June 13, 2008

La place de l'adjectif

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    Têtu et moi, nous avons passé un marché : ils ne parlent jamais de moi et je n'achète jamais un de leurs numéros (mais bien sûr, si un jour ils se décident à parler de Dolko, j'achèterai tout de suite le numéro où se produira ce petit miracle!). Evidemment, comme tous les mecs qui affirment ne jamais lire Play Boy ou les femmes qui prétendent ne jamais ouvrir Closer ou Entrevue, je me précipite sur le magazine dès que je le trouve chez des amis.

    Dans le numéro de ce mois-ci, un titre alléchant happe tout de suite mon attention : "Lutte, natation, judo, rugby… Les gays du stade" Mon sang ne fait qu'un tour, l'eau me vient à la bouche : je bondis jusqu'à la page 86, prêt à découvrir le coming out de quelques-unes de ces stars du sport qui nous font rêver à longueurs de compétitions et de calendriers, pour m'apercevoir que ce qu'on nous présente, ce ne sont pas des sportifs gays, mais des gays sportifs. Cela n'a l'air de rien, comme ça, mais ça fait a hell of a difference comme disent nos amis anglo-saxons - quand je suis déçu, je m'exprime spontanément en anglais, genre Fuck, man, is that what you call a big dick ? Un de mes professeurs, au lycée, insistait volontiers sur la place de l'adjectif : une fille sacrée n'est pas une sacrée fille. Un sportif gay et un gay sportif, cela n'a rien à voir. Le premier est, presque toujours, super bien foutu et performant, le second est, trop souvent, enrobé et essoufflé. Et puis c'est toujours pareil, c'est un peu comme pour le pacs ou le mariage gay : les mecs qui acceptent de se montrer dans un article ou un reportage vous donnent rarement envie d'essayer de briser leur couple. Les gays sportifs vous donneraient plutôt envie de faire la patate de divan en regardant Eurosports ou Sport Plus et en mangeant des chamallows.

    Bon, comme je me suis convaincu récemment de faire des efforts dans le politiquement correct et de m'acharner à trouver admirable la seule intention de certains individus, je vais dire que c'est vachement bien, tous ces mecs qui font du sport. Je vais le dire, le redire et le proclamer à haute voix. Même si une voix odieuse, en moi, suggère qu'ils n'ont rien de mieux à faire question activité physique… Oh, que je suis méchant ! Mais ça, ne cherchez pas, c'est l'amertume de l'insuccès littéraire, l'aigreur des petits tirages, la fourberie de l'anonymat artistique.

    Une consolation quand même si vous achetez Têtu de ce mois-ci, juste la page après ce reportage, il y a un portfolio sur un mannequin nommé Ryan Carney. J'ignore si Ryan est gay, je le soupçonne d'être un peu sportif, mais il vous réconcilie immédiatement avec la photographie.

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Commentaires sur La place de l'adjectif »

June 14, 2008

julien @ 8:10 am

bonjour. Je découvre ton blog en cliquant sur le lien de l'excellent site gym fanatic.j'ai lu quelques un de tes billets toujours superbement illustrés de mecs superbes.Ca me donne envie de faire connaissance avec Dolko (quoique le nom évoque en moi un antalgique a base de paracétamol) je ne sais pas si tu as mis dans ton site quelques "échantillons " de ta litérature ou si celle ci est accessible sur le net (moyennant bien sur quelques royalties).
Si tu as le temps (et l'envie) de mieux me connaitre je te joins le lien de mon blog.Bonne lecture…
egoiste

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