolisé à son seul avantage tous les bons gènes de la tribu. C’est déjà injuste. Mais quand on considère qu’en plus, il possède un vrai talent de chanteur – tout le monde prédit qu’il va gagner le jeu et personnellement je vois mal comment il pourrait ne pas le gagner – on se dit qu’il y a deux poids deux mesures. Une super belle gueule et un super talent de chanteur. Je n’ai pas entendu ses frères et sœurs pousser la note, mais je doute qu’ils aient le dixième de son talent. Avouez quand même que c’est bigrement injuste.

Du coup, je pense à ma propre soeur : j’ai un peu le sentiment de lui avoir pris sa part de beauté, de talent, de gentillesse, de modestie… La pauvre… J’ai un peu honte. Enfin, juste un peu.

Elio, 13 ans

Elio, 13 ans

beau mec panéHier, un gamin de 13 ans s’est fait bouffer par un requin. Il surfait dans un endroit interdit aux sports nautiques, avec d’autres gamins de son âge. Un requin a attaqué, Elio est mort. Un surfeur attaqué par un requin, ce n’est pas si rare à la Réunion, mais c’est toujours un événement qui prête à la polémique. On peut faire remarquer que l’endroit était officiellement listé comme dangereux et se demander à quoi pensent des parents ou des entraîneurs pour laisser des gosses aller surfer dans ce coin. Bon, peut-être ont-ils fait leur boulot, mais vous connaissez les gosses… Toujours est-il que la communauté des surfeurs est en colère et s’en prend une nouvelle fois aux autorités – dont il n’est pas aisé de définir en quoi elles font autorité quand il s’agit de requins. Bien sûr, les pros-surf prétendent que tout vient de la réserve marine, d’autres de la pêche intensive. Les pros-surfs recommandent de prélever un maximum de requins. Mais l’autre jour, sur Canal, un documentaire nous apprenait que plus de 100 millions de requins sont tués chaque année dans le monde par des humains contre une dizaine d’humains par des requins – le problème, c’est que ça fait déjà deux à la Réunion depuis le début de l’année, et sur une petite île, ça fait beaucoup. C’est vrai, mais la nageuse tuée en février elle aussi se baignait en zone interdite. Et puis, si on va par là, les requins sont quand même plus chez eux dans la mer que les surfeurs. Seulement n’allez pas par là, ce genre de discours n’est pas audible ici. En fait, j’ai l’impression qu’aucun discours n’est audible. On entend souvent les surfeurs dire que le surf est leur passion et qu’ils surferont quoi qu’il arrive. Peut-être Elio l’avait-il répété lui aussi, sans réfléchir, sans en croire un mot. Les accidents, c’est pour les autres. Mais hier soir, en regardant le soleil se coucher sur la mer, je pensais aux parents d’Elio, qui le matin même avaient un fils de 13 ans, mais plus le soir. 13 ans, c’est jeune pour mourir, et c’est une mort cruelle, mais ce n’est pas une mort stupide. Toute mort qui survient dans l’exercice d’une passion est regrettable, mais pas idiote. Ce qui est idiot, c’est le débat qui va suivre, toujours le même, qui n’aboutit à rien. Peut-être faut-il se  résoudre à accepter ce genre de drame à défaut d’avoir des solutions à proposer ?

Non, tu n’auras pas mes couilles !

Non, tu n’auras pas mes couilles !

élémentaireRêvons un peu : et si ce qui se passe au Front national marquait le début de la fin ? Imaginons le scénario : Jean-Marie est chassé (ou au minimum évincé de la tête de liste en région PACA) et il se présente sur une liste dissidente. Ailleurs, d’autres l’imitent. Finalement, ça peut aller très vite cette histoire-là. Parce que ce n’est pas juste une querelle d’école. C’est la nature même du FN qui est en jeu. Sa nature idéologique, elle appartient à JM. Marine se contente du politique, qui très vite n’est rien sans l’idéologie. Ce ne sont pas ses “Mariniers” qui vont la porter au pouvoir. Les couilles, au FN, elles sont dans le froc de JM, pas dans celui de Florian ou des autres minets. Parce que merde, le Front national sans pouvoir dire du mal des Juifs, des Roms ou des Arabes, c’est un film porno sans les scènes de cul : l’essentiel est ailleurs. Or JM ne peut pas gagner seul, c’est évident, il ne vaut pas 10%. Seulement 26% moins 10%, ça fait 16%, et même le PS fait mieux. En vérité je vous le dis, ça devient très intéressant ce zafair-là !

Oh mon Dieu, je vous en prie, faites que ça arrive !

Oui mais, l’ennui, c’est que ça conforte la droite plutôt que la gauche. Et si la droite en 2017, c’est Sarko… Oh bon Dieu, c’est chiant, la politique ! Il va falloir aller voter pour Juppé en 2016 aux primaires si on veut éviter le pire. Un jour, je finirai par chier ou vomir dans l’isoloir, moi.

Quel est le contraire de procrastination ?

