April 8, 2012

Dieu a-t-Il le sens du marketing ?

nathan-black_04Je ne sais pas ce que les Haïtiens ont fait au Bon Dieu (je ne veux pas le savoir, ce ne sont pas mes oignons), mais Il ne les aime vraiment pas ! Il s'en prend à eux aussi bien dans leur ensemble que par petits groupes. Tremblement de terre par-ci, épidémie de choléra par-là. Et hier, à Stains, petite méchanceté individuelle, Il fait s'effondrer le plancher de leur église sous leurs pieds. Genre "private joke", si l'on veut. Je L'entends d'ici : "Oh, si on ne peut même plus rigoler…"

Il était d'ailleurs plutôt en forme, le Bon (?) Dieu, hier, car Il a fait tomber la foudre (le "feu du ciel") sur une autre église, résultat 22 morts. Tout ça pendant le week-end pascal. Moi, je serais chrétien pratiquant, je me méfierais de la Pentecôte à venir pour ne rien dire de l'Assomption.

Le plus hallucinant, dans tout ça, c'est que ceux qui ont perdu quelqu'un dans l'une de ces catastrophes vont se précipiter dans une église encore en bon état pour supplier Dieu (à ce stade, Le qualifier de Bon me paraitrait cynique) d'accueillir ses victimes en son Saint Paradis.

Je ne sais pas ce qu'il faut admirer le plus, de l'entêtement de ces fidèles ou de l'irresponsabilité de Dieu. Si j'en crois les médias, sa part d'audience est en chute libre et sa clientèle déserte ses succursales. Est-ce bien le moment d'envoyer de tels signes ?

Mais les voies du Seigneur, contrairement à moi, sont impénétrables…

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April 7, 2012

Mes oeufs

jamesguardino09Puisque aujourd'hui c'est Pâques, j'ai envie de vous parler de mes œufs. Si nous étions en Espagne, cette proposition serait ambiguë, car, en espagnol, huevos signifie aussi testicules. Les œufs dont je veux vous parler ne sont pas ceux que je mets régulièrement à couver dans un slip ou un caleçon sans que jamais un poussin apparaisse, ce sont des œufs en pierre que je ramène de chaque voyage, fût-il à Paris. Je ne me souviens plus exactement quand j'ai commencé cette collection qui n'en est pas une. Peut-être était-ce au Pakistan, où j'ai acheté un petit œuf de jade, ou au Chili, où j'ai acheté un petit œuf en lapis-lazuli. Je me souviens avoir continué à Madagascar et au Pérou, où j'en ai acheté plusieurs. Aujourd'hui, j'en possède une cinquantaine, de toutes les tailles (la plus courante est aussi la plus identique à un œuf de poule) et de toutes les couleurs. En fait, très peu sont d'une seule couleur. Certains font penser à des barres de pâte à modeler de différentes couleurs que l'on aurait longtemps malaxées ensemble pour leur donner cette forme. Quelques-uns (très peu) sont des œufs de plâtre colorés et décorés. Je me suis résigné à les acheter quand je n'en trouvais pas en pierre naturelle. A présent, j'évite, et m'interdis même ce subterfuge. Je deviens plus exigeant. Je tourne lentement au professionnel.

J'aimerais les emporter avec moi pour le Grand Voyage dont on ne revient pas (oui, la mort, si vous préférez) parce que c'est ma seule possession qui m'importe vraiment. Je n'emporterai aucun de mes romans, je suis convaincu que, dans l'au-delà, on trouve des librairies, et surtout des libraires, un peu plus couillus et concernés que sur notre pauvre terre. Je pense aussi que le jour où j'en possèderai suffisamment, je pourrai les mettre tous dans un sac (pas dans un panier, puisqu'il ne faut pas mettre tous ses œufs dans le même panier) que je m'attacherai autour du cou et j'irai me baigner dans un étang, landais ou non, avec. Mes œufs m'entraîneront vers le fond. Quand on expliquera à un Espagnol que je me suis noyé à cause du poids de mes œufs, il en conclura avec respect que je devais avoir une fameuse paire de cojones.

Et j'avoue que ça me plaît.

