January 11, 2012

Je hais les preneurs de son !

jeune-mec-brun-muscleD'accord, je suis sourd de l'oreille gauche depuis l'adolescence (ce qui fait que, depuis 45 ans, je n'entends qu'une connerie sur deux). Quand je marche dans la rue avec quelqu'un, je suis constamment obligé de me placer à sa gauche, ce qui me contraint parfois à des chorégraphies étranges qui troublent mon co-déambulateur. Je négocie avec les maîtresses de maison une place précise à table. Bref, j'ai pris l'habitude de vivre avec, et j'ai même fini par savoir à peu près lire sur les lèvres. Je préfère l'opéra à un concert, parce que l'action sur scène me permet de ne pas me concentrer comme un fou sur le son, ce qui est très fatigant à la longue. Je n'ai jamais pu entrer dans une discothèque où la musique joue à donf qu'à demi bourré, parce que l'alcool m'empêche de faire trop attention aux décibels environnants.

Je sais qu'avec les années, mon audition va empirer, mais encore aujourd'hui, elle est très largement suffisante. Seulement, depuis quelque temps, j'ai remarqué que j'ai de plus en plus de mal à entendre les dialogues dans les films. Alors certes, mon canapé se trouve un mètre trop loin de mon poste de télé (je dois penser également à mes yeux). Mais quand je regarde un débat ou le journal télévisé, je n'ai aucun problème de compréhension. Parce que les journalistes articulent et qu'il n'y a pas de bruit de fond. Je ne sais pas si c'est une mode ou quoi, mais dans les films, et particulièrement les films français, les bruits de fond sont des parasites absolus. J'imagine l'ingénieur dans son studio en train de se dire : "Attends, là, je vais rajouter des oiseaux… Et puis un train qui siffle dans la nuit (parce que c'est triste…)… Ah oui, et puis un avion qui va atterrir… Et une mobylette dans le lointain… Et un cheval qui hennit… Et une huitre qui bâille…" Cela n'en finit pas. Du coup, même des acteurs du Français, avec leur diction impeccable, ne parviennent pas à se faire comprendre avec tout ce raffut environnant. D'autant que, par là-dessus, on ajoute la musique. C'est vrai, quoi, la musique, c'est important dans la vie de tous les jours, elle accompagne chacune de nos actions, chacun de nos dialogues, il ne s'agirait pas de l'oublier.

Alors prenez un film comme celui d'hier soir, "La permission de minuit" (pas mal, entre parenthèses), avec des ados qui maugréent et un Vincent Lindon qui bouffe un mot sur deux et chuchote l'autre, et vous comprendrez que la seule que j'ai entendue dans ce film, c'était Emmanuelle Devos. Du coup, le film n'était peut-être même pas bien, c'est moi qui l'ai imaginé.

Par pitié, donnez-moi des ingénieurs du son minimalistes et des acteurs qui articulent - ou je fais la sourde oreille !

Vous voyez, je n'hésite pas à partager avec vous mes petites défaillances physiques. Demain, nous parlerons de mes fuites urinaires.

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Commentaires sur Je hais les preneurs de son ! »

January 12, 2012

charles @ 5:08 am

ben… faudrait pas se tromper de cible! preneurs et ingénieurs du son n'y sont pas pour grand chose… c'est plutôt au metteur en scene qu'il faudrait s'en prendre, voir au producteur qui peut prévoir des "royalties" si la musique devient un tube grace au film :-)! bon … ce que j'en dis …

walter @ 2:27 pm

Je me plains depuis des années de rater une grande partie des dialogues dans les films français. J'ai longtemps pensé que c'était dû à une maîtrise défaillante de la langue française, de ma part. Mais depuis que plusieurs de mes amis, qui ne sont pas de pauvres immigrés comme moi, m'ont assuré qu'ils ont les mêmes problèmes - tu n'es donc pas le seul - je n'ai plus de complexes dans ce domaine mais préfère regarder des films étrangers sous-titrés. Je crois que la responsabilité revient d'abord aux acteurs qui articulent mal. Parce qu'ils veulent "faire vrai".

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