January 10, 2009
Comment j'ai "outé" Fabrice del Dongo !
Un fidèle lecteur de Dolko regrette que, dans le tome 3, le personnage n'évolue pas comme il l'avait imaginé. C'est le problème, parfois, avec certains héros de romans. A la place de l'auteur, on lui aurait envisagé un autre destin, d'autres péripéties. Eh oui ! Malheureusement, c'est comme ça, et il faut suivre le héros dans des pérégrinations qui ne nous enchantent pas ou l'abandonner. Dans le cas présent, le lecteur m'a paru déterminé à ne pas abandonner.
Quand j'avais quinze ans, je cherchais frénétiquement dans la littérature française des héros qui me ressemblent, qui vivent la même problématique que moi. Autrement dit, des héros qui aiment les garçons. Echec complet. Le seul roman sur ce sujet, à l'époque, c'était "Les amitiés particulières" et je ne me suis jamais reconnu, ni dans son auteur, ni dans ses héros. Je ne connaissais pas encore Marguerite Yourcenar. Alors j'empruntais aux auteurs célèbres leurs héros et je leur imaginais des aventures homosexuelles entre les lignes ou en dehors des chapitres officiels. Je rêvais d'un Fabrice del Dongo qui délaissait Clélia pour s'intéresser à un jeune gardien de sa prison, qui aurait fini par l'aider à s'évader, et se serait évadé avec lui, et ils auraient fini par ouvrir un restaurant à Mykonos… Je rêvais d'un Julien Sorel qui décide d'oublier les femmes et les tourments qu'elles apportent entre les bras d'un jeune lieutenant. Dès qu'un héros classique me plaisait, je l'empruntais à son auteur pour lui imaginer quelques aventures inédites - et impubliables, bien sûr. Le plus drôle, c'est que, n'ayant jamais vraiment accroché à Balzac, je suis passé à côté de Vautrin et de Rastignac ! Aurais-je écrit des livres si j'avais lu ceux d'Honoré ? Je crois que oui, quand même. A dire vrai, je n'étais jamais tout à fait satisfait avec Fabrice ou Julien ou Frédéric ou Rodolphe. Ils manquaient de détermination dans leur amour des garçons, il fallait tout leur souffler, tout leur inspirer. On finit par se lasser.
Cette nuit, j'ai fait une succession de rêves très agréables où tout se passait bien, où je vivais une aventure délicieuse avec un garçon charmant qui ressemblait à Mister D. Le plus doux, c'est que lorsque je me réveillais, le rêve persistait et quand je me rendormais, je le retrouvais, intact et disponible. Il y a des nuits, comme ça… Alors au réveil, j'étais convaincu qu'une bonne nouvelle m'attendait. Or il y avait un mail du traducteur américain qui se donne un mal de chien pour faire publier Dolko aux USA. J'ai eu un frisson. Vite réprimé. En fait, c'était pour me dire que les choses n'avançaient pas vite et que le dernier éditeur contacté ne lui avait toujours pas donné signe de vie.
Retour à la réalité !
Je ne raffole pas des bodybuilders - c'est le moins que je puisse dire - mais celui-ci est juste trop craquant avec sa jolie petite gueule…
Classé sous Blog de Jean-Paul Tapie par Jean-Paul Tapie

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