December 9, 2009

Les films chiants

nickauger05Je ne déteste pas, une fois de temps en temps, regarder un film chiant. Les films chiants, comme les gens cons, nous font encore davantage apprécier ceux qui ne le sont pas.

Dans la série, j'ai vu hier un film d'un réalisateur italien intitulé "L'amour caché" (vraiment bien caché) avec Isabelle Huppert et Mélanie Laurent. La relation d'une mère et d'une fille qui ne s'aiment pas, on ne saura jamais très bien pourquoi. Mais l'avantage des films chiants, c'est qu'on n'a pas besoin de tout comprendre pour s'y emmerder le plus intensément possible. Voir Huppert accoucher à 56 ans et prendre sur son ventre un nouveau-né fait virer un instant le film au film gore. Car malgré les progrès du maquillage et l'utilisation de larges focales, on a quand même l'impression d'assister à une de ces naissances monstrueuses qui défraient régulièrement la chronique. Ensuite, on voit Isabelle Huppert vivre en famille aux côtés d'un mari qui a l'air d'être son fils. Bon. Un peu plus tard, lors d'un transfert entre deux institutions psychiatriques, elle s'échappe, se promène dans les rues et se fait draguer par un très beau mec, genre gigolo (pas mon genre, mais incontestablement beau mec), qui en fait est un dessinateur de bijoux, qui l'invite à prendre un verre, trouve qu'elle a de beaux yeux et l'emmène dans un superbe hôtel où il la baise. Là, c'est l'avantage du cinéma par rapport à la vie, il y arrive absolument n'importe quoi. Bon, bref, à la fin, c'est la fille qui se suicide, et non la mère, qui pourtant s'acharne à se supprimer (elle conçoit une vive jalousie envers sa fille qui, même sur ce plan, fait mieux qu'elle), et la fille laisse sa propre fille à sa mère, qui semble, à la fin, retrouver la joie de vivre à s'en occuper - long plan sur une plage triste, forcément triste.

Evidemment, Isabelle Huppert est parfaite dans le rôle. Mélanie Laurent aussi, d'ailleurs, que je trouve de plus en plus belle, et excellente comédienne de surcroît. Mais bon, qu'est-ce que c'est gonflant… On se demande à chaque instant ce qu'on a fait pour mériter ça. Bon, moi je pensais à l'ananas chantilly que je m'étais préparé pour le dessert, ça m'a aidé à tenir. Et puis, le cinéma sent le sportif qui ne se douche pas après l'effort, et c'est toujours une odeur qui m'inspire. Le seul moment où je me suis un peu animé, c'est quand j'ai reconnu lors d'un plan l'ancien appartement de mes amis Alain et J.E. à Pigalle. Une dizaine de secondes de plaisir. Comme lors d'un coït raté.

Je suis sûr que les critiques du Cercle ont adoré ce film ! D'ailleurs, je parlerai d'eux demain.


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