May 30, 2008

Blues again !

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    Je ne sais pas pourquoi, cette nuit, le cafard est revenu. Je me suis réveillé après avoir plongé pendant trois-quarts d'heure dans un sommeil très lourd, avec la certitude que j'allais avoir mal aux dents ! J'ai anticipé la douleur à venir, le sommeil heurté, et j'ai failli prendre un somnifère. J'ai résisté, j'ai lu un peu, je me suis rendormi, mais le sommeil a effectivement été chaotique. Ce matin, je me suis réveillé un peu glauque.

    Je crois deviner l'origine de ce retour du cafard. C'est un article dans Télémag, un magazine TV local, au sujet des agences de pub de la Réunion. Il y avait notamment la photo d'un mec qui représente assez bien tout ce que je déteste. Il se prétend écrivain après avoir publié à compte d'auteur un roman dont il affirme avoir vendu plus de 20.000 exemplaires, ce qui lui vaudrait à mon avis de figurer dans le Livre des Records, et le plus drôle, c'est que tout le monde ici le croit. Il faut dire que les gens n'ont aucune notion du tirage moyen d'un bouquin. Ils entendent parler de celui de Marc Lévy ou d'Anne Gavalda et s'imaginent que n'importe quel livre tire au moins à 50.000 exemplaires ! Voilà sans doute pourquoi tant de gens veulent écrire un livre.

    Ce mec est co-gérant d'une agence de pub dont le travail est vraiment médiocre, ce qui ne l'empêche pas d'étaler une auto-satisfaction qui me laisse rêveur. C'est une attitude assez largement partagée par les autres pubeurs de l'île. Ces mecs, qui ne se sont jamais confrontés à la compétition nationale, parisienne surtout, affichent des certitudes et une vanité qui viennent je ne sais d'où. Chaque année a lieu une cérémonie d'attribution de médailles en chocolat, qui à mon avis ne sert qu'à démontrer une seule chose, à savoir la médiocrité de la production locale, et chacun s'y rend avec enthousiasme. Parfois, je me demande si ces gens savent qu'ils vont mourir !

    Je ne sais pas si j'envie ce genre de type capable d'avoir de soi-même une aussi bonne opinion. On me reproche souvent mon auto-dénigrement, mais franchement, cela ne vaut-il pas mieux que l'étalage de sa prétention ? L'opinion des autres importe finalement assez peu ; c'est sa propre opinion de soi qui compte. J'ai du mal à croire que ce genre de type, quand il est seul chez lui, ne mesure pas à quel point il est prétentieux - mais là encore, je crois que je me trompe : ces mecs-là ne doutent de rien, et surtout pas d'eux-mêmes !

    Tant pis, je préfère mon doute !

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Commentaires sur Blues again ! »

May 31, 2008

Patrick @ 2:04 am

Salut Jean-Paul,

Suis tout à fait d'accord avec toi.Beaucoup de gens s'imaginent pouvoir gagner beaucoup d'argent en écrivant ou faisant écrire par un ou DES nègres(Sulitzer)des bouquins somme toute médiocres et/ou complaisants(Christine Angot)..En fait TRES PEU de gens vivent de leur plume….à fortiori dans la rubrique"littérature gay",si tant est qu'une telle appellation ait un sens..Mais le marketing aime bien catégoriser..Pour moi il y a de bons et des mauvais livres…au 19ème, Balzac était couvert de dettes et est mort d'épuisement..Je sais,c'est très caricatural..
Trouver un éditeur est déjà en soi un exploit.
Avec DOLKO,tu fais oeuvre fondatrice et novatrice.Tu as crée la première saga gay.C'est très réussi.Dolko est un personnage transhistorique dont l'évolution psychologique et sensuelle s'affine au cours des volumes.Tu excelles à dépeindre la sensualité de ton héros.Tu as choisi de mettre sur sa route quantité de jeunes hommes aux corps tous plus "mémorables"et désirables les uns que les autres…mais,à partir de cette plastique commune,tu as su,dans chaque scène éerotique,décrire l'essence de chaque caresse,dépeindre en quoi la caresse de Titus et différente de celle de Hermanus différente de celle de Djialo.Tu es le peintre du paysage sensuel…tu rends parfaitement compte des vibrations d'une caresse,d'un baiser.C'est pourquoi je crois pouvoir dire avoir préféré Dolko2 à Dolko1.L'horizon s'élargit dans ce tome et, paradoxalement,l'action se resserre sur Dolko,personnage évolutif et empathie totale avec le lecteur.Par moments,on sent l'ombre portée de Jean-Paul..réflexions souvent désabusées voire amères sur la vie/l'amour..genre aphorismes des contes moraux du 18s.
Pardon d'avoir été aussi bavard.
Sans flagornerie aucune,Jean-Paul,sache que tu as du talent…grâce à Dolko,tu prouves que tu as un réel souffle romanesque et que les censeurs et/ou critiques prennent la plume ou se jettent sur leur clavier pour en faire autant.
Yours,
PatrickB

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