April 17, 2009
Nous sommes tous des Susan Boyle !
Elle s'avance sur la scène, elle est moche de chez Mocher, elle se présente, elle est pathétique, elle a le culot des timides complexés, elle est grotesque, elle annonce qu'elle veut devenir chanteuse professionnelle, une nouvelle Eileen Paige, elle est pitoyable. On est gêné de la regarder. Et puis elle ouvre la bouche… Et quelques secondes plus tard, on se fit qu'au fond, Dieu existe peut-être !
Nous sommes tous des Susan Boyle. Nous avons tous rêvé, malgré notre manque de grâce et de dons, de vivre un pareil instant : s'vancer sur une scène sous les quolibets, puis faire s'effondrer le plafond sous les applaudissements. Enfant, j'étais raide dingue d'un jeune acteur-chanteur espagnol, Joselito, "l'enfant à la voix d'or", "le rossignol castillan", comme le surnommaient les journaux. Il était toujours, orphelin, pauvre, malheureux comme les pierres - et quand il se mettait à chanter, le monde s'arrêtait et devenait tout amour. Mille fois, en le regardant, moi, le vilain petit canard, la petite folle sur qui chacun crachait, les voisins, les condisciples, la famille même, je chantais en même temps que lui et je devenais beau, admirable, aimable surtout.
Nous sommes tous moches et habillés comme des ploucs, nous sommes tous des Susan Byle. Hélas pour nous, seule Susan Boyle est Susan Boyle.
Susan Boyle est un cadeau de la vie !
Un peu comme les abdos de ce cow boy (vous souvenez-vous comme ce pouvait être beau, une cigarette fumant entre les doigts d'un beau garçon ?).
Classé sous Blog de Jean-Paul Tapie par Jean-Paul Tapie
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