February 9, 2009
Que faire ?
Je me tourne vers vous pour connaître votre avis.
Voici les faits. J'ai rencontré Arlene, une Canadienne, au début des années 70 à Jérusalem. Elle était avec des amis, nous avons sympathisé et, malgré la distance, le lien ne s'est jamais rompu. Quand elle est venue passer sa lune de miel en Europe avec Mark, je l'ai accueillie chez moi. Quand elle a rompu avec Mark, je l'ai invitée à venir séjourner à Paris à sa guise. Nous nous entendions très bien. Elle avait une forme d'humour que j'adorais. Même si, par ailleurs, elle était envahissante. Pour elle, le dicton "Les amis de mes amis sont mes amis" était d'une troublante réalité. Elle s'est approprié mes amis, et surtout ce qu'ils avaient à lui offrir, notamment leur maison de campagne ou de vacances. Quand je l'ai emmenée chez Alix, dans le golfe du Morbihan, ça ne s'est pas bien passé. Alix m'a fait comprendre que si j'emmenais Arlene loin de chez elle, elle ne me ferait pas la gueule. Bon, je me suis dit qu'Alix avait ses têtes, ce qui est vrai, c'est même pour ça que je l'adore. Marie, elle, s'est toujours montrée gentille avec Arlene, même quand celle-ci s'est invité un peu rudement à son anniversaire, mais j'ai bien vu qu'elle n'en était pas dingue. Gilles et Valérie, Manu ont ensuite été les cibles de l'intérêt d'Arlene. Mais bon, elle a un côté très spontané, très ouvert, et puis elle est très généreuse, ce n'est pas une sangsue. Elle est juste un peu collante.
Quand je me suis installé à la Réunion, un jour, nous nous sommes fâchés. On s'était vus à Paris, elle avait squatté l'appartement d'un copain de Manu, je crois, et là, elle m'a accusé de m'être foutu de la gueule de ses gosses. Il faut dire que pour une pédopsychiatre (je crois que c'est ce qu'elle fait, en tout cas ce n'est pas très loin de ça), ses trois gosses sont aussi lourds qu'un acte d'accusation : l'aînée était boulimique (adorable, mais obèse), la cadette était punk et s'efforçait de devenir lesbienne, le benjamin était en stand by (il est peut-être devenu serial killer ou prostitué… là, je deviens méchant!). Bref, Arlene m'a reproché mes moqueries (c'était peut-être vrai, je ne le nie pas) et nous avons fini par nous brouiller. Quand j'en ai parlé autour de moi, tout le monde m'a dit que c'était finalement une bonne chose. Même Marie. Même Manu.
Depuis deux ou trois ans, régulièrement, une ou deux fois par an, je reçois un mail d'Arlene par l'intermédiaire de Facebook. J'en ai encore reçu un ce matin. J'y retrouve le ton de nos conversations d'antan, toujours un peu moqueur, un peu acide, un peu vache, mais c'est un humour que j'aime bien. Alors je ne sais pas quoi faire. Répondre favorablement ? Je pense que l'amitié, c'est comme les nouilles, ce n'est pas très bon réchauffé. De toute façon, on vit à des milliers de kilomètres l'un de l'autre, alors se voir est pratiquement hors de question. Pardonner pour la forme ? Ce n'est pas trop mon genre, je suis amer, aigre, vindicatif, rancunier. Que faire ?
Je ne sais pas si ces deux garçons se sont fâchés un jour, mais là, apparemment, ils sont en train de se réconcilier !
Classé sous Blog de Jean-Paul Tapie par Jean-Paul Tapie

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