December 29, 2008
Le retour de Mister D
J'ai reçu hier un mail de Mister D. Vous savez, ce jeune Suisse (en fait, pas si jeune que cela, mais on ne lui aurait pas donné plus de trente ans), très mignon et super bien foutu, que j'avais rencontré dans une gaie guest house de Capetown. Je désespérais d'avoir de mes nouvelles, mais finalement, hier, j'en ai reçues. Je ne devrais pas être surpris : le Suisse est lent, dit-on. Bon, à part ça, Mister D va bien et il m'avoue suivre fidèlement tous mes conseils, notamment le plus important, qui est de ne pas les suivre. Il m'affirme qu'un joli sourire est toujours ce qui déclenche son désir, mais je suis convaincu qu'un de ces jours, un joli biceps, de belles fesses ou un paquet prometteur le bouleverseront tout autant.
Je reviens à l'instant de l'hôpital de Saint-Pierre où j'ai passé un Bili-IRM. Pénible expérience pour qui est claustrophobe. A deux reprises, j'ai cru que j'allais appuyer sur la sonnette de secours tant j'avais l'impression d'étouffer. J'essayais de me concentrer sur des images positives (rien de sensuel, il n'y avait même pas la place pour bander !), mais tout ce que je voyais, c'était Kill Bill 2, quand Uma Thurman est enterrée vivante, pour moi le comble de l'horreur. Enfin bon, j'ai survécu, et sans me couvrir de ridicule. A la réception, l'infirmière s'est étonnée que je sois célibataire. "Mais comment ça se fait ?" m'a-t-elle demandé à deux reprises, sans doute sidérée qu'un aussi beau quinquagénaire n'ait pas trouvé l'âme soeur. Je lui ai demandé si elle voulait vraiment savoir pourquoi, elle a dit oui, j'ai répondu - et elle est devenue moins prolixe.
Hier soir, j'ai vu un film à la gloire d'un acteur français, choisi pour interpréter Mermoz, qui a été déporté pour cause d'homosexualité. C'est génial, la France : on finit par admettre qu'il a existé une déportation des homosexuels - même si elle ne saurait être comparée à celle des Tziganes et des Juifs, encore que, comme disait un écrivain juif, là, c'est l'intention qui compte plus que le résultat - juste une poignée d'années avant que tout le monde ait oublié qu'il y a eu une deuxième guerre mondiale. Je me souviens qu'il y a quelques années, des représentants de la communauté juive et des anciens combattants avaient refusé de participer à une cérémonie commémorative aux côtés d'un représentant des homosexuels : ultime victoire du nazisme. A croire que les camps, c'était comme les avions : on va tous au même endroit, mais pas dans les mêmes conditions. Navrant.
Classé sous Blog de Jean-Paul Tapie par Jean-Paul Tapie

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