March 26, 2010

Petit Papa Tapie…

Hier soir, j'ai dîné avec l'un des fidèles lecteurs de ce blog. C'est quelque chose que j'aime bien faire, apporter ainsi un peu de plaisir à des anonymes qui n'en espéraient pas tant. Pour moi qui n'ai pas eu d'enfants - Dieu ne l'a pas voulu, et apparemment la nature non plus, malgré d'incessants efforts - c'est un peu comme vivre Noël que de voir les grands yeux étonnés et les sourires ravis de ces inconnus faisant face à celui de l'existence duquel il leur arrivait parfois de douter. Bon, bien sûr, l'émotion rend souvent leur discoursi incohérent et leur pensée confuse, je tente de me mettre à leur niveau, de leur prouver que, non, ils ne rêvent pas, oui, c'est bien moi, leur bloggeur préféré, le père de Dolko, Amaury et autres héros inoubliables, mais j'avoue que la plupart du temps, j'échoue à les ranimer. Alors je fais contre mauvaise fortune bon coeur et je m'oblige à parler, à parler. Pour l'ermite taciturne que je suis, c'est un effort douloureux, presque pénible, mais que je n'hésite pas à faire. La situation d'auteur à succès et d'écrivain couronné par les muses ne peut pas avoir que des avantages, comme par exemple ces hordes de lecteurs aussi beaux que solidement bâtis et odieusement membrés qui vont se précipiter cet après-midi au Salon du livre pour, oh non pas me rencontrer, il ne faut pas rêver non plus, mais m'apercevoir, de loin, par dessus des rangées et des rangées d'admirateurs électrisés…

Bon sang, qu'est-ce que je ne donnerais pas pour que ces conneries soient la vérité ! En réalité, il va falloir faire face à des successions de crétins déboussolés qui vont hanter les allées, échanger avec eux des regards vides, presque gênés. Les auteurs en signature au Salon m'ont toujours fait penser à des chiens abandonnés à la SPA. Ils suivent des yeux d'éventuels maîtres qui passent, ils tentent de les apitoyer de leur regard mouillé de vieux clebs promis à l'équarisseur. Moi, chaque fois, j'ai envie de m'approcher, de leur toucher la truffe histoire de voir s'ils sont en bonne santé et de vérifier derrière leur oreille s'ils ont bien été tatoués. Histoire de ne pas me faire refiler un auteur mangé de puces ou porteur d'une maladie transmissible au lecteur.

Au lieu de cela, il va falloir veiller à ne pas passer devant la douzaine d'auteurs qui signent à longueur d'après-midi et qui, quand vous croisez par hasard leur regard, semblent vous dire : "Oh, vieux, si tu savais la chance que tu as de n'avoir personne devant ton stand ! Au moins tu ne t'ankyloses pas le poignet à signer ces douzaines d'exemplaires et à répondre à ces admirateurs éperdus d'amour…"

Hypocrites !

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Commentaires sur Petit Papa Tapie… »

March 28, 2010

sameplayer @ 1:40 am

Rhô, dis-donc c'est marrant, on aurait pu se croiser. Hier soir j'ai dîné avec un auteur réunionais, une véritable idole dans son pays m'a t'il dit. J'ai peut-être pas tout compris parceque le créole, des fois, c'est pas évident.

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