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April 6, 2012

Tue-moi, Dexter !

jakub-bandochHier soir, j'ai regardé les deux derniers épisodes de la saison 6 de Dexter. Comme je ne suis jamais au courant de rien - serait-ce parce que je ne lis pratiquement jamais les journaux ? - je croyais que c'était la toute dernière. Je craignais le pire, j'imaginais déjà mon cher Dexter exécuté par celui qui aurait dû être sa dernière victime, ou arrêté, jugé et exécuté avec ce goût frivole qu'ont les Américains pour la peine capitale.

J'aime beaucoup Dexter - enfin, surtout l'acteur qui l'interprète, Michael C. Hall. Je me suis inquiété quand j'ai appris qu'il était atteint d'un cancer, mais apparemment ça a l'air d'aller mieux. D'ailleurs, il paraît qu'il y a deux autres saisons en préparation (ou même dans la boîte, si ça se trouve). Je l'aime bien parce qu'il n'est pas tout le temps beau. Il l'est par instants, par éclats, et c'est encore mieux que de l'être tout le temps. La beauté finit par lasser de n'être jamais prise en défaut. Les femmes savent bien ça qui ont souvent des tronches pas possibles au réveil (et toc !). Moi-même, certains matins, j'ai l'air d'avoir mon âge, et aussi celui de quelqu'un d'autre. Le charme de Michael C. Hall est ambigu, comme son personnage. Il a tout à fait la tête d'un mec médiocrement foutu, et quand on constate qu'il a un torse au-dessus de tout éloge, brusquement son charme devient ravageur. En tout cas, moi, il me ravage.

Ah, finir sous le couteau de Dexter ! Bon, je vous avoue que j'aimerais qu'il y ait entre lui et moi une autre forme de plastique que celle qu'il emploie généralement, mais bon, si on doit en passer par le meurtre, passons-y. Ah, expirer sous les yeux de Dexter qui me tuerait avec… dextérité, of course !

Cette nuit, comme j'avais une petite insomnie, j'en ai profité pour relire et terminer "Fanchette". J'en suis satisfait, dans la mesure de mes maigres moyens. J'ignore si ce sera le point final de ma saison 62, mais si ça devait être le cas, il n'y aurait pas lieu de se plaindre. On verra bien. Pour l'instant, je songe à une randonnée dans Cilaos et Mafate, pendant cinq ou six jours, une randonnée qui, je l'espère, ne sera pas mortelle, comme celle dont a su nous régaler, dans le temps, Claude Miller, dont la mort est bien regrettable, même si je n'avais pas aimé l'un de ses derniers films, "Le secret", encore qu'il n'avait fait qu'adapter ce roman dont je trouve le thème discutable.

Vous apprécierez, je l'espère, cet enchaînement subtil partant d'une insomnie et terminant sur l'actualité cinématographique…

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"Fanchette" est arrivée !

dimawIl vous en coûtera 5€20. Jamais un Jean-Paul Tapie ne vous aura coûté aussi peu ! C'est dire si on aura vraiment tout tenté pour vendre quelques bouquins… Bien sûr, il vous faudra le commander, sauf peut-être à la Fnac ou chez Virgin, et encore… Je suis à deux doigts d'être de ces auteurs qu'on vous envoie sous pli discret contre remboursement…

Je suis en train de le relire, ça tient la route. Si vous avez envie de savoir pourquoi un jour je me suis mis à écrire, lisez-le. C'est plus qu'un livre : c'est une circonstance atténuante.

Je vous promets que ce sera le dernier. Le 23ème. Comme le jour de mon anniversaire. Comme, en centimètres, la longueur de… Mais je pense que là, on flirte dangereusement avec l'intimité.

De toute façon, si vous n'êtes pas satisfait, vous ne serez pas remboursé.

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April 5, 2012

La vérité en face (et les couilles vues de dos)

