September 20, 2008
Koh Lanta, mon amour !
J'ai regardé hier soir, jusque assez tard dans la nuit, la finale de Koh Lanta. Pourtant j'étais moins motivé depuis que le seul beau mec de l'émission, Christopher, avait dû abandonner pour raisons médicales - je me demande s'il n'y a pas une entourloupette là-dessous, parce que mec avait l'air de péter la forme, il n'a que 25 ans, il est très bien foutu et excellent en sport, il avait tout pour gagner, même un côté sympa… Ce qui me frappe, dans cette émission, c'est, d'une part, la vitesse à laquelle les gens se mettent à se haïr, d'autre part, leur attachement quasi hystérique à leur première équipe, même quand il n'y en a plus qu'une seule. Ils préfèrent voter contre un concurrent sympa ou méritant de l'autre équipe plutôt que contre un con ou un nul de la leur.
Quand j'ai envie de me distraire, j'essaie de m'imaginer dans le jeu. Je crois qu'il ne faudrait pas longtemps à qui que ce soit pour me détester et avoir envie de me faire gicler. Je suis moi-même fasciné, parfois, par mon aisance à me faire détester. C'est presque un don, à ce niveau. Le pire, c'est que presque toujours je vois ce qu'il faudrait faire pour que les gens ne me prennent pas en grippe, mais je ne peux m'en empêcher. C'est presque compulsif. Je me dis : garde cette réflexion caustique pour toi… mais elle sort encore plus vite qu'un pataquès dans la bouche d'un animateur de télé. Il FAUT que je la laisse sortir, sinon elle va pourrir en moi et m'empoisonner. Oui, si j'avais jamais participé à ce jeu, j'aurais été obligé de gagner toutes les épreuves d'immunité, sinon j'aurais été aussitôt éliminé.
Mais bon, je n'irai jamais à Koh Lanta. J'ai 58 ans, bientôt 59, et c'est canonique pour les producteurs de l'émission. Cette année, il y avait un type assez sympa de 56 ans et le commentateur n'en finissait pas de s'ébahir de le voir encore capable de rester debout après une semaine, alors qu'il était meilleur que bien des plus jeunes.
Pourtant, quand je pense à toutes ces opportunités de se faire détester, de manifester publiquement mon intolérance et mon agressivité, mon aptitude à répandre ma bile sur autrui, je me dis que je suis passé à côté de quelque chose en ne participant pas à ce jeu. Les producteurs, s'ils me connaissaient, regretteraient sans doute de ne pas m'avoir contacté : j'aurais fâché tous les concurrents les uns contre les autres. Comme disait Aznavour (et ma mère), je ferais battre des montagnes.
Classé sous Blog de Jean-Paul Tapie par Jean-Paul Tapie

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