August 29, 2010

A quel âge… (suite et fin)

danielstadlmann

(A la suite d'un incident informatique indépendant de notre volonté, une partie du post précédent a disparu…)
Je disais donc qu'un jour, participant à une conférence avec Guillaume Dustan, j'avais eu la surprise d'entendre celui-ci affirmer qu'il avait vécu sa jeunesse à la meilleure époque possible. J'étais jusqu'alors convaincu qu'à la loterie des jeunesses privilégiées, j'avais tiré le gros lot. Les mecs de ma génération ont eu 18 ans en mai 68, quand la libéralisation des moeurs a rendu l'homosexualité enfin visible, et avaient la trentaine bien entamée quand le sida nous est tombé dessus. Pendant quinze ans, nous avons pu sucer et avaler sans se poser de questions, enculer et se faire enculer sans se pourrir la vie à enfiler du caoutchouc avant et à paniquer après. A l'époque, j'ai connu un tiers de mes amants dans l'obscurité d'une back room sans voir à quoi ils ressemblaient, un autre tiers dans des saunas sans savoir comment il s'appelaient, et un dernier tiers de manière plus bourgeoise, afin de ne pas choquer mère.

Mais croire que c'est moi que j'ai eu la meilleure jeunesse, c'est faire preuve de vieille connerie, comme le souligne malicieusement mon correspondant. En fait, c'est la jeunesse qui est privilégiée, pas l'âge auquel on la vit. Mais bon, l'homme est faible, il est conscient que sur la durée de l'humanité il occupe le temps du battement de cil d'un morpion sur une couille. Alors il veut à toute force se convaincre qu'il a profité de la meilleure façon possible de ce temps si court, si fugace, si inconstant, si frustrant, si horrible, si merveilleux - la jeunesse.

A ma folle jeunesse, à la robe de pourpre !


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Commentaires sur A quel âge… (suite et fin) »

August 30, 2010

scarlett @ 5:33 am

Ce que francoise Giroud(je crois) appelait "la parenthese enchantée"

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