September 19, 2008
Contre les murs !
Je suis en train de lire le livre de François Bégaudeau, à partir duquel Cantet a réalisé son film primé à Cannes et, je l'ai entendu hier aux infos, sélectionné pour les Oscars. Il s'intitule "Entre les murs", mais à le lire, on pense qu'il devrait plutôt s'intituler "Contre les murs". La description qu'il fait de ce collège donne en effet envie de se cogner la tête contre les murs. On ne sait plus si on doit admirer ceux qui se tournent encore aujourd'hui vers l'enseignement, ou juste les traiter par le dédain ou l'indifférence. S'agit-il vraiment de vocation au sens pur et noble du terme, ou simplement de l'incapacité de choisir une autre voie, d'imaginer qu'il puisse en exister une autre ? Car qui pourrait avoir envie, en lisant ces lignes, d'enseigner quoi que ce soit à ces gosses ? Je n'ai jamais raffolé des enfants, mais il n'est même pas nécessaire de les détester a priori pour en être dégoûté à jamais. Quelles têtes de cons ! Je veux bien faire semblant de croire que le contexte social ceci, l'environnement familial cela, les faillites de l'Education nationale d'un côté, la nécessité de laisser les jeunes s'épanouir d'un autre… Mais au bout du compte, quand on écoute ces gamins, on constate qu'ils sont mal élevés, limités, avec le QI d'une courge, que rien ne les intéresse en dehors des marques de fringues et que toutes ces libertés de comportement qu'on leur a octroyées ne leur servent qu'à mettre le bordel et à ne rien foutre… OK, je veux bien admettre que sur ce plan - comme sur beaucoup d'autres, trop d'autres - je suis un infame réac, mais quand même ! Je me souviens qu'au lycée, quand on s'agitait trop, les baffes pleuvaient. Dès qu'on était mis à la porte d'un cours et que le censeur passait dans le couloir, il nous en collait une sans même poser de question. Il nous convoquait dans son bureau et là, dès qu'on entrait, il nous en collait une autre. Et si j'avais eu l'extravagante idée de m'en plaindre à mes parents, ils m'en auraient collé une troisième. Bon, vous pouvez toujours dire que ce sont ces baffes à répétition qui ont fait de moi le vieux con que je suis aujourd'hui, mais je n'ai pas l'impression que mes condisciples d'alors aient tous aussi mal tourné que moi. Officiellement, je ne suis pas pour le retour de la gifle à l'école - mais si j'étais prof…
Classé sous Blog de Jean-Paul Tapie par Jean-Paul Tapie

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