March 22, 2010

Sarko l'antidépresseur

mail-2Je n'ose pas trop y croire, je ne voudrais pas me bercer d'illusions, mais je commence à me demander si Sarko n'est pas en train de se planter. Non seulement comme président de la République, mais surtout comme personnage. Il est clair, pour moi, que Sarko s'est toujours considéré comme un personnage de roman. Sans doute à cause de son physique désavantagé, il aime à se projeter sur un écran où il se comporte comme un héros de cinéma : il casse la gueule à tout le monde, relève tous les défis, séduit toutes les femmes, domine tous les mecs… Bon, déjà, se faire plaquer par sa légitime alors qu'il vient de conquérir la magistrature suprême, ça fait tache. C'est quand même plutôt le genre d'honneur qui séduit intimement une femme… Oh oui, toi, mon grand loup, vas-y, appuie sur le bouton, fais-moi sauter le monde… Là, Cécilia avait fait sa part du contrat (je reste avec toi jusqu'à six mois après l'élection et ensuite je me casse, pauvre con…) et elle s'est barrée… Pareil avec ses réformes. Le genre "la France, c'est comme une meuf, ça se prend à la hussarde !" n'a pas l'air de marcher des masses. En grande partie, je pense, parce que de plus en plus de gens comprennent qu'il est surtout dans le discours, un peu comme lorsqu'il défie des mecs costauds de venir le lui dire en face. On sent qu'il serait moins déterminé sans ses gardes du corps autour de lui… Mais bon, moi, depuis deux ans, j'attends avec inquiétude le moment où tout ça va commencer à marcher : les réformes vont payer, la situation va s'améliorer, les gens vont lentement changer d'avis, il va remonter dans les sondages, l'étranger nous l'enviera. Et j'avoue que ça m'emmerderait, parce que les personnages du genre Sarko, je ne peux pas les saquer. Essentiellement parce que je suis un tout petit bonhomme, médiocre et mesquin, raté et aigri, d'accord. J'ai toujours eu horreur, depuis l'adolescence, des mecs qui veulent bousculer tout le monde. Je le supporte quand les mecs sont beaux et forts, parce que pour moi ces mecs-là ont tous les droits. Mais quand le mec est petit et contrefait, ça me hérisse. J'ai toujours eu horreur, adolescent, de ces mecs forts en gueule et sûrs d'eux qui, en dépit d'un physique navrant, parvenaient à se taper des meufs way out of their league. Au moins, chez les gays, la situation est plus juste : les beaux avec les beaux, les beaux avec les riches, les beaux avec les célèbres… Le reste avec le reste.
Alors voir notre président se débattre dans le marigot de ses espérances, dans le cloaque de ses ambitions n'est pas pour me démonter le moral. Je frémis, je frétille, je palpite. Je me dis : mais si, JP, tu vas voir, il va se planter pour de bon ! Dans deux ans, il se présente, et vlan, il s'étale ! Franchement, ce genre de plan me donne envie de vivre. Si je m'écoutais, je cesserais un instant de penser au suicide !
Sarko est là, la dépression s'en va !

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