26291701Quelques lecteurs se sont alarmés à la lecture de mon post d'hier. Je crois que ma description d'un homme de 60 ans et plus les a saisis d'horreur. A moins que ce ne soit la perspective de me voir désormais illustrer mon blog avec des photos de ces hommes-là… Rassurez-vous, mes bons lecteurs, je ne le ferai pas. Et puis, un homme de soixante ans peut encore être correct, voire appétissant pour ceux qui ne sont pas des amateurs exclusifs de nouvelle cuisine, mais plutôt de plats mijotés, revenus, réchauffés - un bon vieux ragoût plutôt qu'un saumon à l'unilatérale. Tenez, un exemple au hasard : moi. J'ai 62 ans mais l'on m'en donne couramment moins. J'ai encore la fesse rebondie, le ventre à peu près plat, dur en tout cas, le pectoral gaillard, la cuisses nerveuse, le mollet prompt, l'épaule stable, le biceps rond. Bon, c'est vrai, j'ai de plus en plus, comme le curé de Camaret, les couilles qui pendent. Il paraît que c'est normal, finesse de la peau et gravité obligent. Mais bon, je ne suis pas non plus une exception. Voyez mon ami Alain, qui est pourtant mon aîné. Il émoustille la jeunesse comme personne. Et tenez, je me souviens un jour, à Roland-Garros, pour la finale, j'étais assis à côté de la loge de Sean Connery. 75 ans, les amis ! Une gueule à rendre jaloux un Brad Pitt au mieux de sa forme. Une silhouette irréprochable. Ajoutez à cela qu'on lui prête un membre aussi imposant qu'une pierre levée de Stonehenge, et vous comprendrez pourquoi Madame Connery, à ses côtés, avait l'air si chiffonné.

D'ailleurs, je ne comprends pas ces lecteurs inquiets. Ils n'appartiennent pas, que je sache, à cette pénible minorité (dont je suis sans doute l'un des porte-drapeaux les plus consternants) pour qui l'homosexualité devrait se résumer à l'amour des beaux et des très beaux garçons. Alors que vous importe de vieillir, les amis ? Que vous chaut que, d'ici quelques années, quand vous vous doucherez dans votre club de gym, le mec d'en face apercevra vos couilles alors que vous lui tournez le dos ? C'est moi, surtout moi qui devrais m'en inquiéter. Et d'ailleurs, je m'en inquiète. Je m'en désole aussi, mais ça ne rend pas la peau de mes bourses moins élastique.

Il y a moins de quinze jours, un jeune Noir qui n'en avait peut-être pas vingt-cinq, joli garçon baraqué et à la hauteur des légendes africaines, m'a prouvé, au sauna Gym Louvre , que l'on peut avoir encore envie d'un mec de 60 balais et plus si affinités. Bon, le coup ne mériterait pas de demeurer dans l'encyclopédie "L'amour sale à travers les âges", mais putain, sur le plan de l'amour propre, qu'est-ce que c'était bon ! Surtout la tronche des mecs de quarante et moins qui nous regardaient chercher avidement une cabine libre !

Et puis, assez parlé de moi, passons aux preuves irréfutables : regardez ces deux hommes qui s'étreignent. A eux deux, ils doivent bien avoir 60 ans et sont puissamment sexy, non ? Alors quoi ?

Haut les cœurs, les mais !

Et si les couilles pouvaient elles aussi faire un petit effort aussi…

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April 4, 2012

Un héros très discret

franck-casserlyJ'ai revu hier pour la énième fois un film de Jacques Audiard, "Un héros très discret", avec un formidable Matthieu Kassowitz et un remarquable Albert Dupontel dans le rôle d'un militaire inverti. Ce film est une charge violente mais subtile contre l'immédiat après-guerre, les règlements de comptes de la Libération et la fructification des petits actes d'héroïsme. J'ignore pourquoi je peux, apparemment, regarder ce film autant de fois qu'il passe à la télévision. Sans doute parce qu'il éveille en moi des échos très intimes, notamment sur la lâcheté et l'incapacité à se montrer à la hauteur des événements.

Ce n'est pourtant pas un film culte, mais il abonde en courtes scènes que j'adore revoir, comme l'initiation sexuelle du héros, tous les passages avec Dupontel, la fin du film qui se déroule à Baden, la famille de Sandrine Kiberlain, etc. Si vous ne l'avez pas vu, je vous le conseille, vous m'en remercierez, et si vous ne le faites pas, c'est que vous êtes soit un ingrat, soit un amateur de mauvais films. On peut dire ce qu'on veut de Jacques Audiard, mais il a vraiment le sens du récit. Je vous renvoie à un autre de ses films que j'adore, "De battre mon cœur s'est arrêté". Pour moi, il est de loin le meilleur de nos cinéastes, je n'en vois aucun pour lui arriver à la cheville. S'il écrivait au lieu de filmer, il serait le meilleur de nos romanciers. Comme quoi, ça aide d'avoir eu un père qui savait trousser des dialogues, non pour vous pistonner, mais pour vous inspirer. D'ailleurs, voyez, c'est un peu la même chose avec les Blier. Quand on a entendu son père lâcher des répliques du genre "Il connaît pas Raoul… Moi je discute plus… Je ventile, je disperse, j'éparpille façon puzzle.." (je ne garantis pas la réplique au mot près), croyez-moi, ça doit vous développer la fantaisie et le prurit d'écrire.

