June 3, 2008

Homosexualité et Sexualité Homo !

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    Les récentes vitupérations assassines d'un roquet qui a sa niche aux Canaries m'ont amené à réfléchir : en cela au moins, elles n'auront pas été inutiles. Ses reproches amers quant à mon glissement progressif vers la pornographie et quant aux illustrations obscènes sur mon site (vous le trouvez obscène, vous, ce mec en chemise à carreaux ?) m'ont aidé à mesure à quel point ceux qui se veulent les intellectuels du monde gay se méfient de la sexualité, voire la haïssent. Ils sont à l'image des prêtres, des imams et des rabbins, qui voient dans le plaisir une puissance capable de détourner leurs ouailles de la discipline et de la contrition.

    Il serait trop facile d'expliquer cette méfiance, ce mépris, cette haine uniquement par l'incapacité de ces ayatollahs à accéder eux-mêmes au plaisir, généralement à cause d'un physique médiocre. Non, je crois que cela va plus loin. Souvenons-nous de l'accueil que les médias gays ont réservé à Dustan quand il s'est mis à parler crument de sexe, ou à celui auquel Erik Rémès a droit aujourd'hui.

    Je crois que ces contempteurs du plaisir voudraient que l'homosexualité soit autre chose qu'une sexualité homo. Malheureusement pour eux, l'homosexualité n'est pas autre chose. Ce n'est pas une foi, une philosophie, une façon de vivre. Juste une façon de baiser. Ce qui la rend différente de l'hétérosexualité, ce n'est pas sa nature même, c'est l'homophobie. C'est l'homophobie qui provoque chez les homosexuels des comportements, des attitudes, des réactions qui prennent, notamment à l'adolescence, une ampleur et une intensité dangereuses. Mais ceci est de moins en moins vrai : la jeune génération ne traîne plus derrière elle le poids de la honte comme un boulet. Un de mes lecteurs, Fred, de Strasbourg, m'écrit qu'avant Dolko, il n'avait pas eu de goût à lire de la prose homosexuelle, car elle lui semblait se complaire dans le souvenir de la honte, le poids du deuil, toute une misérologie, si j'ose dire, de sa sexualité. Or, si l'on décide de tourner le dos à ces témoignagnes sur la haine et le malheur d'être homo, que reste-t-il à dire ? Le plaisir, la jouissance, l'excitation. Le goût des beaux corps, la quête d'une jolie paire de fesses ou d'une belle queue, la chasse en tout lieu et à toute heure, la rencontre d'un regard coquin ou d'une bouche gourmande. Désolé, messieurs les ayatollahs, je crains fort que, désormais, la littérature homosexuelle devienne une littérature du plaisir et de la jouissance.

    Soyons plutôt Dolko si c'est notre désir !

    

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