March 11, 2009
Bonjour tristesse !
Je suis en train de lire une biographie de Sagan assez bien écrite et qui ne s'embarrasse pas trop de nous ensevelir sous les dates et les données chiffrées. Mieux que des faits : des anecdotes. En fait, c'est presque un livre sur un style de vie, une époque où la légèreté, la sensualité et la vitesse étaient des vocations. C'est signé Marie-Dominique Lelièvre, je recommande.
Sagan me fait toujours penser à l'un de mes amis, mort du sida en 96, Yves T., à qui j'ai dédié le tome 3 de Dolko (ça lui ferait sûrement une belle jambe, s'il l'apprenait !). Il y avait en lui un peu de l'élégance des héros de Sagan, des gens de cette époque, qui exprimaient leur passion, leur cruauté, leur désespoir avec la même désinvolture. Quand je vois les people d'aujourd'hui, je me dis qu'une page a été résolument tournée et que cette époque ne reviendra jamais. Ces gens avaient même une façon très décontractée de porter des patronymes chargés d'Histoire ou d'histoires. Et aussi une manière très particulière de tenir un verre de scotch ou d'allumer un briquet ou de tenir une cigarette. Elégance et désinvolture me semblent les maîtres-mots pour définir les années 50 à 70. Ensuite, la télévision a pris de plus de plus en d'importance, elle nous a d'abord regardés vivre, puis nous a indiqué comment vivre. Ou plutôt, comment exister. On connaît la suite, et peut-être même la fin.
Un gamin de 17 ans flingue à tout va dans son ancien lycée. Résultat : une quinzaine de morts. Par instant, je crois ressentir la jouissance qu'il y a à tirer ainsi dans le tas. C'est supportable tant que le tas demeure anonyme, le geste a même des connotations littéraires (Lafcadio et l'acte gratuit). Mais quand on tourne son regard du côté des victimes, cela devient immonde, inacceptable, écoeurant. On a envie d'écraser cette petite ordure de 17 ans sous son talon, comme un serpent sournois. Pourtant, il est notre fils et notre frère à tous.
Et comme si l'actualité n'était pas assez triste, j'apprends que la fortune des milliardaires a fondu. Ah, il y a des matins, je vous jure…
Je pars ce soir pour Paris, j'espère pouvoir continuer à vous harceler avec mes posts.
Il ne vous aura pas échappé, j'imagine, que je suis assez porté sur les cultos en ce moment. Je répète et confirme que je n'aime pas les bodybuilders. Mais les garçons et les hommes que je vous montre en ce moment, même s'ils sont un peu trop musclés, le sont avec une grâce et un charme auxquels je ne suis pas insensible. On n'est pas de bois, merde !
Classé sous Blog de Jean-Paul Tapie par Jean-Paul Tapie

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