Un lecteur me reproche de condamner un peu vite le gourou new-yorkais du troisième âge gay qui s'est suicidé avant même d'atteindre ses 50 ans. Mais enfin, ce mec avait le culot de soigner des gens, et sans doute que des riches, de leur soutirer un max de pognon pour les convaincre que la vie peut être belle une fois le demi-siècle dépassé, et le voilà qui se flingue avant d'avoir soufflé ses 50 bougies. Vous imaginez en ce moment le moral de ses patients ! Ce gourou me rappelle ces sectateurs de l'abstinence et de la fidélité conjugale que l'on découvre un jour mort dans un bordel, le cœur ayant lâché au moment de lâcher leur semence dans le ventre ciselé d'une pute.

Ce même lecteur me reproche gentiment de privilégier les photos de jeunes et beaux garçons musclés sur ce blog. Mais enfin, si l'on trouvait aisément des sites proposant des photos de sexagénaires torse nu, avec les pectoraux en forme de sacoches vides, la fesse en goutte d'huile, le ventre plissé et avachi comme une Chantilly ratée, les couilles au niveau des genoux, la bite ratatinée comme par moins 20°, la poitrine cave et couverte de poils blancs ressemblant à des radicelles de plantes craignant le soleil, si l'on trouvait de tels modèles, mais je serais le premier à en illustrer mes posts !

Malheureusement, je ne sais où en trouver. Et si vous le savez, je vous remercie de ne pas me le dire !

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April 3, 2012

Gourou coucou !

massif-et-juvenileIl s'appelait Bob Bergeron, il avait, ou allait avoir la cinquantaine, il était homo et, apparemment, il avait tout pour lui : un physique agréable, des amis, une famille, de l'argent, un métier, une ambition. Il était thérapeute. Il aidait des homosexuels de 50 ans et plus à accepter leur âge. Il tentait de les convaincre (c'est le nouveau credo américain) que "60 is the new 40". J'ignore s'il y parvenait avec eux. En tout cas, avec lui-même, il a échoué. On l'a retrouvé mort dans son appartement, suicidé.

On pourrait s'en désoler, faire semblant d'écraser une larme au coin de la paupière, mais moi, honnêtement, ça me donne presque envie de rigoler. Jaune, mais de rigoler. Je déteste les gourous. Je déteste ces prophètes du mieux-vivre, du new age, du cocooning, qui tentent de vous persuader que le jus de navet, ou la méditation aztèque, ou le régime ouzbek, ou la pratique du tricot, ou je ne sais quoi encore, vous aideront à surmonter tous vos problèmes et à adopter un comportement positif et équilibré face à l'âge. Franchement, entre ces gens et Rika Zaraï, no difference !

En fait, ce qui me fait doucement rigoler, c'est que, sans aller jusqu'à rencontrer des gourous patentés, des thérapeutes professionnels, j'ai souvent croisé des gens, et notamment des mecs dans le milieu gay, qui ont tenté de me convaincre que l'âge n'était pas un problème. Le plus souvent, ces mecs avaient 40 ans, et j'admets qu'à leur âge, ce n'était pas un problème (même si, je l'avoue, je suis obsédé par mon âge depuis que j'ai 25 ans, mais je crois que c'est pour me consoler par avance de mes échecs face à des jeunes mecs qui me plaisent trop, genre celui d'aujourd'hui). Remarquez, parmi ces sectateurs des charmes de la vieillesse, on trouve aussi des mecs de 60 balais. Il se dégage d'eux, quand on leur parle, une forme d'hystérie qui semble tout devoir à la prise de médicaments plus ou moins licites. On devine bien que ces sexagénaires, quand ils vous disent qu'on peut encore plaire à 60 ans, et s'amuser, et faire la fête, et se découvrir de nouvelles passions, etc., ce qu'ils cherchent surtout, c'est à se convaincre eux-mêmes.

