February 8, 2008

J'écris avec mon sang !

J'adore les phrases grotesques, boursouflées, ampoulées, prétentieuses, alourdies d'un cocktail de bêtise et de vanité. Le genre qu'affectionnent les hommes politiques. Genre: "J'ai mal à la France!" C'est une phrase de droite, prononcée en général par un député ou un ancien ministre qui n'a fait que la preuve de son incompétence depuis trente ans et qui s'exprime au sujet de la politique socialiste. "Quand je vois notre politique extérieure, Monsieur, j'ai mal à la France!" Eh bien soigne-toi, Ducon !

Moi, j'écris avec mon sang ! C'est de ma chair que je nourris le papier ! C'est ma vie que je dénude sous vos yeux ! C'est mon coeur que je mets à nu pour combler votre voracité ! Le lecteur vient me ronger la viande sur l'os à vif ! Empiffre-toi de mes textes, cannibale !

Je trouve ça incroyablement culotté d'écrire ou de dire des conneries dans ce genre, car en fait c'est très jouissif d'écrire. Plus que de lire. Plus même que de se branler, parfois. D'ailleurs souvent, j'écris et je me branle après.

Depuis quelques jours, depuis que j'ai terminé les corrections de Dolko, je me sentais un peu désoeuvré, inutile, désemparé. Depuis trois jours, je me suis lancé dans un livre qui probablement ne verra jamais le jour mais dont je rédige quinze à vingt pages par jour. Ce n'est pas un manuscrit, c'est un pansement, un traitement renouvelable à volonté mais qui n'est pas remboursé par la Sécu. Un soin qui me fait oublier tout le reste, le fric qui file, les dettes qui s'accumulent, le succès qui ne vient toujours pas, ou alors au compte-gouttes, le temps qui passe, les chairs qui s'affaissent, la mémoire qui se fatigue, l'espérance qui s'assèche. Mourir n'est rien. C'est mourir peu à peu qui est grave. Enfin, ce qui est grave, c'est qu'on s'y habitue et qu'on déplace chaque jour un peu plus loin le point de non-retour, celui où l'on se dit : à partir de là, non, c'est fini, rideau, on ferme la boutique, on met la clef sous la porte. Mais on continue tout de même à ouvrir, au cas où un client se présenterait…

Foutu sens du commerce !

J'aime l'aspect très naturel de ce garçon, car il me raconte une histoire. Nous nous sommes rencontrés hier soir dans un bar. Il avait pas mal bu. Je n'ai pas eu trop de mal à le ramener chez moi. Avant de dormir, nous avons baisé. Lourdement, mais agréablement quand même. J'ai vraiment pris mon pied. Maintenant, c'est le matin. Il se réveille. Il va peut-être faire la gueule en me voyant. Il va se reprocher d'avoir bu et d'être rentré avec n'importe qui. Mais peut-être pas. Il va peut-être me sourire, me dire bonjour, me demander si ça va puis, après un silence, d'une voix à la fois amusée et gênée : "Excuse-moi, mais c'est quoi ton prénom, déjàdsc00242ok7.jpg…?"

Classé sous Blog de Jean-Paul Tapie, Dolko, Ecrire, Homosexualité, Lecteurs par

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Commentaires sur J'écris avec mon sang ! »

November 5, 2010

Ya @ 3:44 am

J'adoooore !

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