July 27, 2010

J'irai (encore) cracher sur Nothomb

slip-orange-02Après le grotesque "Acide sulfurique", je m'étais promis de ne plus rien lire d'Amélie Nothomb. Et puis l'autre jour, à ma bibliothèque, son roman de l'année 2009 était sur un présentoir, je l'ai pris. "Un voyage d'hiver", que ça s'appelle. L'histoire abracadabrantesque d'un mec qui va détourner un avion et le jeter sur la tour Eiffel pour une obscure histoire d'amour. Franchement, je me demande ce que ressentent les gens qui ont déboursé 15 euros (prix conseillé, achat déconseillé) une fois qu'ils l'ont lu. C'est d'une sottise et d'une prétention renversantes. Une affectation stupide à trouver des prénoms à la mords-moi-l'noeud, genre Astrolabe et Zoïle. J'imagine que ça épate la ménagère de moins de 50 neurones. Je comprends - même si je n'approuve pas - que l'on puisse aimer Lévy ou Musso. Ou encore Gavalda ou Pancol. Ce sont au fond des livres sans grande prétention, comme leurs auteurs. Mais je suis sûr que Nothomb se considère comme l'héritière des Colette, Yourcenar ou Sagan. Alors que je donnerais toute son oeuvre pour un seul adjectif de Sagan. Ou même pour un point-virgule de Sagan. Son succès a quelque chose de déprimant, non seulement pour les autres écrivains (moi moi moi), mais surtout pour la littérature française. Ce serait bien qu'elle épouse Beigbeider et qu'au lieu de nous faire des gosses (vu leur physique), ils rédigent un livre par an à quatre mains. Cela nous en fera déjà un d'épargné chaque année, et quand il ne vous reste plus longtemps à vivre, comme moi, croyez-moi, c'est toujours ça de gagné.

Hier, j'ai vu brièvement dans un film une comédienne que j'idolâtre, Hiam Abbass, arabe israélienne, actrice et réalisatrice palestinienne. Je me souviens d'une conversation télévisée entre elle et  Ronit Elkabetz. La paix viendra par les femmes. Hiam a le beau visage de l'espoir - et sa voix est un enchantement, surtout quand elle parle français. Elle était formidable dans le formidable film israélien "Les citronniers". Mais d'ailleurs, elle est toujours formidable. Je donnerais toute l'oeuvre d'Amélie Nothomb pour un seul plan d'elle, de dos, vue de loin, au crépuscule, même mal éclairée.

PS : j'ai déjà utilisé ce titre une fois (d'où 'encore'), mais je le trouve vraiment excellent !

PPS : je sais, le mec d'aujourd'hui est un poil bellâtre, mais avouez qu'il n'y a rien de plus crispant que l'extrême beauté qui ne nous rend pas extrêmement envieux ! C'est le genre de mec qu'on aimerait trimbaler dans le Marais un samedi soir, en sachant que l'on est furieusement grotesque et pathétique, mais on s'en foutrait, parce que les cadavres de mecs jaloux joncheraient le sol sur notre passage !


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