L'homme ne se consolera jamais de son vieillissement, car il sait qu'il conduit à sa mort, et la préfigure déjà. C'est sa différence fondamentale avec l'animal, il sait très tôt qu'un jour il mourra. Tous les gourous du monde n'y feront rien. Je repense à ce Bob Bergeron que l'on pouvait croiser, nous dit le journaliste, tous les matins à 7 heures dans sa salle de gym et qui assénait à ceux qui, par exemple, se plaignaient du mauvais temps : "Essaie plutôt de changer ce que tu peux changer !" J'imagine déjà son grand sourire crispé, son regard éclatant et halluciné de simple mortel qui a vu le nirvana, cette exaltation constante, cette jubilation de tous les instants. Une vraie tête à claques, selon moi. Seulement voilà, un soir, tout seul chez lui, le Grand Consolateur s'est payé une overdose de médicaments. Mais peut-être, à ses yeux, s'agissait-il d'un de ces charmes du grand âge…

Si je ne respectais pas autant les gens qui ont le courage de se donner la mort, j'en rigolerais !

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April 2, 2012

C'est bon de rire un peu !

todgerHier soir, au Séchoir, j'ai vu (en VO, Dieu merci!) un film intitulé "Hysteria". Traduction française : "Oh my god !" Un peu vulgaire, comme traduction, mais finalement pas si mal que ça, au fond. Un film sur l'hystérie féminine soignée et guérie par la masturbation manuelle, puis électrique. Grivois sans être grossier. Avec un casting de femmes mûres à tomber par terre. Le jeune Hugh Dancy est mignon comme un cœur. On lui donnerait volontiers à résoudre ses problèmes d'hystérie, même masculine.

Il y avait longtemps que je n'avais pas autant ri au cinéma. Ou ailleurs qu'au cinéma, en fait. Je ris très peu ici. Il n'y a pas beaucoup de gens drôles. Finalement, celui qui me fait le plus rire, c'est moi. Vous mesurez l'ampleur des dégâts ! Parce que je le vois bien, il y en a plusieurs, parmi vous, que je ne fais pas rire, à tel point que je me demande pourquoi ils me lisent. Comme ce lecteur, hier, qui me dit que voter ne se limite pas à une question de goût ou d'exigence avant de me conseiller d'atterrir rapidement. Ah bon ? Alors quoi c'est-y ? On ne va quand même pas choisir son futur Président sur son programme ! On est cons, d'accord, mais on a ses limites. Moi, je regarde ces hommes et ces femmes et je me dis : oui, celui-là, à la rigueur, je le verrais bien représenter mon pays. Je n'aurais pas trop honte de le voir se trimbaler sur la scène internationale, comme le précédent. Encore que, ce dernier nous l'a prouvé, la fonction finit par faire l'homme et n'importe qui, même Dupont Gnangnan, finirait par avoir l'air d'un Président à force d'en rencontrer d'autres.

Bon, on ne va pas polémiquer. Pour moi, au premier tour, ce sera Mélenchon, et puis c'est tout.


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April 1, 2012

Un incurable optimiste

tristenC'est de moi que je parle, ne vous en déplaise. Car non seulement je me suis lancé dans l'écriture d'un nouveau roman - certes, il ne verra pas le jour, on peut quand même saluer l'initiative - mais avant de quitter Paris, j'ai acheté à la Fnac un topoguide du tour de l'Ubaye, comme si j'avais réellement l'intention de le parcourir en septembre prochain.

Je sais, je déprime souvent, j'annonce - toujours à , désolé- ma prochaine éradication volontaire, je me lamente sur l'état de mes finances ou celui de ma santé ou sur mes faibles performances sexuelles auprès de garçons volontaires, bref, je joue mon Caliméro, mais la vérité, c'est que je suis probablement l'un des êtres les plus optimistes qui soient. Il faut l'être, d'ailleurs, pour penser que la vie ne sert à rien, qu'elle est trop longue, trop dure, trop ennuyeuse et cependant continuer à la vivre avec une insatiable curiosité. Et il faut l'être encore plus, optimiste, pour penser que dans l'au-delà - car bien sûr, il y aura un au-, et il sera sans doute pire - elle sera meilleure. C'est-à-dire peuplée de tous les garçons qui illustrent ce blog depuis sa création, qui me réserveront un accueil délirant et se battront pour me prouver l'enthousiasme de leur désir. C'en est même à se demander pourquoi je ne hâte pas une issue de toute façon prévisible et prévue.

