April 10, 2009
Qui a sauvé Marcel Dassault ?
Un autre Marcel : Marcel Paul, dirigeant du PCF interné dans le même camp que Dassault. Bien sûr, l'un a sauvé l'autre parce que, plus qu'un patron, c'était un ingénieur visionnaire dont l'industrie aéronautique française aurait bien besoin après la guerre, mais ausi parce que Dassault, avant la guerre, s'était montré un patron humain et honnête (dans la mesure, bien sûr, où un grand patron pouvait l'être à cette époque).
Les Marcel Dassault d'aujourd'hui ne pourraient pas compter, dans des circonstances analogues, sur un tel soutien. J'entends souvent parler des barons de la finance, des capitaines d'industrie, des aventuriers du monde des affaires. Aussi suis-je toujours sidéré, quand je vois enfin leur gueule à la télé, par leur aspect de Monsieur Tout-le-monde. Prenez Cirelli, le numéro 2 de GDF, qui a vu son salaire passer en un an de 400.000 à 1,2 million d'euros : on dirait un comédien de troisième ordre qui joue un notaire dans une pièce de boulevard et qui n'a que trois répliques à jouer au dernier acte. Presque un mec ordinaire. Mais qui empoche 100.000 euros par mois. Franchement, on a du mal à croire que ces mecs ont réussi par leur seul mérite; ils ont tous des tronches d'héritiers, de mecs qui se trouvent là par la grâce de la naissance; Serge Dassault et Arnaud Lagardère ont davantage des physiques d'aventuriers qu'eux. Cela n'en finit pas de me troubler. Ils n'ont vraiment pas la gueule de l'emploi. Leur seul point commun à tous ne se voit pas, mais se constate : un profond, intense et définitif mépris de tout ce qui n'est pas eux, un mépris qui va souvent jusqu'à la connerie, ce qui les perd tôt ou tard.
Qu'ils commettent quelques irrégularités, qu'on les arrête et qu'on les laisse mariner en taule quatre ou cinq jours, et vous verrez, ils l'auront, là, la gueule de l'emploi. C'est l'apanage de la prison : elle vous compose un masque de coupable en un rien de temps. A côté des prévenus, même les avocats ont l'air innocent, c'est dire.
Ah, les avocats… Il faudra que j'en dise un mot un de ces jours…
Note sur le mec d'aujourd'hui : les plus fidèles parmi vous l'ont déjà vu à deux ou trois reprises; je sais, je n'y peux rien, mais j'adore ce garçon; pas franchement beau, mais très masculin, et puis, quel corps, mes amis, quel corps !
Classé sous Blog de Jean-Paul Tapie par Jean-Paul Tapie
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