April 19, 2010

Samson et Delilah

23283870J'ai vu hier soir un film australien assez étrange, "Samson et Delilah". Il met en scène un couple de jeunes aborigènes vivant dans le trou du cul du monde, quelques maisons de part et d'autre d'un bout de piste en terre, sous les eucalyptus. On savait déjà que les aborigènes figuraient parmi les peuples les plus laids de la terre (ouh, ce n'est pas très politiquement correct, ça, JP…), à présent je sais qu'ils sniffent de l'essence le matin au réveil au lieu d'un café Carte Noire, qu'ils passent la journée à jouer une musique de merde, qu'ils se tapent dessus à la moindre occasion et qu'ils se font entuber par le seul Blanc du lieu.

Là-dessus, nos jeunes héros (ou plutôt : nos jeunes personnages) se cassent et atterrissent - après avoir volé une voiture, forcément - dans une ville au milieu du bush australien. Là, c'est un choc : un supermarché, des feux rouges, des routes bitumées, des Blancs partout. Et la situation se complique. Il y a peu de malheurs auxquels échappent ces deux (déjà) malheureux. C'en devient drôle, même : c'est la première fois que j'éclate de rire en voyant une fille se faire renverser par une voiture ! Bon, je crois que c'était nerveux. Et puis après ça s'arrange, juste à la fin. Ou alors, ça arrête d'empirer. Bref, finalement, les deux protagonistes (elle en rééducation, lui en réhab) se trouvent une cabane au trou du cul du trou du cul du monde et vivent heureux, loin de ce monde blanc cruel et sans pitié.

Je mangerais bien un bout de chocolat, moi…

J'imagine que ce genre de film fait un tabac dans les festivals, d'ailleurs il a raflé plein de prix lors des César australiens. Et aussi à Cannes, et aussi ici à la Réunion. Rien d'étonnant. Récompenser un tel film relève de la rédemption du grand méchant Blanc. Le pardon est à ce Prix. Et pourtant, malgré mon cynisme agacé, je dois bien admettre qu'il y a une atmosphère étrange et fascinante dans ce film, dans son silence attentif, dans ses images saturées de soleil, dans ses contrastes. Ce qui m'énerve, car j'aurais bien aimé pouvoir ricaner connement  jusqu'au bout. Mais je me rends compte que, malgré moi, j'ai été sensible à cette histoire, et ce n'est pas fait pour me rendre ma sérénité habituelle. Pour un peu, j'aurais presque l'impression de m'être fait avoir.

Merde à la fin !

PS : Oui, de tels mecs existent : la preuve !


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Commentaires sur Samson et Delilah »

April 20, 2010

Fred @ 2:27 am

Le modèle d'aujourd'hui a-t-il un nom ou n'est-il que l'anonyme 23283870 forever? Pourriez-vous m'indiquer son nom, Jean-Paul?
Merci!
Fred

bernard @ 1:44 pm

Je suis allé à la piscine d'Argenteuil, samedi dernier pas un seul mec comme ceux de tes photos. Pas de chocolat pour le gouter.Ou rencontrer de telles créatures?

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