January 17, 2009
Un héros de paradis !
Un correspondant inconnu m'écrit pour me demander des contacts dans le milieu éditorial gay. Il tombe mal, j'ai reçu hier mes relevés de vente pour 2008, et s'ils sont (très légèrement) encourageants sur le plan financier (pour la première fois de ma vie d'auteur, pratiquement, je gagne un peu d'argent avec mes écrits), je remarque que ce sont mes écrits les moins littéraires qui m'assurent quelques revenus. Du coup, le ton de ma réponse à l'ambitieux jeune homme s'en ressent. J'ai beau me répéter régulièrement cette phrase de Guillaume Dustan : "Je suis un best-seller gay et je tire à 4000 exemplaires", quelque chose ne passe pas. De tels chiffres ne découragent pas seulement l'auteur, mais aussi le gay. Les gays s'intéressent-ils au fait d'être gay ? Je crois que non. Et quand je regarde autour de moi, je confirme. Combien de garçons de ma connaissance s'interrogent-ils régulièrement sur ce que signifie être gay ? Très peu. Ils se contentent de l'être, ce qui est peut-être suffisant, je ne sais pas.
En tout cas, ce matin, voulant me remettre à "Amaury" que j'ai abandonné un instant pour cause de correction de Dolko 4, je m'aperçois que j'ai la plume sèche (métaphore). Je n'en suis pas étonné. Ecrire des livres comme Dolko ou Amaury est un délassement bienvenu, voire même une distraction jubilatoire, mais quand on constate que c'est le seul genre de littérature qui autorise un brin d'avenir, ça devient tout de suite moins excitant. Bon, ça ira sans doute mieux demain…
La photo ci dessus provient du site malevintagephysique, ou quelque chose comme ça. Le garçon sur la photo doit être plus âgé que moi aujourd'hui, c'est dire. A l'époque, il passait sûrement pour très musclé. C'était un culturiste (j'adore ce mot, qui fait penser à la Grèce, tellement plus esthétique et prometteur que bodybuilder, qui fait songer au BTP). Aujourd'hui, il passerait pour juste musclé. En fait, il est musclé juste. Un homme, un vrai, ne devrait pas être plus musclé que cela. J'aime aussi beaucoup le naturel irréfléchi avec lequel ce garçon se montre nu : un mec, aujourd'hui, ferait faire un peu de muscu à sa bite avant de nous la montrer, histoire de nous faire croire qu'il est surdéveloppé de partout. Les hommes de cette époque n'avaient pas ce genre de préoccupation. Ah, s'ils avaient été un peu plus homos, ces hommes-là eussent été des héros de paradis !
Classé sous Blog de Jean-Paul Tapie par Jean-Paul Tapie

Laisser un commentaire