January 13, 2010

Raymonde, passe-moi la caméra !

ticklebear-queer-mooseJe regarde en boucle les images d'Haïti et je me demande ce qui, en elles, provoque en moi (et donc en nous car, ne vous le cachez pas, je suis votre portrait craché) une jubilation aussi subtile. La première couche en moi se lamente : oh, les pauvres gens ! oh, quelle île maudite ! oh, quelle terrible fatalité ! Franchement, en couche 1, je ne le cède en rien à Michel Drücker. C'est en couche 2 que ça commence à se gâter un peu. Je me dis : c'est bien joli, ces nouvelles technologies, ces téléphones portables qui font caméra, et tout ça, mais ce n'est pas très net, ni très stable, l'image bouge tout le temps. Déjà, lors du tsunami, j'avais suggéré que l'on distribue dans le tiers-monde, là où les catastrophes naturelles se produisent en général, des caméscopes reliés à un satellite afin d'avoir des images claires et parlantes le plus vite possible. On ne m'a pas écouté, résultat : on doit se contenter encore une fois de quelques images volées au hasard qui repassent en boucle. Enfin merde, ce n'est quand même pas le premier tremblement de terre… Faudrait voir à devenir un peu pro. Bon, je sais qu'avant, il fallait attendre une, voire deux semaines que Paris Match nous rapporte les photos, mais bon, on est au 21ème siècle, les mecs… Je ne veux pas être pessimiste, mais imaginez que, ce week end, il y ait un tsunami ou un cyclone quelque part. Eh bien on va se retrouver avec une accumulation de photos et on ne saura pas lesquelles regarder. Non, l'idéal, ça reste quand même quand la catastrophe se produit sur un lieu de vacances. Ah, le tsunami de 2006 en Thaïlande… A part un ouragan aux Baléares ou un tremblement de terre à Mykonos, on ne fera jamais mieux, faut pas rêver.

Maintenant, un mot de Dieu. Ou il n'existe pas, et alors il n'y a rien à lui reprocher, ou alors il existe, et là je dis : petit joueur ! Parce que s'attaquer à des pays déjà fortement endommagés comme Haïti, c'est facile. Il suffit de souffler dessus pour que tout s'effondre. Je trouve que ça aurait un peu plus de gueule de s'en prendre à un endroit où c'est mieux construit : la Californie, le Japon, l'Europe. En plus, c'est bourré de camescopes, ces endroits-là. Là, je dirais, MONSIEUR  Dieu. Bon, je ne dis pas, il y a quelque chose d'assez jouissif à voir souffrir des gens qui sont déjà profondément dans la merde, mais justement, ils ont trop l'habitude, dès le lendemain, ils recommencent déjà à rigoler. Alors qu'une bonne cata chez les riches, genre un tsunami à Deauville, ça, ce serait du très grand spectacle. Les riches, ça sait pas souffrir, tout de suite, ça parle d'avocats, de procès, de responsables politiques… C'est très original comme approche !

Parce que bon, 20 centimètres de neige sur les planches, il n'y a pas de quoi sortir le caméscope !


Classé sous Blog de Jean-Paul Tapie par

Lien permanent Commenter

Laisser un commentaire