April 11, 2010

Jean-Paul avant Tapie

jeff-grant1Titre inspiré, bien évidemment, du film d'Anne Fontaine que j'ai vu hier soir sur Canal, "Coco avant Chanel". A quoi ressemblais-je quand je n'étais encore qu'un adolescent anonyme, bien avant de devenir l'écrivain adulé de toute une génération ? Ben, à rien. Et je n'ai pas changé : je ne ressemble toujours pas à grand chose.

J'ai lu l'autre jour le roman du neveu d'une amie,  "Les carnets blancs", de Mathieu Simonet. Mathieu y raconte une anecdote qui m'a fait frémir, éveillant en moi de douloureux mais toujours vivaces (ou vivaces mais toujours douloureux ?) souvenirs. Il raconte comment sa mère un jour s'est moquée de lui en contrefaisant ses manières efféminées. Terrible, non ? Moi aussi, j'ai vécu quelque chose comme ça, ma mère racontant à qui voulait l'entendre qu'enfant, je me déguisais en cachette (en fait, pas si en cachette que ça puisqu'elle m'avait surpris) avec une jupe de ma soeur aînée, une très jolie petite jupe rayée vert et blanc qui m'allait à ravir (d'ailleurs, je la porte encore). Ma mère racontait ça devant moi à des voisins qui ricanaient, en déclarant qu'elle et mon père avaient peur que je vire tantouse. On se demande où elle allait chercher une telle appréhension que l'avenir s'est chargé rapidement de dissiper. Ou pas.

Parfois, je me demande si j'ai trahi ou déçu l'adolescent que j'ai été. Même pas. Bon, à quinze ans, je m'inventais des histoires dont j'étais le héros et où tout le monde m'aimait, mais je savais déjà que c'étaient des conneries. On ne peut pas avoir été aussi malheureux que je l'ai été à 15 ans pour devenir heureux, même en modèle XS, par la suite. Faut pas déconner. Le bonheur, c'est comme le vélo, ça s'apprend tout petit. On peut avoir raison contre les autres, mais pas contre les siens. Quand les membres de votre propre famille trouvent que vous êtes un objet de dérision et de honte, il y a peu de chances que vous soyez en route pour le sublime. Vous faites au mieux. Vous improvisez. Vous êtes une barque qui coule : vous ne vous montrez pas trop difficile sur la qualité des réparations. Tant que ça flotte… Alors voilà, depuis l'âge de 15 ans, je surnage, je flotte, et à présent que je n'ai plus trop la force de ramer, je coule doucement. Sans majesté ni émotion. Je ne suis pas le Titanic. Juste un ferry boat indonésien ou une chaloupe mahoraise trop lourdement chargée d'immigrants clandestins.

Plouf ! Glou glou !


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Commentaires sur Jean-Paul avant Tapie »

April 12, 2010

sameplayer @ 12:23 pm

Dans ma famille, c'est mon plus jeune frère qui pleurait pour être habillé en fille. Ma mère l'emmenait au marché en jupe et il était super content. Ca lui a passé assez vite. Il a aujourd'hui une épouse (charmante dans un genre ultra-classique) et 2 enfants qui vont très bien, merci. Moi, je n'ai jamais eu l'envie ni même l'idée de m'habiller en fille. Je trouve que ça va loin comme témoignage. J'appelais surtout pour féliciter la sympathique équipe.

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