June 26, 2008

Tête à claques !

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    Un prof gifle un élève. Bon, on dit que le prof est un peu rude, on murmure même qu'il boit. On prétend que l'élève n'est pas un mauvais élément. D'accord, mais l'élève de onze ans traite le prof qui l'admoneste de connard. Donc le prof le gifle. Le père du gosse, qui est gendarme - on connaît la haine de la violence de ces gens-là et leur dégoût de toute maltraitance envers les jeunes délinquants - porte plainte. Le procureur réclame 800 euros d'amende. Et une peine de prison avec sursis, je crois.

    Non mais, on va où, là ? 800 euros d'amende parce qu'un prof gifle un élève ? Mais si la sentence est confirmée et si on la considère comme rétroactive, je vais devenir riche, moi ! Parce que des baffes, je peux vous dire que j'en ai reçues, moi, au lycée ! Et pourtant, j'étais pas turbulent ou chahuteur. J'étais même plutôt un peu lèche-cul et fayot. Il faut dire que, ayant deviné que j'étais un vilain petit canard, je la ramenais pas trop en cours ou dans les couloirs. Quand le prof me mettait à la porte du cours et que le censeur venait à passer dans le couloir, en guise de bonjour il me filait une beigne. Il me convoquait dans son bureau après le cours et en guise de préambule il m'en filait une autre. Pourtant, parfois, j'avais l'impression qu'il ne se souvenait pas de ce que je faisais là. Mais bon, on allait pas courir au tribunal pour une gifle.

    Le gosse a même pas eu droit à un arrêt maladie. Preuve que le prof n'a pas frappé bien fort. C'est une vraie lopette, ce môme ! Je suis sûr que d'autres mecs qui ont eu à faire au père gendarme s'en sont sortis plus douloureusement. Dans cette histoire, je ne sais pas ce qui me fout le plus en colère : le gendarme ou le procureur. Moi, je serai le juge, je dirai au père : Dégage, connard ! Et je verrai bien s'il vient m'en mettre une.

    Le seul à en tirer un bénéfice, au fond, ce sera peut-être le gosse. Il aura peut-être profité de l'événement pour apprécier ce qu'une baffe bien appliquée peut avoir de sensuellement agréable. Je me souviens, la première fois qu'un mec m'en a mise une en baisant, je lui en ai retourné une autre. Puis j'y ai repensé, et je me suis dit que ce n'était pas désagréable, au fond. Alors j'ai recommencé : à en donner et à en recevoir. Sans jamais porter plainte. Et qui sait ? Parmi les mecs qui m'en ont mis quelques-unes, il y avait peut-être des profs, des procureurs et des gendarmes…

    En tout cas, le mec de Colt Studios, là, j'aimerais bien qu'on s'en donne quelques paires de claques, lui et moi ! Car c'est en apprenant à les recevoir qu'on apprend à les donner. Malheureusement, aujourd'hui, faut plus compter sur les profs pour vous apprendre ça !

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