July 2, 2009
De l'importance de bien rêver la nuit
Je me plaignais récemment que, même dans mes rêves, la nuit, je suis fauché. Je ne veux pas avoir l'air du mec qui se plaint tout le temps, ce que l'on appelle kvetch en yiddish et qui décrit bien, à mon sens, l'attitude, mais quand même… Un rêve doit rester un rêve, et à quoi bon rêver si, dans mes rêves aussi, j'ai du mal à boucler mes fins de nuit ?
Il y a un autre rêve que je fais souvent : je travaille dans unegrande agence de pub et je comprends brusquement que je vais être viré, tout le monde le sait déjà, et personne n'ose m'en parler, et moi je décide lâchement de jouer le mec qui n'est au courant de rien et qui tourne le dos à la réalité, je crois que j'espère que je vais me réveiller avant de recevoir ma lettre de licenciement.
Je suis une insupportable fiotte dans mes rêves !
La nuit dernière, pareil : je me mets à rêver que je suis avec des gens qui me méprisent, qui racontent que je suis un pauvre type, sans envergure, une vraie tâche… Bon, les gens pensent ce qu'ils veulent de moi, ils racontent ce qui leur chante, mais quel besoin ont-ils de venir le faire dans mes rêves ? Ils ne peuvent pas le faire dans les leurs, non ? Est-ce que moi je vais me défendre en intervenant dans leurs rêves ? Non. Alors je dis : chacun rêve ce qui lui plaît-plaît-plaît et on me fout la paix, désormais-mais-mais !
Du coup, ça m'a mis tellement vénère (j'adore quand je parle jeune) que je me suis réveillé. Puis, quand je me suis rendormi, je me suis mis à rêver/penser (je n'avais pas l'impression d'être vraiment endormi, mais je n'étais pas éveillé non plus - je suis un garçon déroutant, parfois, non ?), je me suis donc mis à rêver/penser à Eric de la H., un garçon avec qui j'ai travaillé dans une agence de pub. On l'appelait Bébel, car il avait une gueule assez attirante tout en étant très costaud. Il n'était pas beau, non, mais sa gueule exsudait une sensualité et une masculinité incroyablement sexy. Il s'habillait toujours assez chic, avec de jolies chemises blanches qui mettaient bien en valeur ses larges épaules. Les manches remontées laissaient voir des avant-bras musclés et nerveux. Il avait une bouche très large, hyper sensuelle, le genre à vous rouler des pelles qui vous font remonter les tripes le long de l'oesophage, un long nez et des paupières légèrement obliques, avec de beaux cheveux blonds un peu raides, il était super craquant. Nous avons bossé ensemble pendant un temps et c'était un mec adorable. Tellement sûr de son hétérosexualité que mon homosexualité ne le gênait pas, il n'en faisait aucun cas. Il ne me la jouait pas : bon, je t'autorise à me regarder et à me désirer, mais discrètement, hein, on est entre hommes, je te fais confiance, pas d'hystérie… Il ne me vampait pas non plus. Il était lui, j'étais moi, et c'était parfait, d'autant qu'à l'époque, j'étais raide dingue amoureux du petit Pascal, sans doute le garçon dont j'ai été le plus épris dans ma vie, dont je rêve encore, qui est devenu un peintre qui marche assez bien je crois, et j'en suis content pour lui.
Bon, Eric, Pascal, je vous salue, et si vous avez envie de venir hanter mes rêves, ne vous gênez pas, mais bon, pas de réflexion pénible, hein ? Après tout, ce sont mes rêves, merde !
Classé sous Blog de Jean-Paul Tapie par Jean-Paul Tapie
Commentaires sur De l'importance de bien rêver la nuit »
Oh ! une crevette. Bizarre.