Quel est le contraire de procrastination ?

david williamsJe m’étais promis de commencer par corriger mon prochain roman (sortie en fin d’année, il n’est pas inutile de réserver dès aujourd’hui votre exemplaire) avant de m’attaquer à ma nouvelle saga napoléonienne. Mais j’ai toujours été du genre à faire aujourd’hui ce que j’aurais pu faire demain. Je suis comme ça depuis l’adolescence où je faisais mes devoirs le jour même où on nous les donnait pour ne plus avoir à y penser. C’est cela, la mentalité d’un vrai paresseux. Alors qu’est-ce que vous croyez ? J’ai ouvert un nouveau dossier et j’ai commencé à aligner les chapitres. J’en suis au quatrième. J’ai trouvé un titre global, ce sera : “Les bâtards de l’Empire”, car chacun de mes personnages est, d’une certaine manière, un bâtard, et ensemble, par leurs moeurs, ils sont les bâtards de la Grande Armée. Encore que, comme j’entends le prouver, on ne s’ennuyait pas dans les cantonnements !

Bon allez, je vais m’atteler à la correction de “L’effroyable vérité”.

“Charlotte” de David Foenkinos

“Charlotte” de David Foenkinos

gueule d'amourLu “Charlotte” de David Foenkinos, prix Renaudot et Goncourt des lycéens. Il y avait de quoi faire un beau livre,  l’histoire s’y prêtait, et la passion de l’auteur pour son héroïne – qui a existé pour de vrai – l’y encourageait. Mais le problème de Foenkinos – bon, je n’ai lu que “La délicatesse”, son livre le plus connu, mais j’avais déjà été agacé par l’insertion dans le récit de recettes de cuisine ou de scores de football, si ma mémoire est bonne – son problème, c’est qu’il veut rajouter quelque chose, comme s’il ne s’estimait pas capable de donner à l’histoire toute sa puissance en la racontant simplement. Un de ces jours, il nous fera un roman en alexandrins, ou il tentera d’imiter Perec dans “La disparition”. Là, il a décidé de revenir à la ligne après chaque phrase. Et chaque phrase ne doit pas dépasser une ligne. Cela donne un texte haché, scandé; cela ressemble à un poème moderne; cela n’a aucun sens, même si l’auteur s’en explique à un moment donné – mais sans me convaincre. Cette belle histoire aurait mérité mieux qu’un auteur qui n’en finit pas de se pousser au premier plan. J’ai toujours cru qu’un bon écrivain était celui qui savait se faire oublier derrière son histoire, pour se rappeler à notre attention une fois le livre refermé. J’ai connu le Renaudot et le Goncourt des lycéens mieux inspirés.

(Il y a un plaisir iconoclaste très puissant, de la part d’un auteur à insuccès, à dénigrer un auteur qui doit dépasser les cent mille exemplaires à chaque roman. En tout cas, moi, je ne m’en lasse pas !)

Tournée des popotes

Tournée des popotes

simple et finSur France 2, l’inévitable reportage sur les mairies FN, un an après. Je remarque au passage que je ne me souviens pas avoir vu un pareil reportage sur une mairie PS ou UMP. Donc nos enquêteurs s’embarquent pour Fréjus (Rachline), Hayange (Engelmann) et Hénin-Beaumont (Briois). On devine très vite qu’ils aimeraient mettre aussitôt la main sur du croustillant, de l’embarrassant, du révélateur. Sauf que, un an après, la nouvelle municipalité en est encore à appliquer le programme voté l’an passé par la précédente municipalité. Donc, entre-temps, aucune construction d’une nouvelle prison réservé aux musulmans, d’un centre culturel Maréchal Pétain ou d’un stade Adolf Hitler. Juste quelques erreurs, quelques bourdes, ici et là. Rien qu’on ne trouverait ailleurs. Bien sûr, de temps à autre, nos amis journalistes espèrent lever un prochain lièvre : l’arrêt des travaux de la nouvelle mosquée (qui ne sont pas arrêtés, d’ailleurs, même si le maire s’ y emploie), la disparition du drapeau européen du fronton de la mairie, la fermeture d’un centre social. Bon, rien qui ne dévie du train-train quotidien d’une quelconque municipalité. Ah si! Quelques règlements de comptes entre anciens alliés, parfois. Comme si ça n’arrivait jamais ailleurs…

Finalement, ils attendent quoi avec leurs reportages débiles ? Ils ne sont pas cons, les frontistes. Enfin, pas tous. Ils n’ont pas cassé la statue de Jaurès. Ils ont créé une “fête du cochon”. La belle affaire ! Ils ont vendu les terrains communaux pour commencer à rembourser les dettes contractées par leurs prédécesseurs de droite ou de gauche. Ben, comme tout le monde, quoi ! L’Etat ne fait pas autrement quand il vend des aéroports aux Chinois.

Finalement, je crains que ce genre de reportage n’aboutisse au résultat inverse escompté. On y croise des Frontistes pas plus cons que des socialos ou des libéraux. Avec quelques tronches d’ahuris ici ou là, c’est vrai, mais pas beaucoup plus qu’ailleurs. Bref, le genre de reportage qui peut faire penser : si voter pour une mairie FN, c’est ça, pourquoi pas après tout, où est le risque ?

