June 17, 2009

De l'importance de marcher en groupe

hwLongtemps, j'ai marché seul. De temps à autre, je randonnais avec un pote. Philippe, au Népal et au Pakistan. Ou Manu, dans les Alpes, la Corse, les Pyrénées. Ou encore avec un petit groupe d'inconnus, en Patagonie, au Pérou ou en Equateur, mais presque toujours, ça se passait assez mal. C'est pour ça que, quand je le pouvais, je marchais tout seul. J'aimais marcher à mon rythme. Qui était un très bon rythme. Je pense que marcher est une des deux ou trois choses où j'ai montré le plus de talent dans ma vie. Si j'avais baisé aussi bien que je marchais, on écrirait des livres sur moi.

Depuis quelques années, je n'ai plus trop le coeur à marcher seul. Il me vient des idées sombres, des appréhensions et je ne pars plus guère en solitaire sur les chemins, silhouette chaplinesque avalée par l'immensité du décor. J'ai donc rejoint, ici, un groupe de randonneurs, avec qui je sors de temps en temps. Hier, par exemple. Comme c'était mercredi, seuls des lycéens et des retraités étaient présents. A ce détail près qu'il n'y avait pas de lycéens. Donc, rien que des vieux. Des gens de mon âge, ou plus. C'est dire.

L'ambiance est vachement sympa. Enfin, j'imagine que tout le monde trouve l'ambiance super sympa. Moi, je la trouve un peu gonflante. Faut dire que la bonne humeur est inscrite dans les statuts du club, article 6 ou 7 : "Dans la bonne humeur, toujours tu marcheras…" Pour moi, la bonne humeur est presque le contraire de la joie. Comme la sympathie est l'opposée du charme. Ou la gentillesse l'opposée du sex appeal. Il y a dans le groupe quelques boute-en-train qu'un car de comité d'entreprise serait fondé à nous envier. Les plaisanteries fusent. Les blagues aussi. Parfois une devinette, un "Monsieur et Madame…" Toujours de bon goût et bon enfant. A tel point que ceux qui ne plaisantent jamais, qui ne racontent jamais d'histoires drôles se sentent encouragés à le faire. Et comme, dans le groupe, tout le monde est super sympa, on rit pour faire plaisir à l'audacieux. Qui du coup se sent encouragé à nous en sortir une autre. Parfois, je me dis que c'est bien d'aller randonner avec eux sans emporter avec moi des grenades à fragmentation. Je pourrais faire un carnage si je m'écoutais. Et surtout, si je les écoutais. Alors je marche toujours un peu à l'écart. Comme a dû le chanter Johnny, à moins que ce ne soit Florent Pagny, un cow boy solitaire est toujours seul, même dans une bande. I'm a poor lonesome randonneur

Le pire, c'est quand, par le plus grand des miracles, on croise d'autres randonneurs parmi lesquels il y a un beau mec sexy. Remarquez, ça n'arrive pratiquement jamais, en vingt ans de marche, j'ai dû croiser une douzaine de randonneurs sexy sur les chemins. Mais bon, des fois, on croise des mecs qui ont l'air presque convenables. Et là, je me pique la honte. Je me vois à travers leurs yeux, un vieux parmi des vieux, un membre des Joyeux Turlurons, et j'ai toujours peur de lire dans le regard croisé : ô mon Dieu, évitez-moi ça quand le temps sera venu!

Du coup, ça me coupe les jambes. Ce n'est pas bon, ça, pour un marcheur. Mais heureusement, je je ne suis pas tout seul, j'ai le groupe pour me soutenir.

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Commentaires sur De l'importance de marcher en groupe »

June 18, 2009

egoiste @ 9:56 am

salut jean Paul… aucun rapport avec le sujet du jour mais merci pour la nouvelle 375 dollars…
je vois qu'il n'y a plus de commentaires sur la nouvelle star.. c'est normal puisque c'est fini… le sevrage est difficile malgre la qualité plutot limite des candidats…

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