March 27, 2010
Père et fils
En ce moment, au Forum des Halles, il y a une expo photo sur le thème "Père et fils". L'artiste a eu l'idée de les faire poser l'un et l'autre nus, ou au moins torse nu, très proches physiquement l'un de l'autre. A priori une bonne idée. Certains se ressemblent étrangement, d'autres pas du tout. Pour quelques-uns, une bonne raison à cela, l'existence (invisible) d'une femme d'une autre race. Ou alors un enfant adopté. Mais tous ont en commun une chose : ils sont tous laids. Certains plus que d'autres, mais pour l'heure, je n'ai pas réussi à en localiser un, encore moins un couple, qui soit agréable à regarder. Alors bon, je sais bien que l'ordinaire est beau, et qu'il n'est pas indispensable de montrer le beau pour le suggérer (c'est quand même plus dur en montrant directement du laid, non ?), mais bon, ce que je vois, moi, ce sont des couples père-fils assez moches, voire très moches, avec des corps pas possibles, rendus encore moins appétissants par le choix du noir et blanc, ou d'un léger sépia, qui donne aux peaux un aspect maladif assez réussi. Je vois toutes ces photos le matin en allant au cinéma, et franchement, ça ne m'exalte pas. Alors je sais que je suis un amateur trop fanatique de beauté, mais enfin, quand on se balade dans les Halles, on voit déjà pas mal de gens assez peu avenants, comme partout dans Paris, et je ne vois rien là de particulièrement jouissif.
J'ai vu hier le film de Claire Denis, "White material". Je ne suis pas certain d'avoir tout bien compris (je deviens de plus en plus con, ou c'est juste une impression ?), mais j'ai quand même bien aimé. Isabelle Huppert est assez formidable, Christophe Lambert plutôt transparent, à son habitude, et Nicolas Duvauchelle égal à lui-même. Le film n'est pas sans rappeler l'histoire de "Barrage contre le Pacifique". Il y a quelque chose de fantasmatique dans cette Afrique-là, difficile à placer sur le plan géographique et sur le plan chronologique : des rebelles d'une violence insupportable, des forces régulières sanguinaires, des enfants soldats dont on a l'impression qu'on leur rendrait service en les abattant comme des chiens enragés tant leur avenir paraît désespéré, et des colons qui ne sont pas vraiment des exploiteurs et qui ne comprennent rien à ce qui leur arrive, qui s'obstinent aveuglément…
Après ça, je me suis rendu au Salon du Livre, à la rencontre de tous mes lecteurs. Bon, apparemment, ils n'avaient pas bien noté la date. Sur le stand d'Orphie, il n'y a eu pratiquement personne, ce qui ne m'a guère surpris. Sur celui d'H&O, j'ai quand même signé plusieurs bouquins, notamment le tome 1 de Dolko. A part ça, le Salon du livre, ce n'est guère intéressant d'une manière générale, j'ai entendu dire qu'ils ont quelques problèmes, Hachette n'a pas exposé cette année, je crois donc qu'on m'y a vu pour la dernière fois. Vous ne m'y avez pas vu ? Eh ben fallait venir !
Ce matin, je me suis réveillé très tôt, assez glauque, comme le ciel, et un peu perturbé, comme l'heure d'été.
Classé sous Blog de Jean-Paul Tapie par Jean-Paul Tapie
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