November 6, 2009
Le Festival du film se termine et je le trouve cette année un peu décevant dans sa programmation. Le mari de Fabienne, l'organisatrice, m'a confié que c'était le résultat de la rivalité avec l'autre festival, qui se tient 15 jours avant celui-ci, et qui s'est approprié un certain nombre de films susceptibles d'être présentés dans le second. Ce serait bien dans les moeurs réunionnaises. Il semble qu'ici les gens supportent volontiers une réussite modeste à partir du moment où elle fait obstacle à celle de la concurrence. Les oppositions sont nombreuses : Antenne 2 versus RFO, Le Quotidien versus le JIR, Parabole versus Canal Plus, etc. Cela n'est pas sans me rappeler le comportement de certains gays : qu'importe si j'échoue à partir du moment où les autres ne réussissent pas. Bien entendu, vous l'avez compris, je me classe dans la catégorie de ceux que la médiocrité des autres prive d'un succès mondial amplement mérité.
Je suis en train de lire le livre de Frédéric Mitterrand, que je n'avais pas lu, car j'éprouve peu de sympathie et d'intérêt pour ce garçon. Première bonne surprise : le livre n'est pas écrit dans cette langue boursouflée à deux balles dont il nous abreuve volontiers quand il commente des images à la télé. Il sait donc ce qu'est le beau style, ce qui prouve à quel point il méprise les gens auxquels il s'adresse pour leur parler de cette manière. Il m'arrive d'écrire dans ce style faussement littéraire, qui fait la part belle aux formules ampoulées, pour épater certains clients. Je ne lui jette donc qu'une demi-pierre.
J'aime bien sa sincérité, même lorsqu'elle avoue le contraire de ce qu'il déclare par ailleurs. Il écrit par exemple : j'ai toujours eu horreur d'être servi. De la part d'un mec qui a fait installer, sous la table de la salle à manger du ministère, une sonnette sur laquelle il appuie du bout du pied pour appeler le serveur, c'est assez réjouissant. On devrait se méfier davantage, quand on écrit : on peut devenir ministre à tout moment. Moi, je sais que je refuserai si l'occasion se présente. Mais que cela n'empêche pas nos dirigeants de me le proposer si ça leur chante…
J'en suis au passage sur Deneuve et Sagan. C'est assez attachant. Il parle très bien aussi de la souffrance de voir un garçon que l'on aime se donner spontanément et joyeusement à un autre, dans la même chambre. Je connais bien cette douleur. Nous sommes frères en cela.
J'en reparlerai.
En attendant, regardez-moi ce petit effronté qui nous montre ses fesses !
Classé sous Blog de Jean-Paul Tapie par Jean-Paul Tapie
Commentaires sur »
le 1er opus du beau Fredo:" Lettres d'amour en Somalie" est dans le top ten des livres(et des films) qui ont marqué mon adolescence.c'est pour ça que je l'aime quand meme,mais quel gachis!!