May 17, 2008
Suis-je un pédophile ?

Suite à un message récent intitulé "Il venait d'avoir 14 ans…", un lecteur, qui a le sens de la nuance et la tolérance chevillée au corps, m'écrit que c'est une honte d'écrire que Billy Elliott est bandant (il veut dire, l'acteur qui joue Billy Elliott), que oui, je suis un pédophile et que je devrais aller me faire soigner.
Les vitupérations judéo-chrétiennes à relents vichystes ne m'intéressent guère, mais ce lecteur soulève cependant une question que je me suis posée. Je me la suis posée, mais pas longtemps. Je sais bien que je ne suis pas pédophile : un pédophile aime l'enfant dans l'enfant, moi, j'apprécie l'homme dans l'adolescent. Je n'y peux rien si, à 14 ans, certains garçons sont déjà virils alors que la plupart ne sont encore que des ados. Parce que ces exceptions ont 14 ans, devrais-je faire semblant de ne pas les voir, de ne pas les trouver troublants ? Non. Ce que je dois faire, parce que la loi m'y contraint, et aussi ma morale personnelle, c'est détourner le regard et refuser de les considérer comme des objets de désir. Je le fais d'autant plus facilement que mon goût me porte vers des hommes déjà faits. Je pense que mes romans plaident pour moi, ainsi que les photos qui accompagnent mes messages.
En fait, ce n'est pas la condamnation de ce lecteur qui m'embarrasse, c'est sa réaction personnelle, qui me paraît assez révélatrice de la mentalité de certains gays. Il me semble, moi, que le fait d'être homo nous oblige à réfléchir un peu plus profondément que l'hétéro moyen. Au lieu de jeter l'opprobre sur certains comportements troublants, à la limite de l'illicite (la pédophilie en est un, comme l'inceste, la zoophilie, la coprophagie, etc.), il convient d'y réfléchir cinq minutes de plus.
Quand j'avais 7 ou 8 ans, j'allais parfois chercher ma grand-mère à son travail. Son patron était un vieil homme gros et laid qui m'adorait. Il me prenait volontiers sur ses genoux, puis il m'emmenait chez Verdeun, le grand magasin de jouets bordelais, pour m'offrir des petits soldats ou autre chose. Je ne me souviens pas qu'il ait cherché à glisser sa grosse patte dans mes culottes courtes. Mais plusieurs fois, ces dernières années, à force d'entendre parler de pédophilie (comme l'inceste, c'est devenu un sujet à la mode et chacun y va de son témoignage), j'ai fait des efforts insensés de mémoire pour tenter de débusquer le moindre souvenir à relent pédophile. Je n'en ai trouvé aucun - et pourtant, tout le monde vous le dira, j'ai une sacrée mémoire ! Puis j'ai cessé, en me disant que cet homme avait peut-être des raisons personnelles d'aimer les enfant, et que cela n'avait rien à voir avec une pulsion sexuelle. C'était juste une pulsion affective. Aujourd'hui, avec cette suspicion généralisée de pédophilie, on empêche des adultes irréprochables de se montrer affectueux avec des gosses. Bientôt, nous ferons comme les patrons américains avec leur secrétaire : nous n'oserons plus nous enfermer dans une pièce avec un enfant, nous laisserons la porte ouverte pour prouver notre innocence!
C'est mon lecteur qui sera content !
Classé sous Blog de Jean-Paul Tapie par Jean-Paul Tapie
Commentaires sur Suis-je un pédophile ? »
ne t'inquiètes pas .
moi aussi je suis pédophile, homo, incest.
ben oui11
ha1ha1