A part ça, c'est pratiquement décidé, je voterai Mélanchon au premier tour. Des amis proches tentent de me convaincre de voter utile, c'est-à-dire de voter Hollande. Mais je m'insurge : voter utile, c'est voter futile. Et ce n'est pas juste une formule. Dans une élection à deux tours, comme celle-ci, seul le premier tour exprime notre opinion réelle, profonde, notre choix intime (ou ce qui s'en rapproche le plus). Voter Hollande en songeant que si on ne le fait pas, il risque de ne pas passer, c'est voter futile : à lui de nous convaincre de voter pour lui dès le premier tour. C'est un peu comme si, au sauna, on draguait directement le mec pas terrible avec lequel on sait qu'on a une chance de conclure. Non, il vaut mieux se casser le nez d'abord sur le type un peu trop bien, quitte à voir l'autre s'enfermer dans une cabine avec quelqu'un d'autre.

Bon, mes comparaisons sexuelles ne sont peut-être pas les meilleures, mais bref, je continue à ne pas vouloir voter Hollande au premier tour. Il ne me paraît pas en danger d'être écarté pour le second. Le serait-il que je ne changerais pas d'avis.

Et si vous continuez à m'embêter avec ça, je donnerai ma voix à Dupont-Gnangnan.

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March 31, 2012

La veille de l'éruption du Vésuve

lhomme-oursJ'imagine qu'à Pompéi, la veille du jour fatal, on devinait bien que, malgré le calme apparent et le ciel bleu, quelque chose de funeste se préparait. C'est ce que je ressens en ce moment. Par exemple, quand je vois la morgue de Sarkozy qui se prend pour un stand-up comédien du Djamel Comedy Club (aussi mauvais que les pensionnaires habituels). Ce type n'a aucune conscience. Il pense que tous les coups sont permis qui peuvent assurer la victoire. J'imagine qu'il a raison. Sa mentalité est bien celle de ce début de siècle. Voilà avec quoi on fait l'Histoire désormais. Avec des restes, des brouillons, des chutes, des gags pourris.

Je devine l'apocalypse proche quand je vois Nadal abandonner en demi-finale de Miami pour cause de douleur aux genoux. J'avais espéré que cette saison serait celle où il récupèrerait sa place de numéro un mondial. Je crains que ce ne soit celle où il récupèrera la troisième, voire la quatrième. J'en éprouve une certaine amertume, mais moins de chagrin que je ne l'aurais pensé. Je suis fan, je l'ai dit hier, mais les fans un jour se détachent, en grandissant. Nadal m'a bien fait rêver, je l'en remercie, et s'il devait redevenir le numéro un, je serai le premier à m'en réjouir. Mais j'ai quand même d'autres chats à fouetter.

Et là aussi, bien sûr, ça pue le juggernauth, la fin des mondes, le Götterdammerung (c'est impressionnant, cette faculté des Allemands, à qualifier les catastrophes). Par moments, il m'arrive de penser que c'est au fond une bonne chose. Qui a envie de partir en douce ? Evidemment, un peu plus de courage aiderait grandement. Mais on ne peut pas se refaire. En attendant, comme une blague dérisoire, j'ai commencé hier soir un nouveau roman, inspiré d'une pièce de théâtre que j'avais écrite il y a vingt ans et que j'avais refusée de laisser jouer à Avignon et sur la scène de la Comédie Française. J'ignore encore jusqu'où j'irai.

C'est un peu le côté chiant de la vie :  on n'est pas conscient du jour où ça commence et on ne sait pas quand ça va se terminer. Il y a de réelles améliorations à apporter sur ce plan. Et bien sûr, aucun candidat n'a le courage d'en parler.

En illustration aujourd'hui, quelqu'un qui devrait fermer le clapet à ceux qui prétendent que je ne m'intéresse qu'aux minets imberbes. Non, je m'intéresse aux beaux garçons, à tous les beaux garçons. Je vous laisse ceux qui ont de belles âmes et dont je n'ai que faire.

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