April 14, 2010

A corps et à cris

gregoperseu1015Ce matin, je me suis réveillé le corps douloureux. Mes quadriceps et mes triceps crient grâce. Quelle déchéance ! L'ancien Cabri des Dolomites est devenu l'Ankylosé de Saint-Leu. On ne saurait imaginer une chute plus radicale, naufrage plus définitif. J'imagine que ce n'est pas l'autre enfant de salaud, là, en photo, avec son slip taillé dans un torchon, qui se réveille le matin endolori après un effort violent devenu inhabituel.

Je ne me sens pas trahi par mon corps. Je lui conserve toute mon affection et toute ma reconnaissance. Mais je le regarde ce matin comme, j'imagine, un mari doit regarder certains matins sa femme au réveil, dont il se demande, fugitivement, et avec un certain remords devant une telle brutalité de propos : "Où est-elle, celle que j'ai aimée ?" Ben, tout simplement à côté de celui qu'elle a, un jour, désiré, mon vieux…

C'est ce que je n'aime pas dans la vie, cette façon de nous détruire à petit feu, de nous priver au jour le jour de ce qui fit un jour notre fierté, notre orgueil, notre bonheur aussi. Je ne parle pas seulement de la beauté, bien sûr. En ce qui me concerne, il y avait quand même peu de choses à perdre en ce domaine. Mais je pense à la mémoire, à la culture, à la connaissance, bref, à l'intelligence.

Quelqu'un vient de dire que dans ce domaine-là non plus, je n'avais pas grand chose à perdre ? Si, si, j'ai parfaitement entendu, mon ouïe est encore suffisamment bonne !… Salaud !


Classé sous Blog de Jean-Paul Tapie par

Lien permanent Commenter

Commentaires sur A corps et à cris »

April 15, 2010

Cédric @ 9:49 am

Et oui on vieillit, notre corps nous rappelle à l'ordre!

Mais quoi, positivons, on a déjà bien vécu, il nous reste des bons moments! Et personnellement je ne voudrais pas redevenir jeune dans cette société pourrie…

Laisser un commentaire