March 15, 2009
Ma bande d'hétéros
Hier, j'ai vu un petit film italien étonnant, "Il pranzo di Ferragosto", "Le déjeuner du 15 août" pour les non-italophones. Un homme d'une cinquantaine d'années, célibataire, se voit plus ou moins obligé d'accueillir pendant la fête du 15 août trois autres vieilles en plus de sa mère. C'est une vraie comédie à l'italienne, comme les Italiens en faisaient autrefois, et c'est bon signe qu'ils continuent d'en faire en dépit de la tanche vulgaire qu'ils ont mise au pouvoir.
Pendant le film, j'ai eu l'impression que ma dent commençait à me faire mal, et je me suis dit, ça y est, l'abcès se déclenche, et alors j'ai été la proie d'une angoisse terrible, pendant un très court instant, je ne savais plus quoi faire, j'avais envie de sortir de la salle, c'était très pénible, je me suis mis à souhaiter que le film se termine vite. Puis je me suis calmé.
Je suis allé au sauna dans l'après-midi. J'étais un peu inquiet, car en ce moment je me trouve vraiment en-dessous de tout, physiquement, même si tout le monde me dit que je ne fais pas mes (bientôt) soixante ans - OK, mais je ne fais pas 35 ans non plus. Je me suis toujours marré en lisant des annonces gaies du genre: "55 ans, paraissant moins…" Comme si ça changeait quelque chose. Bon, j'ai rencontré un couple de mecs, le plus jeune était un Argentin de 38 ans très à mon goût.
Ensuite, je suis allé dîner chez mon amie Christine, avec toute ma bande, ou enfin presque. Il y avait Gilles, Valérie, Jacques, Brigitte (qui n'a pas pu rester, mais nous déjeunons tous chez elle dimanche prochain), Flo, Lapin (l'autre Christine), Michel, Martine (la copine de Jacques), et aussi Fanny et Bruno. On a bien rigolé en souvenir du bon vieux temps. Honnêtement, j'ai toujours pensé que tout homo devrait faire partie d'une bande d'amis hétéros. C'est assez agréable de replonger de temps en temps dans une ambiance "normale" (là, je sens que l'emploi de ce mot, même entre parenthèses, va me valoir quelques remarques acides…). J'avoue que je n'ai jamais aimé les bandes de gais, même si j'adore me trouver en compagnie de tel ou tel de mes amis gais, et parfois avec plusieurs d'entre eux. Mais les grandes tablées de douze mecs, je n'aime pas. Et si vous en concluez que je suis finalement homophobe, c'est votre droit, mais je vous dis que vous avez tort. Il ne faut jamais oublier qu'il existe un monde en-dehors du Marais.
A part ça, la nuit, j'ai parfois des réveils pénibles, la déprime me saisit, comme une goule, comme un charognard qui n'attendrait même pas que je sois mort pour commencer à me dépecer. Il me tarde alors que Manu se lève, parce que je sais que si je parle à quelqu'un, très vite j'irai mieux. Bien sûr, je redoute un peu le retour vers la Réunion, mais ai-je le choix ?
Le mec en photo aujourd'hui est l'un des plus anciens hôtes de mon fichier "beaux gosses", mais il n'a pas pris une ride, lui !
Classé sous Blog de Jean-Paul Tapie par Jean-Paul Tapie

Commentaires sur Ma bande d'hétéros »
Dans quel sauna es tu "descendu"?
Je n'ai jamais eu l'occase de passer une soirée à la table de 12 mecs gays. il doit y avoir tous les archétypes de mecs gay, depuis la folasse de service au mec look hétéro en passant par l'intermédiaire délicat un peu maniéré…
d'un autre coté une table de 12 mecs hétéros doit aussi être un peu "lourde"…Rien de vaut la diversité.cela amoindrit les defauts des uns et des autres et fait ressortir leurs qualités..
Je partage ton avis sur les tablées gay. Je suis allé un jour dîner au Gai Moulin. Rien de gai dans tout ça, une sorte de ghetto où chacun essaie de ne pas avoir l'air trop pédé et regarde les congénères plus âgés du coin de l'oeil en se demandant s'il va lui aussi finir comme ça (la réponse est: oui, mais tu n'es pas forcé d'aller dîner tout seul au Gai Moulin aves tes fringues des années 80 qui t'allaient bien, mieux vaut rester devant la télé avec un plateau-repas). Le soir où j'y était rien de fun, tout le monde se donnait des airs comme-il-faut, on n'entendait pas une mouche voler. Quelle angoisse !!!
Un de mes souvenirs les plus marquants a été en classe de seconde mon passage d'un lycée public mixte à un collège de jésuites non-mixte. Avec le recul, ça doit en faire fantasmer quelques uns, mais moi, à l'époque, ça m'a fait flipper. Le premier jour, ne voir que des mecs, que des mecs, et surtout des moches et des boutonneux m'a donné un cafard terrible. Il y a eu quelques filles 2 ans plus tard, mais rien que des cheftaines scoutes moches en jupe écossaise qui étaient envoyées là en pionnières revêches. Faut pas s'étonner si j'ai mal tourné après tous ces traumatismes. Je suis une victiiiime !