March 16, 2010

Ad patres !

nathan-j-owens-by-rntan-06 J'ai regardé hier la cérémonie funèbre en l'honneur de Jean Ferrat et j'ai bien aimé que, justement, elle ne soit pas funèbre. Elle était simple, dépouillée, mais sincère et authentique. Pas de people et de curieux venus voir les people. Juste des gens tristes et reconnaissants venus rendre un dernier hommage à un chanteur qu'ils ont aimé et qui les a accompagnés toute leur vie. C'était beau, la reprise de "La montagne" sur cette petite place de village d'Ardèche.
D'une manière générale, je trouve qu'en France, on ne sait pas - ou plus - enterrer les morts. Là, à Antraigues, j'ai bien aimé que le public ait adopté cette tradition espagnole d'applaudir le cercueil qui passe. Il n'y a rien de pire que le silence dans un enterrement. Les bruits s'y détachent avec une netteté et une précision qui font froid dans le dos : le bois du cercueil qui cogne la portière du corbillard, le crissement des pieds sur le gravier, les poignées de terre qui tombe sur le cercueil… Les incinérations sont encore pires, car tellement expédiées. Je me souviens de celle d'Yves, un quart d'heure à tout casser, quand c'est fini, les gens ne savent plus quoi faire. On devrait s'inspirer des Etats-Unis, où la famille et les amis rendent hommage au disparu au cours d'une cérémonie qui n'est pas toujours accablante, même si elle demeure triste. Il n'est pas interdit de faire un peu d'humour, ni de rappeler certains travers du mort (j'imagine que si on faisait ça pour moi, ça prendrait des heures, le temps de lister tous mes défauts - mais qu'est-ce que je raconte ? Il ne viendra personne à mes obsèques de pauvre, puisque personne ne m'aime, à part vous deux, Scarlett et Monique… Avec un peu de chance, un chien perdu suivra le corbillard…). Après, on mange un morceau, on boit un verre, on sort les portables et les agendas, et la vie repart naturellement, doucement, discrètement…
Non, il n'est pas indispensable que les ultimes pompes soient funèbres !

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