September 28, 2010
Des dieux et des hommes et des impôts

Hier, je suis allé voir le film de Xavier Beauvois. Je l'ai trouvé un peu long, un peu répétitif, un peu contemplatif. Il y a cependant une scène que j'ai beaucoup aimée, c'est le dîner où frère Luc met un CD du Lac des Cygnes et apporte deux bouteilles de vin sur la table. Les gros plans de visages étaient très beaux, ils transmettaient une impression d'apaisement, de plénitude, de sérénité. Tout en regardant les mésaventures de ces moines, je me demandais jusqu'où il fallait descendre en soi pour parvenir à un tel renoncement au siècle, à une telle abnégation, à un tel oubli de soi. Surtout, je n'arrivais à pas à décider si c'était admirable ou pas. Je me demandais si j'enviais ou pas leur conviction, leur détermination, même s'ils devaient lutter pour les affirmer. Bien sûr, mes plaisirs m'apparaissent souvent superficiels et légers, mais bon, après tout, l'amour des beaux garçons vaut bien, à mon avis, l'amour de Dieu, quel qu'il soit. D'accord, je ne m'intéresse qu'à une part minime de l'oeuvre divine, mais c'est quand même mieux que rien, non ? L'autre jour, alors que je me traînais lamentablement dans la forêt d'Etang Salé au lieu de courir, je me faisais la réflexion que les deux seules choses qui me feront jamais regretter la vie, ce sont le spectacle de la nature (il y avait une belle lumière dorée sur la mer et les arbres) et celui des beaux mecs, comme celui en photo aujourd'hui. J'admets, on ne confine pas au sublime, mais je fais comme je peux.
Hier, je suis allé voir une responsable des impôts. Assez ironiquement, le centre des impôts de Saint-Paul se trouve rue de la Buse. La Buse était un pirate : il y a presque du cynisme à être installé dans cette rue ! La dame était sympa, malgré une apparence un peu froide (je crois que mon charme austère et viril n'a pas laissé indifférente la femme cachée sous la fonctionnaire), et elle m'a aidé à remplir ma déclaration. Je l'ai terminée ce matin, non sans peine (la déclaration, pas la dame). C'est le genre de corvée qui me donne vachement envie de mourir. Ou alors, d'aller m'enfermer dans un monastère. D'avoir enfin la paix fiscale dont je rêve. Mais tout cela est confus. Il faut que j'y réfléchisse encore. Dès que je n'aurai plus mal à la tête.
Classé sous Blog de Jean-Paul Tapie par Jean-Paul Tapie
Commentaires sur Des dieux et des hommes et des impôts »
Je vous échange les gouts musicaux de mon voisin contre faire votre déclaration d'impot niveau mal de tête…ici ca dur depuis 3 jours!