September 26, 2010

Aux abois !

feb04-06La langue française apprécie le vocabulaire de la chasse à courre. On trouve plusieurs expressions de ce sport si contesté, mais qui fait si bien dans les films en costume. Forcer l'animal… Lâcher la meute… Sonner l'hallali… Sonner la curée…

Moi, j'en suis "aux abois". C'est-à-dire que je cours encore dans le sous-bois, mais j'entends déjà les aboiements de la meute sur mes talons. Je devine, à la fatigue qui noue mon corps, que j'ai juste la force de retarder provisoirement l'échéance, pas de la repousser définitivement.

Ce matin, j'ai eu le cran d'aller faire un tour sur mon compte en banque on line. Je n'ai pas été déçu du voyage. Si je vous disais combien il me restera une fois que les cartes bleues du mois auront été payées, vous ne me croiriez pas. Alors autant éviter l'humiliation de vous le dire.

En général, quand on parvient à une telle situation, on fixe le ciel avec de grands yeux innocents et on murmure: "Je ne comprends pas comment j'en suis arrivé là…" Moi, je comprends. Je sais. J'ai voulu vivre au-dessus de mes moyens, mais comme disait un copain, "j'ai essayé de vivre en dessous et je n'y suis pas arrivé". Je ne regrette pas ce que j'ai fait même si je déplore d'en arriver là. Les problèmes de fric n'ont rien de grandiose, ils nous usent sans nous instruire, nous pourrissent le quotidien sans enrichir notre esprit. J'essaie de me raccrocher aux souvenirs que je conserve de l'époque où j'ai dépensé tout cet argent, et Dieu merci, ma mémoire est encore bonne. C'est le moral qui ne l'est pas.

Il me reste deux ou trois jours pour sonner le rappel (tiens, encore le vocabulaire de la vénerie) des derniers sous que l'on me doit et je pourrai alors envisager de continuer en octobre. Et pourquoi pas jusqu'à mon anniversaire ?

En cas d'échec, il faudra vous trouver fissa un nouveau blog !


Classé sous Blog de Jean-Paul Tapie par

Lien permanent Commenter

Laisser un commentaire