August 9, 2009
Adieu Berthe !
Hier, sur Canal, j'ai vu un de ces films français dont on se demande comment le réalisateur a pu trouver l'argent pour le faire : "Mes 18 ans" de Frédéric Berthe. L'action se déroule à Bordeaux (ma ville natale, toujours photogénique) l'année du bac, on suit un jeune mec qui, le dernier jour de l'année scolaire, s'offre le plaisir de dire à son prof de philo à quel point il le trouve con, moche, ringard, vicieux et raté. C'est Michel Blanc qui joue le prof, ça doit aider pour lui dire des méchancetés. Malheureusement pour notre jeune héros, il doit passer l'oral de rattrapage et qui lui fait passer l'oral ? Je vous le donne en un, parce que c'est fastoche : Michel Blanc. Enfin, le prof con, moche… (voir plus haut), qui promet de ne pas le rater (on le comprend un peu quand même). Là-dessus, notre jeune héros rencontre une fille qui lui plaît vachement et qui est-ce ? Je vous le donne toujours en un parce que c'est aussi fastoche que la première question : la fille de Michel Blanc. Enfin, du prof con, moche… (voir plus haut). Mais bon, bien sûr, ils mettent une heure (de film) à le découvrir, sinon ce serait trop facile. Là-dessus, le prof se révèle être moins salaud qu'on ne pensait, il propose au jeune héros de lui donner des cours particuliers (si vous voulez mon avis, à ce niveau-là, ce n'est plus de l'indulgence, c'est de la connerie - ah oui, mais c'est vrai qu'il est con, si l'on en croit le jeune héros, qui a eu des mauvaises notes toute l'année, mais en fait c'est un super bon élève). Bon, à part ça, en attendant, le jeune héros fait la teuf avec ses copains. Il ne manque pas un cliché à la galerie : un beau gosse un peu mou qui ressemble à Mike Brandt, un séducteur pas terrible mais déterminé (un rôle à la Francis Perrin dans La Gifle), la meilleure copine (peut-être un peu lesbienne ?) amoureuse du jeune héros mais pas lui, quelques nanas un peu connes sur les bords, une qui tombe enceinte ( la petite amie du séducteur rigolo, elle veut garder le chiard, elle plaque le mec, qui finit par venir s'agenouiller devant chez elle, sous la pluie - vous avez remarqué qu'il n'y a que dans les films que des amoureux transis poireautent sous la pluie ? Dans la vie, ils ont un riflard, ou ils se mettent à l'abri, mais c'est pas cinématrographique) et bien entendu, le meilleur élève de la classe, celui qui passe le bac avec mention TB : un puceau boutonneux avec lunettes, véritable souffre-douleur de nos jeunes héros.
Il y a quand même un moment où je me suis dit : le prof va se révéler en fait un salaud de première, j'ai vu une opportunité lorsqu'il glisse comme ça, l'air de rien, à son insulteur qu'il devrait réviser Descartes, sachant que le jeune héros va en déduire qu'il doit plutôt réviser Aristote. Moi, je m'attendais à ce qu'il interroge le gamin sur Descartes. Mais non, il l'interroge sur Aristote, que le jeune héros a révisé à mort. Moralité, il a 17 sur 20 en philo (alors qu'il avait eu 4 à l'écrit), donc ça veut dire qu'il a le bac.
Le bac, et puis la fille. Parce qu'entre-temps, ils ont découvert qu'ils avaient un lien en la personne du père, mais bon, vous savez comment c'est dans la vie, euh non, pardon, je voulais dire, comment c'est dans les comédies françaises à deux balles : aucun n'ose dire à l'autre qu'il en est amoureux. Alors bon, à la fin, la fille part pour Berlin, et le jeune héros l'apprend de la bouche du père (Michel Blanc, je le rappelle pour ceux qui ne suivaient pas), qui lui dit que le train part dans 9 minutes, et là, comme toujours dans les comédies françaises, en 9 minutes, le jeune héros traverse Bordeaux sur sa mob, il arrive même en avance à la gare, on voit un train qui part mais ce n'est pas le bon, la fille arrive, regards, et que je te coure à la rencontre l'un de l'autre. Fin, Enfin !
Le film se passe dans les années 90, mais franchement, vous pouvez aussi bien regarder La Boum 1, c'est exactement pareil, il y a même une mamie super sympa (Bernadette Laffont), et la famille du prof raté et minable vit dans un appartement d'au moins 150 mètres carrés dans le quartier Saint-Pierre ou des Chartrons, le top du top, et puis aussi la mère, qui a quitté MB parce qu'il est con, moche… (voir plus haut), pour s'en aller avec un Suisse pété de thunes, mais là elle revient, parce qu'elle s'emmerde (forcément, un Suisse riche, c'est encore plus chiant qu'un prof français con, moche, etc.), elle nous la joue le genre : oh, je suis passée comme ça, pour mbrasser mes enfants, ah bon tu es tout seul, ça va, toi ? Et elle mange des raviolis en boite avec MB, et finalement ils rient ensemble, et on se dit que ces deux-là, c'est pas fini si vous voulez mon avis, et c'est Marushka Detmers qui joue le rôle, de retour de chez le boucher esthétique (voir un précédent post)…
Bon, en clair, je me suis super emmerdé et je me suis dit, Jean-Paul, il n'y a pas de raison que tu n'emmerdes pas les autres en leur racontant le film. Dont acte.
A part ça, aujourd'hui, mon cousin germain a 60 ans, et comme je n'ai que deux mois et demi de moins que lui, ça veut dire que j'en aurai bientôt 50, parce que quand on est pédé, on a droit à une petite réduction… Tiens, à propos de pédé, j'y pense, il n'y avait pas de jeune homo dans le film… Bizarre… Ben alors, Berthe, on oublie ses basiques ? Un jeune homo vachement sympa au fond, un peu mignon, très rigolo, que tout le monde aime, comme pas dans la vie…
Vous ne trouvez pas que notre ami d'aujourd'hui a un petit air à la Yoann Gourcuff ? Le beau Yoann qui a marqué deux buts hier soir… Al-lez Bor-deaux ! Marseillais, enculés ! PSG, empaffés !
Classé sous Blog de Jean-Paul Tapie par Jean-Paul Tapie
Commentaires sur Adieu Berthe ! »
Le film est un remake d'un "teen movie" italien "Notte prima degli esami" qui a fait un gros carton il y a trois au quatre ans en Italie. Le rôle principal est tenu par l'une des idoles des petites italiennes, Nicolas Vaporidis (cliquer sur mon nom pour le voir)…