August 28, 2008
La navrante certitude du sport

On parle souvent de la glorieuse incertitude du sport pour expliquer qu'un favori n'a pas rempli tout à fait son contrat. Mais on pourrait parfois parler aussi de navrante certitude. On savait, quasiment avec certitude, que Mehdi Baala, à son habitude, terminerait au pied du podium. D'ailleurs, il a pris soin de démarrer suffisamment tard pour éviter une médaille. On savait aussi que Romain Mesnil raterait la barre de qualification pour la finale. C'était écrit.
On savait que Richard Gasquet, qui s'était soigneusement préparé pour l'US Open, choisissant de ne pas se faire éliminer au premier tour du tournoi des Jeux, se ferait sortir dès son entrée en lice. Bon, d'accord, Tommy Haas, ce n'était pas exactement un cadeau. Mais l'avantage, avec certains champions, c'est que peu importe leurs adversaires : leur trajet est inéluctable. Celui de Romain Mesnil est d'avoir eu la malchance de devenir champion d'un sport dans lequel a brillé Galfione. Il est pourtant plutôt joli garçon, Romain Mesnil. Mais bon, comparé à Galfione, c'est quand même la catégorie en dessous. A partir de là, se planter lors des grands rendez-vous devient presque un must, une obligation. Gasquet aussi : il est condamné à être le numéro un français qui voit toujours un autre compatriote faire mieux que lui, quel que soit le tournoi : Tsonga à l'Open d'Australie, Monfils à Roland-Garros, Clément à Wimbledon, n'importe qui n'importe où ailleurs.
C'est drôle, parce que je pense que je suis plus proche, dans les faits, de ces mecs-là que des autres. Et pourtant, je ne les aime pas. Sans doute le rejet instinctif du raté pour les autres ratés.
Classé sous Blog de Jean-Paul Tapie par Jean-Paul Tapie
Commentaires sur La navrante certitude du sport »
Je découvre ton blogue par l'intermédiaire de celui de Messire loup. L'un des passages de ta "biographie arrangée" m'a bien fait rire, du coup, j'ai parcouru le reste. J'aime beaucoup la façon dont tu écris… alors, hop, dans mes favoris ;))