August 4, 2010
Faith Book
Un ami de longue date, Hervé, que j'ai retrouvé sur Facebook, a annoncé son intention de se désinscrire de ce service, estimant que c'était davantage un lieu d'exhibitionnisme personnel que d'échange. J'avoue ne pas être sûr d'avoir bien compris ce qu'il en avait attendu en s'inscrivant. Il me paraît toujours naïf de trop espérer de ces nouveaux moyens de communication, comme le blog, ou le mail, présentés comme de véritables révolutions. Beaucoup de gens, qui ne sont pas très doués pour la communication, semblent espérer constamment que l'on invente un moyen qui la rende facile pour tous. Mais non : Facebook et autres rendent la communication plus rapide, plus universelle, plus distrayante, mais pas plus facile.
Ces optimistes de Facebook me font penser à certains clients du Club Med autrefois. Il fut un temps où j'y allais souvent et j'ai rencontré quantité de garçons peu gâtés par la nature, un peu lourdauds et patauds, qui espéraient trouver dans ce club de vacances la fin de leur difficulté à rencontrer une fille. Ils s'imaginaient sans doute qu'il suffisait de s'appuyer contre le comptoir du bar, ou de se tenir en bordure de la piste de danse, ou de marcher le long de la plage, pour qu'aussitôt une fille s'approche de vous et vous suggère qu'une virée dans votre chambre s'impose sur le champ. Malheureusement, non ! Le Club a juste rendu la drague plus facile à ceux pour qui elle n'avait jamais été difficile. Facebook aide à communiquer ceux qui n'ont jamais eu de mal à le faire. Pour trouver des béquilles informatiques, il faudra repasser, j'en ai peur.
Personnellement, j'aime Facebook avec modération mais, comme je m'ennuie, j'y passe plusieurs fois par jour. Je laisse rarement un statut, mais j'en commente volontiers quelques-uns. Il y a cependant des choses qui m'agacent sur ce site, comme par exemple le fait de recevoir les commentaires suivant le mien, et qui n'ont rien à voir avec le mien : j'ai un peu l'impression d'ouvrir le courrier d'un inconnu. D'ailleurs, très symptomatiquement, j'ai dirigé tous les messages provenant de Facebook vers mes Indésirables. Là, je les trie et je les lis quand ils me concernent. Mais je n'en garde pas un sur dix.
Pour conclure, je crois qu'il ne faut pas trop croire en Facebook. Quand on considère la tronche de son inventeur, avec son look de petit Juif new yorkais puceau et boutonneux (on croit distinguer sa mère dans le fond de la photo), on comprend mieux sa raison d'être !
Aujourd'hui, pour la troisième fois consécutive, une photo de Lionel André représentant un garçon nommé Florent Ré (joli nom, n'est-ce pas ?) avec qui, d'ailleurs, je suis ami sur Facebook. C'est un garçon que je qualifierais de "très beau garçon ordinaire", ce qui n'est nullement péjoratif sous ma plume. Cela signifie simplement que, contrairement à bien des mannequins dont on se demande s'ils vivent une vraie vie sur notre planète, ce garçon-ci donne l'impression qu'on pourrait le croiser au prochain coin de rue - et tomber en arrêt devant lui, surtout s'il a l'excellente idée de se promener dans cette tenue !
Il y a une autre raison qui me fait m'arrêter et rêver sur cette photo : elle a été prise en bord d'océan (ce pourrait être la côte girondine ou landaise), dans des dunes couvertes de lentisques et d'ajoncs - et tous ceux qui m'ont lu (ils ne sont pas, hélas, assez nombreux à mon goût) savent combien je suis sensible à ce décor !
Classé sous Blog de Jean-Paul Tapie par Jean-Paul Tapie
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