September 6, 2008
L'inspiration revient…

J'ignore si c'est un effet du nouvel appartement - le sentiment assez superficiel de démarrer quelque chose de neuf - mais je me suis remis à écrire après une abstinence de plusieurs semaines, plusieurs mois même. Une fois de plus, je suis assez découragé par le succès relatif - j'en ai marre de coller ce genre d'adjectifs au mot succès quand je l'utilise à mon sujet - de Dolko, par l'échec (que j'espère temporaire) de la traduction américaine. Alors, dans ces conditions, difficile de se concentrer sur quoi que ce soit et de prendre sa plume en faisant semblant, une fois de plus, d'y croire. A partir de combien d'échecs a-t-on le droit de commencer à se lasser ? Dix ? Douze ? Quinze ? Quel que soit le chiffre, je l'ai atteint et dépassé, c'est sûr !
Je regardais ces jours-ci, au Grand Journal de Canal, le défilé de nos écrivains stars pour la rentrée. Nothomb, Angot, Millet. Elles sont fortes, ces meufs. Elles jouent à la perfection du politiquement correct et elles prennent aisément le pas sur les mecs quand il s'agit d'aller se faire mousser devant les caméras. En fait, elles sont plus télégéniques, c'est sûr. La Nothomb, notamment. J'ignore à quoi ressemble ce qu'elle nous a pondu cette année - sans doute à pas grand-chose, comme les quatre-cinquièmes de son oeuvre - mais il faut avouer qu'elle a du métier et de l'allure quand il s'agit d'en parler. La télévision a créé ce phénomène assez inattendu : des gens qui se pressent de torcher de mauvais bouquins pour avoir une bonne raison d'aller parader sur un plateau. C'est encore un passage obligé d'avoir écrit quelque chose, mais on devine bien que, d'ici quelques années, ce ne sera même plus nécessaire. Il suffira d'avoir eu un succès quelques années auparavant et on sera encore invité, comme ces anonymes qui se sont distingués le temps d'un reality show et qu'on revoit régulièrement, bien qu'ils n'aient aucune actualité, comme disent les présentateurs.
Quant à Angot, ce serait un service à lui rendre, je trouve, de l'aider à comprendre qu'elle a un talent tout relatif. Elle n'est ni Madame de Lafayette, ni Colette, ni Yourcenar, ni Doris Lessing, ni Sagan, ni rien de tout ça, juste Christine Angot, et ce n'est au fond pas grand chose. Qui le lui dira ? Pas moi, en tout cas !
Ali Baddou, le responsable littéraire du Grand Journal, m'exaspère. D'abord, parce que je trouve que pour un aussi beau mec, il s'arrange incroyablement pour être le moins sexy possible. On le sent un peu peine à jouir, non ? J'imagine que ce sont les meufs qui doivent faire l'essentiel du boulot, le faire bander, le sucer, le chevaucher, peut-être même le finir à la main en lui chuchotant des cochonneries. Je ne dis pas ça juste pour être méchant, mais parce que je trouve qu'en matière de littérature, il est un peu peine à jouir aussi. Effroyablement scolaire. Il parle des livres comme on délivre un devoir, avec une introduction, un développement et une conclusion. Quand il a fini, il fixe son interlocuteur avec le regard plein d'expectative réjouie du bon élève qui attend sa note. Jamais il ne m'a donné envie de lire un livre. Au contraire. Et je ne pense pas que le public soit plus avide que moi en fin d'émission. Il faut dire que, pour la plupart, ils sont comme notre Premier ministre, ils ne savent pas reconnaître un livre quand ils en voient un.
Bon, allez, je retourne à mon projet de bouquin, puisque l'inspiration semble revenue.
Juste un dernier mot pour vous faire remarquer à quel point notre ami du jour est très peu dénudé. Mais franchement, quand on voit sa gueule et son biceps, on n'a guère besoin d'en voir et d'en savoir plus. On achète les yeux fermés !
Classé sous Blog de Jean-Paul Tapie par Jean-Paul Tapie
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