April 14, 2009
Dors, je le veux…
J'ignore pourquoi mais, en ce moment, j'ai du mal à m'endormir. Ou, pour être plus précis, j'ai peur d'avoir du mal à m'endormir. Forcément, comme je deviens attentif à mon endormissement, je me réveille et j'ai donc la preuve que je ne peux m'endormir. Alors j'avale un demi-Zolpidem, je lis pendant un quart d'heure, et dès que le sens des phrases devient confus, je pose le livre et je m'endors sans plus m'interroger pour savoir si je vais ou non m'endormir. Je me réveille entre 6 et 7 heures, ce qui est plutôt tard pour moi, très légèrement ensuqué, un peu indifférent à la réalité qui m'entoure - ce qui ne saurait être un mal, car cette réalité n'a rien de franchement roboratif. Puis je me lève, je prends mon petit-déjeuner, la journée commence, la vie recommence, une journée de plus, un nouvel échec de l'infarctus pendant le sommeil. Il faudra au moins attendre la nuit prochaine.
Grâce à - ou à cause de - Facebook, des personnes de mon passé ressurgissent. Comme Hervé M., pour lequel j'ai toujours eu un faible. Nous avons eu, il y a très longtemps une liaison un peu bizarre. Il me plaisait beaucoup, mais ne m'excitait guère. J'aimais le retrouver deux ou trois soirs par semaine - il vivait depuis des années avec un mec - pour dîner, un bref calin, mais pas de coït. Je ne bandais tout simplement pas. Mais je raffolais de sa gentillesse, de son charme (il avait un sourire très craquant, et aussi des regards vifs et enjoués), de sa fausse indolence (il est devenu réalisateur à la télé, j'imagine que ce n'est pas un boulot pour les mous). Il travaillait à l'époque à Télé-Matin et, le soir, quand on se voyait, il me demandait quel clip j'avais envie de voir le lendemain. Une fois sur deux, je lui demandais une chanson que j'adorais à l'époque, je ne sais pourquoi: "Elle préfère l'amour en mer", de Philippe Lavil. Le lendemain matin, je pouvais écouter ma chanson. C'est rare, chez les gays, ce genre d'attention… Aujourd'hui, Hervé ne travaille plus et passe son temps entre Paris, Ibiza et Buenos-Ayres. Je connais des triangles plus biscornus. Il ne travaille plus. Que fait-on quand on ne travaille plus ? On vit ?
Classé sous Blog de Jean-Paul Tapie par Jean-Paul Tapie
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