Le risque ? A mon avis, il suffit de montrer la gueule de David Rachline pour comprendre où il se cache.

Les Le Pen, duettistes.

Les Le Pen, duettistes.

bien dans sa peauLes Le Pen ont un numéro très au point. Le père profite du petit coup de main d’un journaliste (en l’occurrence, Bourdin) pour faire une de ces sorties antisémites ou négationnistes choquantes dont il nous régale depuis trente ans. Du coup, le vieux fonds de commerce du FN, à base de pétainistes et d’anciens OAS, se frotte les mains et s’oublie dans sa vieille culotte. Alors la fille intervient pour désavouer les propos du père, afin de rassurer les nouveaux adhérents et sympathisants du Front, ceux qui vous affirment qu’ils ne sont pas racistes, absolument pas, mais qu’il faut bien reconnaître qu’on n’est plus chez nous et que tous ces étrangers, ça nous ruine et ça met l’économie sur le flanc. C’est ce qu’on appelle faire d’une pierre deux coups, rassurer deux électorats pour le prix d’un.

Et la presse qui fait semblant de croire que la fille va finir par expulser le vieux !

Banksy et les banquiers

Banksy et les banquiers

dossier de chaiseEn 2013, Banksy, l’art-streeter new yorkais, a réalisé un happening par jour pendant un mois. Un jour, un vieil homme a ouvert un stand dans la rue, près de Central Park, et a vendu, sans prévenir, des dessins originaux de Banksy à 60 dollars pièce. Au bout de quelques heures, il a enfin vendu, après avoir dû marchander, deux dessins à une mère pour décorer la chambre de ses enfants. Plus tard, quatre dessins à un mec du Texas qui voulait juste accrocher des tableaux aux murs de sa maison neuve. En fin de journée, il avait gagné 420 dollars. Puis la vérité a éclaté. Et chacun des tableaux achetés 60 dollars l’unité a brusquement valu 250.000 dollars. La preuve par neuf que le marché de l’art est une énorme connerie doublée d’une indécente filouterie.

Jean-Paul Tapie n’est pas mort !

Jean-Paul Tapie n’est pas mort !

drap rayéIl y a des jours comme ça où tout se précipite. Tout a commencé par une critique très flatteuse de mon dernier roman (“De l’autre côté de la frontière”, pas beaucoup d’euros, dans toutes les bonnes librairies) dans la revue canadienne “Fugues”, qui m’a vraiment à la bonne, et ça depuis des années. Ensuite, c’est un mail de mon éditeur pour m’annoncer qu’il a l’intention de publier mon dernier manuscrit, “L’effroyable actualité”, à la fin de l’année. Enfin, c’est sa suggestion, suite à une discussion avec un lecteur, de lancer une nouvelle saga, à l’image de “Dolko” ou de “Amaury”.

Je ne dis pas non au sujet de ce troisième projet, mais il exige quantité d’efforts dont je ne suis pas certain d’être capable. Il faut se mettre dans l’esprit qu’une fois commencé, c’est parti pour des mois, et si les tomes se succèdent, pour des années. J’écris vite, un roman comme le dernier ou le prochain ne me prend que quelques semaines (qui a dit : “Oh ben ça se voit quand on le lit !” ? J’ai très bien entendu, vous savez !). Mais des tomes comme les quatre de Dolko, c’est davantage de travail, et je ne parle pas seulement de réunir la doc. D’autant que, cette fois-ci, l’histoire se déroulerait à l’époque des conquêtes napoléoniennes et c’est une masse de documentation à compulser.

Alors je dis : on verra.

“Classe tous risques”

“Classe tous risques”

cul d'enferJe viens de revoir ce film de Claude Sautet des années 60 avec Lino Ventura et Jean-Paul Belmondo. Il tient toujours le coup. Mais ce qu’il y a de plus jouissif, c’est de voir les gens conduire sans ceinture, ou le petit garçon sur les genoux de son père à la place du mort, ou les gens fumer dans les bus, les restaurants et près de leur voiture tandis qu’un employé fait le plein. On se demande comment on a pu survivre à une époque aussi périlleuse. Quelqu’un qui a vingt ans aujourd’hui ne tiendrait pas une heure dans un tel enfer.

Rectificatif à l’intention de ceux qui auraient pris d’une manière trop personnelle mon post d’hier :  ils ont eu raison ! Mais ce que j’ai dit est valable pour tous. En fait, il ne faudrait jamais donner ses livres à lire à ses amis. Personnellement, j’ai horreur qu’un proche (mes amis ont la bonne idée de ne pas écrire de romans, c’est pourquoi ils sont mes amis) me donne à lire un livre qui a été publié, ou encore pire, un manuscrit. Dès la première ligne, je cherche déjà à trouver quelque chose de positif à en dire, c’est une vraie torture. Donc un conseil à mes amis : cessez de lire mes livres, lisez ceux des autres et conseillez-les moi.