March 1, 2009
Slumdog Millionnaire
J'ai fini par me résoudre à aller voir le film en version française, de peur qu'il ne soit plus à l'affiche quand j'irai à Paris. Bon, je ne sais pas ce que j'ai perdu. Comme c'était dimanche après-midi et qu'il faisait un temps moyen, il y avait pas mal de monde et, pour une fois, même en m'asseyant assez à l'avant, j'avais du monde autour et devant moi. Sur le coup, je n'ai pas trop réagi, puis je me suis souvenu que c'était ce que les Américains appellent un "feel good movie", donc le genre lacrymal. Or moi, j'adore pleurer au cinéma. Bon, évidemment, dans une salle, je me retiens, alors que chez moi, je laisse aller. Comme tous les gens profondément égoïstes, j'ai la larme facile. D'autant plus facile que je me sens moins concerné. Il m'arrive d'avoir la larme à l'oeil juste en regardant un jeu télévisé, c'est vous dire. Cela ne me gêne pas trop quand je suis chez moi, donc, mais en public, c'est une autre affaire. On est des mecs, merde, pas des gonzesses ! Qui plus est, un vieux mec, censé avoir le coeur dur comme la paume d'un bûcheron. Alors, pour éviter de me couvrir de ridicule, j'ai regardé toute la fin du film en me faisant des réflexions cyniques, genre "Quand il va s'apercevoir qu'elle est un peu abimée, sa gonzesse, il va la laisser tomber, avec tout son fric, il peut prétendre à une meuf en bon état !" Je ne sais pas si c'est ça, mais ça a marché. J'ai refoulé mes larmes. J'ai pu remonter l'allée centrale la tête haute, au lieu de faire semblant de fouiller dans mon sac de plage pour dissimuler mon vieux visage baigné de larmes. D'un autre côté, j'ai eu un peu l'impression de m'être fait doubler, de ne pas en avoir eu totalement pour mon argent. J'aurais bien aimé pouvoir pleurer, parce que, je ne sais pas pourquoi, je trouve que l'acteur qui joue le héros à l'âge presque adulte a une tête assez émouvante. Heureusement, quand même - merci le réalisateur ! - il y a cette scène à la fin, cette parodie de film Bollywood qui arrache un sourire et sèche une larme incongrue.
Bon, enfin bref, allez voir ce film, c'est un vrai moment de plaisir. Et puis, quand on est français, la question à 20 millions de roupies est d'une facilité élémentaire. C'est bien, ce genre de film : on sent bon et on a l'impression de pas être aussi con qu'on le croyait !
En illustration aujourd'hui, deux très beaux troncs.
Classé sous Blog de Jean-Paul Tapie par Jean-Paul Tapie

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