August 18, 2009

Mes enfants chéris…

petemaneos041Dieu n'a pas voulu que je porte la vie en moi. Malgré d'innombrables tentatives, je n'ai jamais réussi à me faire encloquer. Les docteurs m'ont laissé peu d'espoir. Au fil des années, je me suis fait une raison, j'ai arrêté d'espérer et de tricoter des brassières. Mais comme cette envie d'enfant ne s'apaisait pas, j'ai commencé à écrire, pour trouver ainsi une sublimation à ma vocation génétrice. Mes romans sont devenus les enfants que je n'ai pas eus. Bon, je vous avoue que leur insuccès me blesse : quelle mère se moque de voir sa progéniture rejetée par les autres ? Chaque exemplaire invendu, c'est un peu de mon sang qui coule, mais chaque goutte de ce sang, telle une goutte de sperme, vient donner naissance à un autre enfant…


Bref, tout ça pour vous dire que, comme toutes les mères de plusieurs enfants, j'ai toujours eu la crainte d'en aimer un plus que l'autre. C'est pourquoi je me suis toujours arrangé pour n'avoir qu'un seul héros par livre. Ainsi, je n'ai pas à couper mon coeur en deux (Putain, mais que c'est beau, on dirait du Musso !). Hélas, un peu trop sûr de moi (le sentiment maternel s'affaisse en même temps que la mamelle nourricière), dans mon dernier ouvrage, j'ai choisi d'avoir deux personnages centraux : Amaury et Bertrand. Au début, tout allait bien, j'avais la conviction de les aimer autant l'un que l'autre. Le bel écuyer blond et l'intense Templier brun… Mais récemment, en attaquant le deuxième tome, j'ai eu l'impression de développer une petite d'abord, puis nette préférence ensuite envers Bertrand. La perspective de devoir m'attaquer aux chapitres concernant Amaury ne m'enthousiasmait guère. Etais-je en train de devenir malgré moi une mauvaise mère ? Bon sang, j'étais à deux doigts d'aller consulter un conseiller familial… Et puis, ce matin, en décrivant les péripéties d'Amaury dans les rues de Paris, où il se produit comme acrobate avec Rambert (non, pas devant la terrasse des Marronniers!), je me suis rendu compte que je l'aimais toujours autant que Bertrand.

Ouf!



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