December 30, 2008
La petite pochette à la main
Je vois souvent une pub en ce moment sur les chaînes du cable. Il s'agit d'une mise en garde pour que les parents surveillent les connections internet de leurs enfants. On y voit débarquer dans une maison bourgeoise toute une série de personnages inquiétants, qu'une mère inconsciente accueille avec chaleur : des skinheads, des néo-nazis, des putes, des adeptes du SM, une espèce de Terminator, qui tous demandent après un certain Arthur, qui est en haut dans sa chambre, leur apprend la mère avec une effarante bonne volonté. A la fin surgit un type avec une face aussi gluante et ruisselante que celle de Von H. Il demande, en désignant une petite fille : "C'est la ravissante petite Anna ?… Tu en as un joli lapin ! Viens avec moi, je vais t'en montrer un vrai…" Et il s'éloigne, la petite fille dans une main, une petite pochette en cuir dans l'autre.
C'est ce détail que je trouve génial et qui, à mon sens, donne à la scène toute sa violence : cette petite pochette de cuir. On ignore ce qu'elle contient, mais on devine que ça a un lien avec ce qu'il entend faire avec la petite fille. On en tremble, on en frissonne. Je trouve que ce détail fait tout, comme le bandeau sur l'oeil du personnage des chemises Hathaway - seuls les publicitaires quinquagénaires savent de quoi je parle.
Un détail peut donner un prolongement inoui, une profondeur troublante à une photo, un film, une histoire. Tenez, prenez le ballon de rugby : ferait-on attention au garçon qui le tient s'il avait les mains vides ? Pas sûr. Quoique… Si, quand même, on le remarquerait, ne serait-ce qu'à cause de ce caleçon à carreaux qui dépasse du short. En voilà, un autre détail !
Classé sous Blog de Jean-Paul Tapie par Jean-Paul Tapie

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